Manitou s’arme pour rebondir fortement et... proprement.

Réorganisé et redimensionné au lendemain de la crise sanitaire qui lui a fait perdre 500 millions d’euros de chiffre d’affaires, le groupe Manitou, spécialiste de la manutention, de l’élévation de personnes et du terrassement projette d’investir 460 millions d’ici à 2025. 80 millions sont alloués au réaménagement et à l’extension des sites de production situés à Ancenis (Loire-Atlantique), Candé (Maine-et-Loire) et Laillé (Ille-et-Vilaine) pour optimiser et accroitre ses capacités de fabrication.

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L’embellie de fin d’année s’est confirmée au premier trimestre 2021. L’ensemble des marchés et des secteurs d’activité sont repartis à la hausse de façon extrêmement soutenue. Le groupe Manitou a réalisé un record historique avec 815 M€ de prises de commandes sur le premier trimestre 2021 et un carnet de commandes qui atteint 1 344 millions d’euros. La question est maintenant de les honorer dans les délais…
L’embellie de fin d’année s’est confirmée au premier trimestre 2021. L’ensemble des marchés et des secteurs d’activité sont repartis à la hausse de façon extrêmement soutenue. Le groupe Manitou a réalisé un record historique avec 815 M€ de prises de commandes sur le premier trimestre 2021 et un carnet de commandes qui atteint 1 344 millions d’euros. La question est maintenant de les honorer dans les délais… (Crédits : Manitou)

« La difficulté va être faire cohabiter les travaux, la production et la sécurité des hommes », reconnaît Franck Rocher, directeur de la performance industrielle du groupe Manitou qui s'apprête à lancer l'agrandissement, le réaménagement et la modernisation de trois de ses sites de productions, Ancenis (Loire-Atlantique), Candé (Maine-et-Loire) et Laillé (Ille-et-Vilaine). Un chantier d'optimisation de 80 millions d'euros élaboré au cours de la crise sanitaire dont les conséquences ont montré la nécessité d'accélérer. Pour deux raisons : présent dans 140 pays avec un réseau d'un millier de concessionnaires, trente sociétés et neuf sites de production, le fabricant d'engins de manutention, de lavage et de terrassement pour les secteurs de la construction, de l'agriculture et de l'industrie, a vu fondre son chiffre d'affaires de 500 millions d'euros en moins d'un an, à 1,58 milliard d'euros. Et, depuis la fin de l'année 2020, les prises de commandes se sont accélérées pour atteindre 815 millions d'euros au cours du premier trimestre 2021 (400 millions d'euros en 2020). Le carnet de commandes affichant un record de 1.344 milliard d'euros.

Un grand écart..., qui pose la question de l'absorption les délais de livraison à rallonge. Si l'on peut y voir une fidélité de la clientèle, les signes d'une reprise économique et un rattrapage du temps perdu, le rebond prendra du temps. Passé de 2,1 milliards en 2019 à 1,58 milliard d'euros en 2020 (-24%), le chiffre d'affaires devrait progresser de 10% à 15% cette année et retrouver le niveau de 2017.

 « On ne peut pas effacer une telle crise en six ou huit mois. Comme dans toute l'industrie mondiale, tous les marchés ont été arrêtés en France, en Italie, en Inde...  », admet Franck Rocher.

Rationaliser l'outil de production

Décidé à rebondir, le groupe annonçait début janvier une nouvelle feuille de route « New Horizons 2025 » avec l'ambition d'atteindre un chiffre d'affaires 2,5 milliards d'euros en 2025, un résultat opérationnel courant et un Ebitda (bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement), représentant respectivement plus de 8% et plus de 10% du chiffre d'affaires. Cet objectif s'est accompagné d'un redimensionnement et d'une réorganisation du groupe (4.400 personnes) en deux divisions (contre trois précédemment), baptisées « Produits » et « Services et Solutions » pour la seconde. Il s'est accompagné également d'une reconfiguration quasi générale en Europe et en Inde. Aux Etats-Unis, le groupe Manitou a décidé de fermer son unité de production de Waco au Texas (148 personnes) et de transférer la production des chargeuses articulées vers ses usines de Yankton, dans le Dakota du Sud, et celle des chariots élévateurs à  Beaupréau (49), en France.

Globalement, ce plan doit s'accompagner de 460 millions d'investissements sur cinq ans dont le détail n'est pas précisé. Mais l'objectif est bien de rationaliser l'outil de production et réduire les coûts de fabrication (assemblage, soudure, peinture...). A commencer par les trois unités d'Ancenis (1.000 collaborateurs), Laillé (140) , Candé (190), où un deuxième site dédié à la construction de nacelles tout terrain va être construit. A partir de 2022, de nouveaux moyens industriels seront ainsi déployés pour accroître les capacités, fluidifier les flux, accélérer les cadences et accompagner la transition des gammes vers l'hybride et l'électrique, alternative embryonnaire qui commence à enrichir le catalogue.

Allier l'usine du futur et le développement durable

C'est là une autre des ambitions affichées par le plan New Horizons 2025 qui veut « piloter la transition écologique vers un modèle économique durable ».

 « Les technologies nous permettent maintenant d'avoir un pilotage de sites très optimisé et de construire des bâtiments moins énergivores. Des ateliers de montage seront, par exemple, équipés de visseuses connectées pour récupérer de l'information de traçabilité. Nos nouvelles installations seront lumineuses et digitalisées pour simuler des flux et des processCes nouveaux modes opératoires nous permettront d'être plus agile et plus efficient » explique Franck Rocher, qui compte aussi favoriser les relations inter-sites pour répondre aux perspectives de volumes et de diversification à atteindre.

« Cette réorganisation vise aussi à optimiser les flux de transport pour limiter le nombre de camions sur les routes », souligne le directeur de la performance industrielle du groupe, adhérent au Pacte mondial de l'ONU depuis 2015, et signataire du manifeste Écoresponsable lancé il y a deux ans par le pôle de compétitivité EMC2.

En plus de motorisations moins gourmandes en énergie, plus propres et des efforts de R&D menés sur l'hydrogène en attente de viabilité du marché, il entend aujourd'hui s'engager sur une trajectoire bas carbone à travers son projet interne Clim'Act. « Nous avions jusqu'ici mené plusieurs audits relatifs à notre impact environnemental dans le cadre de notre feuille de route RSE mais nous allons procéder à un audit exhaustif de l'empreinte carbone généré par le groupe sur l'ensemble de nos sites, afin de définir les objectifs liés à notre trajectoire bas carbone», indique le responsable de relations presse Franck Lethorey. Un moyen de savoir précisément d'où il part et où il va.  En octobre dernier, déjà, le groupe a formalisé un accord de partenariat avec l'armateur du futur cargo à voiles Néoline pour acheminer des nacelles élévatrices et des chariots télescopiques vers la côte Est des États-Unis via le port de Baltimore (Maryland), plateforme d'importation du groupe vers l'Amérique du Nord.

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Commentaires 2
à écrit le 11/05/2021 à 15:05
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C'est une boîte sérieuse faisant faisant d'excellents produits principalement Bretons, ce qui est normal, le produit s'est même "mobylettifié" au point de dire : va me chercher la manitou même si c'est une autre marque, étonnant de ne pas être kidna...

à écrit le 11/05/2021 à 10:28
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"Par le grand Manitou, y a des indiens partout". Les grands chefs veulent rebondir fortement et proprement. La danse du scalp ou de la pluie ne sera pas suffisante. Pour le propre il faudra attendre qu'il n'y ait plus une goutte de pétrole sur Terre...

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