Manitou lance sa première usine en Amérique latine

Frédéric Thual

Frédéric Thual
Le groupe vient de finaliser la construction d'une unité de production chariots élévateurs de 7.000 m², à Vinhedo, dans l'Etat de São Paolo. La première en Amérique du Sud. Voulue pour être la tête de pont sur l'Uruguay, le Paraguay, le Chili, le Mexique, l'Argentine, le Venezuela et le Brésil où le groupe français réalise un chiffre d'affaires de 25 millions d'euros.
Une misère au regard des 299 millions d'euros affichés pour l'ensemble des Amériques (Nord et centrale), troisième des quatre piliers du leader mondial des chariots de manutention tout-terrain. Pour mémoire, les trois autres piliers sont l'Europe du Nord avec 489 millions d'euros de chiffre d'affaires, l'Europe du Sud avec 370 millions d'euros, et l'Asie Pacifique Afrique Moyen-Orient (APAM), avec 130 millions d'euros (voir chiffres d'affaires 2015). En 2015, son chiffre d'affaires global s'établissait à 1,287 milliards d'euros, contre 1,246 milliards en 2014.
« L'Amérique du Sud était jusqu'à présent un marché assez limité », reconnaît Michel Denis, qui met en avant deux raisons principales.
Le côté positif, c'est que la mécanisation ne peut que croître dans les années à venir.
Photo: Au premier semestre 2016, le chiffre d'affaires du groupe atteignait 689 millions d'euros (+1%). Le résultat opérationnel s'établissait à 39 millions d'euros (5,6% des ventes) contre 31 millions d'euros) (4,5% des ventes) en 2015. Les perspectives de croissance du chiffre d'affaires sont estimées à +2%.
Sur ce marché estimé à très fort potentiel, la création de la filiale Amérique du Sud, lancée il y a quatre à cinq ans, s'est accélérée il y a un an et demi avec l'acheminement de pièces détachées pour constituer un stock, la création d'un centre de formation et de services, le recrutement et la formation des équipes (30 personnes), la recherche de partenaires et de sous-traitants, jusqu'à la création de l'usine de Vinhedo dimensionnée pour produire deux modèles de chariots télescopiques (soit 200 à 300 unités par an) dotés de flèche de 14 ou 18 mètres. La direction générale de la filiale Amérique du Sud a été confiée l'an dernier au Brésilien Marcelo Bracco, fin connaisseur des marchés agricoles et de la construction.
Cette dynamique aurait permis de générer 300 emplois directs et indirects. Surtout, en sourçant l'ensemble de ses composants au Brésil et en sélectionnant une quarantaine de partenaires locaux, Manitou Group a décroché une labellisation brésilienne lui donnant accès au programme de financement Finame. Celui-ci permet aux utilisateurs de bénéficier de crédits à taux bonifiés octroyés par la Banque centrale.
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D'autant que l'obtention de ce label, valable pour l'ensemble des pays du Mercosur, ramène les taxes d'importations à zéro pour les Pays d'Amérique du Sud pour les machines produites sur place.
L'idée du rachat d'une entreprise locale a, elle aussi, été abandonnée.
Photo: Les modèles avec fourche sont fabriqués au Brésil.
Outre des gains financiers pour le groupe et les utilisateurs, cette tête de pont sur l'Amérique du Sud va permettre de raccourcir les délais pour l'Argentine, le Chili, le Paraguay...
La base de services va aussi améliorer les délais d'assistance, la formation des équipes techniques et commerciales, renforcer la relation avec les 80 concessionnaires déployés sur la zone. Manitou Group, qui commercialise l'ensemble de sa gamme et de ses marques (Gehl, Mustang...) à destination de tous les secteurs (agriculture, manutention et levage, travaux publics et BTP...) espère ainsi multiplier par deux son chiffre d'affaires pour atteindre rapidement les 50 millions d'euros.
Si l'impact de la création de la branche Amérique du Sud n'est pas flagrant sur le cours de Bourse, le CEO de Manitou Group estime que la construction de cette usine et de cette filiale participe de la quête de performance lancée par la feuille de route 2014-2016.
Frédéric Thual
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