Mediator : la justice ouvre une enquête

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Acculé par le scandale, le laboratoire Servier a été contraint de reconnaître pour la première fois samedi que " le Mediator ", ce médicament destiné aux diabétiques en surpoids, a pu présenter un " vrai risque pour certains patients ".

La justice a ouvert une enquête sur l'affaire du Mediator du laboratoire Servier, un médicament accusé d'avoir entraîné la mort de plusieurs centaines de patients, une avancée saluée par leurs défenseurs comme " une première victoire pour les victimes ". L'enquête a été ouverte en décembre " avant les premières plaintes " à Paris par le parquet de Paris, " à la suite des révélations parues dans la presse " à propos du Mediator, selon une source judiciaire. Elle a été confiée aux gendarmes de l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (Oclaesp).
De son côté, acculé par le scandale, le laboratoire Servier a été contraint de reconnaître pour la première fois samedi que " le Mediator a pu présenter un vrai risque pour certains patients ", affirmant que " la mort de trois personnes, c'est déjà trop ", un " tournant " dans son attitude, salué par l'avocat de victimes. Ce alors que selon Libération, le fondateur du laboratoire Jacques Servier, encore PDG du groupe à 88 ans, aurait déclaré lors des voeux au personnel que " le Mediator , ce n'est que trois morts ".
" Je veux être très claire: nous ne nions pas que le Mediator ait pu présenter un vrai risque pour certains patients ", a déclaré Mme Lucy Vincent, chargée des relations extérieures de Servier, dans un entretien au Journal du dimanche. Lucy Vincent a cependant repris l'argumentation du groupe pour se défendre, en faisant valoir que les calculs du nombre de victimes " ont été réalisés à partir d'une population qui avait pris du Mediator, sans tenir compte apparemment des autres pathologies dont pouvaient souffrir ces patients ".
 " La simple constatation d'une valvulopathie ne permet pas de l'imputer systématiquement à un traitement médicamenteux. D'autres facteurs de risques existent tels que le diabète, le surpoids et l'âge ", a-t-elle ajouté.
" Je suis soulagé que le laboratoire reconnaisse sa part de responsabilités dans ce scandale, c'est un vrai tournant dans sa stratégie ", a réagi l'avocat de trois victimes ayant porté plainte dès novembre, Me Charles Joseph-Oudin.
Fabriqué par Servier, le Mediator , un médicament destiné aux diabétiques en surpoids et largement détourné comme coupe-faim, a été commercialisé en France de 1976 à novembre 2009.
Il est accusé d'avoir causé de graves problèmes cardiaques et pourrait être responsable de 500 à 2.000 décès, selon les estimations réalisées pour l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps).
 

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