Le procès du Mediator en attente d'un feu vert du tribunal

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Le tribunal correctionnel de Nanterre annoncera lundi en début d'après-midi si le premier procès pénal du Mediator, médicament accusé d'avoir causé 500 morts, se poursuit.

Les victimes et leurs familles croisent les doigts. C'est cet après-midi que le tribunal correctionnel de Nanterre va annoncer si le premier procès pénal du Mediator se poursuit. La défense des Laboratoires Servier a soulevé plusieurs points de procédure, susceptibles, s'ils étaient retenus, d'entraîner le renvoi à une date ultérieure du procès prévu pour durer jusqu'au 6 juillet.

A l'ouverture du procès la semaine dernière, les avocats des Laboratoires avaient notamment expliqué que le groupe pharmaceutique et son patron Jacques Servier, 90 ans, ne pouvaient être jugés pour des faits pour lesquels ils sont également mis en examen par des juges d'instruction de Paris. En effet, on ne peut être jugé deux fois pour les mêmes faits.

Tromperie et escroquerie

Situation singulière, quelque 600 parties civiles ont misé sur une citation directe pour tromperie aggravée afin d'obtenir rapidement réparation, sans attendre la fin de l'instruction menée au pôle Santé de Paris. Dans le cadre de cette information judiciaire, Jacques Servier et six sociétés du groupe ont été mis en examen en septembre notamment pour tromperie et escroquerie.

Commentant la stratégie procédurale adoptée par Servier, Me Martine Verdier, avocate de l'association de consommateurs CLCV (Consommation, logement et cadre de vie) avait dénoncé une volonté de "gagner du temps et botter en touche pour éviter de s'exprimer sur le fond!" Les plaignants reprochent à Servier de les avoir délibérément trompés sur la composition du Mediator en ne les informant pas de "la nature anorexigène" de son principe actif, le Benfluorex, alors que ce dernier diffuserait dans l'organisme une substance toxique. Le Mediator, largement détourné comme coupe-faim durant sa commercialisation de 1976 à 2009, est soupçonné d'avoir causé au moins 500 morts en 30 ans voire 1.320 à 2.000 selon d'autres estimations.

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Commentaires
a écrit le 21/05/2012 à 16:17 :
Il faut que la vérité soit faite dans cette affaire, mais il faut aussi que les procédures soient respectées. La procédure est la garante des libertés de tout le monde et la protection contre l'arbitraire. Un pays qui ne respecte pas les procédures judiciaires, c'est une dictature. Personne n'aurait a gagner d'un procès baclé. Et si une question de constitutionnalité est soulevée, c'est très important et il faut qu'elle soit examinée. Plus le procès sera fait dans les règles et plus on aura de chances que la lumière soit vraiment faite.

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