La Cour des comptes a épinglé l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux. Les victimes d'accidents médicaux ou d'aléa thérapeutiques sont indemnisées partiellement ou très tardivement. Voire ne le sont pas du tout.
"Entre 2011 et 2015, 5.646 accidents (dont 2.983 au titre de l'aléa thérapeutique) ont été admis" par les commissions de conciliation et d'indemnisation (CCI). Un organisme dont les décisions sont censées être suivies par l'Oniam. Pourtant l'Office national a écarté 8,5% des dossiers dans le cadre de son réexamen. Un coup dur pouvant décourager les victimes cherchant à se faire indemniser, juge la Cour des comptes qui réclame des changements de pratique.
Des délais de plus de deux ans et des indemnisations incomplètes
Pour les victimes parvenant à être indemnisées, le constat de la Cour des comptes reste accablant: "58 % des victimes enregistrées en 2011 n'ont reçu qu'une offre partielle en mars 2016, et à l'issue de cette période, elles n'ont guère de chance de recevoir le complément". Autre hic: le délai moyen pour obtenir réparation grimpe à 2 ans et 9 mois, au lieu des deux ans préconisés notent les sages de la rue Cambon.
Pourtant, comme le note la Cour des comptes, les demandes ne sont pas légion. Elle en recense seulement 4.500 dossiers au maximum par an contre 10.000 bénéficiaires potentiels en moyenne, quinze après sa création.
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"En l'état actuel de sa gestion, il serait aventureux de confier à l'Oniam la mission d'indemniser les victimes de la Dépakine dont l'ampleur et les enjeux seraient encore plus importants que dans l'affaire du Médiator",prévient la Cour.
Du côté de ministère de la Santé, la réaction a été immédiate. Il a proposé un nouveau patron pour l'Oniam. Le candidat, Sébatien Leloup, qui devrait remplacer Erik Rance, devra être auditionné par les commissions sociales de l'Assemblée nationale et du Sénat. Erik Rance avait été nommé en 2011 au poste de directeur de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (Oniam). Il avait ensuite été reconduit dans ses fonctions en novembre 2014 pour un nouveau mandat de trois ans.