Dépakine : 14.322 femmes enceintes "exposées" entre 2007 et 2014

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Marisol Touraine a annoncé mercredi la mise en place d'un dispositif d'indemnisation des victimes qui sera voté au Parlement d'ici la fin de l'année.
Marisol Touraine a annoncé mercredi la mise en place d'un dispositif d'indemnisation des victimes qui sera voté au Parlement d'ici la fin de l'année. (Crédits : Reuters)
C'est la première fois que les autorités fournissent des données chiffrées permettant de se faire une idée de l'ampleur du problème sanitaire posé par ce médicament.

Sommes-nous à l'aube d'un nouveau scandale sanitaire? Selon une étude publiée ce mercredi par l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et la Caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariés (CnamTS), 14.322 femmes enceintes ont été exposées, entre 2007 et 2014, au valproate de sodium, la substance active de l'antiépileptique Dépakine.

Commercialisée depuis 1967, la Dépakine présente des risques "tératogènes" (malformations du foetus, retards neurodéveloppementaux), établis dès le début des années 1980.

Le nombre d'enfants atteints toujours inconnu

Toutefois, elle a continué à être prescrite chez les femmes enceintes compte tenu de son efficacité dans le traitement de l'épilepsie.

Cette étude chiffrée -la première sur le sujet- montre également que ces femmes ont donné naissance à 8.701 enfants vivants et que leur exposition à ce médicament nocif pour le fœtus a nettement diminué entre 2007 et 2014, passant de 2.316 en 2007 à 1.333 en 2014. L'étude ne précise pas le nombre d'enfants atteints par des troubles.

Marisol promet un système d'indemnisation

Peu après la publication de cette étude, Marisol Touraine a annoncé la mise en place d'un dispositif d'indemnisation des victimes. Ce système permettra de prendre en charge "en totalité" par l'Assurance maladie des soins des patients reconnus dans le cadre d'un "protocole de dépistage et de signalement". Selon la ministre, ce dispositif sera voté au Parlement d'ici la fin de l'année.

Parmi les autres mesures annoncées, figure un pictogramme alertant sur le danger de l'utilisation du traitement chez les femmes enceintes qui sera apposé sur les boîtes de médicaments. L'explicitation des risques liés à une grossesse n'est en effet apparue sur les notices qu'en 2010 et les génériques de la Dépakine ne bénéficient d'une information actualisée que depuis juin 2015.

L'Igas dénonce l'inertie des autorités sanitaires

Par ailleurs, Le Canard enchaîné accuse le ministère de la Santé d'avoir volontairement tardé à publier cette étude (remise mi-juillet au ministère), ce que ce dernier dément. Ce mercredi également, les résultats de cette enquête ont été communiqués à l'association des victimes qui a été reçue avenue Duquesne.

Pour mémoire, en février dernier, l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) avait dénoncé l'"inertie" des autorités sanitaires françaises et du laboratoire Sanofi face aux risques de la Dépakine et ses dérivés, qui auraient entraîné 425 à 450 malformations à la naissance.

 (Avec AFP)

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a écrit le 25/08/2016 à 17:38 :
La responsabilité de ce nouveau désastre ne vient-il pas d'une série de défaillances des indications du laboratoire sur le médicament peut-être insuffisantes, des autorités sanitaires qui n'ont pas suivi ce médicament dans ses prescriptions et des médecins peu formés ou informés?
N'y-a-t-il pas un problème de délai de déclaration de grossesse et d'arrêt tardif de prise de ce médicaments pendant la période où la grossesse n'est pas encore reconnue?
a écrit le 25/08/2016 à 16:13 :
Et oui, l'argent public va une nouvelle fois venir au secours d'intérêts privés.

On va indemniser les victimes pour qu'elles ne fassent pas d'action en justice. Tout au moins pas trop fortes. Aux USA, beaucoup de monde serait déjà en prison, et SANOFI aurait pris une amende de plusieurs centaines de millions d'euros.
a écrit le 25/08/2016 à 0:10 :
Plus belle la vie! Si nous accusons les principaux coupables n'oublions pas que notre passivité leur á donné les pleins pouvoirs... et qu'ils sont aussi Français que nous.
Un scandale Français créer par les Français.
Au lieu de mettre l'arabe comme langue a l'ecole il faudrait des cours de morale et de rééducation du peuple Français... c'est par la base que nous devons attaquer le problème
a écrit le 24/08/2016 à 21:24 :
Comment se fait-il que dans cet article le nom de Sanofi n'est jamais prononcé? (Question à la Tribune).
Certes les victimes ont droit à une indemnisation, mais pourquoi est-ce à nouveau les contribuables qui paient?
Pourquoi la notice du médicament en a-t-elle seulement fait état en 2010 alors que les risques étaient connus depuis les années 80 (source le Canard)?
Et que dire des 100e de dossiers en attente au parquet?
Réponse de le 27/08/2016 à 8:28 :
C'est en France: pas responsable, pas coupable, pas payeur, pas au courant
a écrit le 24/08/2016 à 17:37 :
c'est marrant, ca ne parle pas trop des fabriquants de generiques qui d'apres ce que j'ai lu auraient pris moins de mesure en temps opportun.........
ou avais je la tete, quand on veut reclamer de l'argent il faut aller la ou on pense que le jackpot est le plus gros, pas vrai?
personne ne doute un instant que tous les gens a bec de lievre, autistes, ou autres vont se precipiter dans la breche en arguant qu'ils ont aussi droit a un cheque ( pour changer d'iphone)
maintenant, a l'heure ou les gens vont chez le medecin avec une liste de doleances pour les prescriptions, faut pas s'etonner que certains decouvrent que ca peut avoir des effets indesirables!
a écrit le 24/08/2016 à 17:16 :
Sang contaminé, amiante, Médiator...
Réponse de le 26/08/2016 à 11:51 :
PNL, synergologie, fasciathérapie

Au regard des dangers que représentent ce type de "disciplines" nullement scientifiques et jugées potentiellement néfastes pour les patients, l’alerte a été lancée en mars et mai 2016 par plusieurs grands noms du domaine médico-hospitalier avec deux lettres adressées aux ministères de la Santé et de l’Education nationale.

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