BPI injecte 8,4 millions d'euros dans la biotech française Abivax, un pari osé ?

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Créée en 2014, Abivax a rapidement suscité beaucoup d'espoir: la biotech a levé 58 millions d'euros sur Euronext Paris en juin 2015, du jamais-vu depuis Transgène en 1998.
Créée en 2014, Abivax a rapidement suscité beaucoup d'espoir: la biotech a levé 58 millions d'euros sur Euronext Paris en juin 2015, du jamais-vu depuis Transgène en 1998. (Crédits : Reuters)
Le principal vaccin candidat de la biotech française contre l'hépatite B a connu un échec retentissant en 2016, et ses autres molécules sont en stade de développement précoce. Mais le traitement de la société s'attaquant au VIH pourrait générer d'importants revenus à terme.

De l'argent frais bienvenu pour Abivax. La biotech française a reçu lundi 9 janvier un financement de 8,4 millions d'euros (sous forme de subvention et d'aide remboursable) dans le cadre du Programme d'investissement d'avenir (PIA), opéré par la banque publique Bpifrance. Et ce, pour "accélérer l'identification et l'optimisation de traitements antiviraux innovants" de la biotech. Une somme conséquente, sachant que les opérations réalisées auprès de fonds de capital risque tournent à 7 millions d'euros en moyenne pour une société de ce type, selon le Panorama 2016 France Biotech.

Une action chahutée en 2016

C'est une marque de confiance importante pour une société qui a pourtant connu une année 2016 particulièrement difficile. Elle a subi un échec retentissant  pour le vaccin candidat ABX203 contre l'hépatite C, alors en phase III. Ce traitement était vu comme un potentiel blockbuster. Son titre en Bourse avait plongé de 30% le 20 juin. Son action, valorisée à 14,15 euros le 1er janvier, était retombée 6,30 euros le 30 décembre. Le développement d'ABX203 est désormais en "cours de réévaluation" et ne figure plus parmi les produits mis en avant par la société.

Ses autres traitements candidats sont en phase I et II ou à un stade préclinique, à des stades précoces de développement, avec donc un fort risque d'échec et qui ne seront pas mis sur le marché avant plusieurs années.

Un traitement censé baisser la charge virale du VIH

C'est une martingale. Si les molécules d'Abivax parviennent à être lancées un jour sur le marché, elles pourraient rapporter gros. La biotech mise énormément sur l'ABX464, un produit contre le VIH censé baisser la charge virale au bout de quelques semaines et sur le long terme. Il s'agit du traitement le plus avancé de la biotech. Il est aujourd'hui en phase II.  Si Abivax parvenait à sortir un tel produit avant ses concurrents, elle pourrait générer un chiffre d'affaires conséquent. La société biopharmaceutique publiera les résultats de son étude de phase IIa cette année, en avril. Un moment clé pour la biotech.

Abivax dispose également d'un produit  pour traiter Ebola dont le lancement de la phase I est prévu cette année. La société développe une molécule contre le Chikungunya (ABX311) dont la preuve de concept est effectuée. Ou encore, l'ABX196, un stimulateur de systèmes immunitaires contre des maladies virales et des cancers en développement clinique.

Le groupe dispose en outre d'une plateforme qui "a d'ores et déjà généré une chimiothèque supérieure à 1.000 petites molécules conçues pour bloquer les mécanismes de réplication des virus en ciblant les complexes ARN-protéine (RNP)", assure-t-il.

Créée en 2014, la biotech Abivax a rapidement suscité beaucoup d'espoir: elle a levé 58 millions d'euros sur Euronext Paris en juin 2015, du jamais-vu depuis Transgène en 1998. En espérant un parcours moins sinueux pour Abivax. Car la société strasbourgeoise n'a pas réussi à confirmer son potentiel les vingt dernières années, et tente aujourd'hui de trouver un second souffle en se réorientant dans l'immunothérapie et l'oncologie.

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