La Chine condamne à 4 ans de prison une journaliste-citoyenne qui a couvert l'épidémie à Wuhan

 |  | 518 mots
Lecture 3 min.
À Hong Kong, en Chine, le 28 décembre 2020, des militants pour la démocratie manifestent pour demander la libération de la journaliste-citoyenne Zhang Zhan devant le bureau de liaison chinois.
À Hong Kong, en Chine, le 28 décembre 2020, des militants pour la démocratie manifestent pour demander la libération de la journaliste-citoyenne Zhang Zhan devant le bureau de liaison chinois. (Crédits : Reuters)
Avocate de formation, Zhang Zhan, 37 ans, a été jugée et condamnée par les autorités chinoises pour "provocation de troubles". Elle fait partie d'un petit groupe de citoyens dont les récits sur les hôpitaux et crématoriums surchargés, et les rues vides de Wuhan, ont rapporté une situation bien plus dramatique que celle décrite par la communication officielle chinoise. Le procès s'est tenu à l'abri du regard des journalistes étrangers, ceux-ci ayant interdiction d'entrer dans l'enceinte du tribunal.

Une journaliste-citoyenne chinoise qui a couvert l'épidémie de coronavirus au début de l'année à Wuhan, dans le centre de la Chine, a été condamnée lundi à quatre ans de prison pour "provocation de troubles", a annoncé son avocat.

Zhang Zhan, qui est âgée de 37 ans, est la première personne à avoir été jugée pour avoir informé de la situation au plus fort de la crise sanitaire, en début d'année.

Elle fait partie d'une petit groupe d'individus dont les récits sur les hôpitaux surchargés et les rues vides de Wuhan ont décrit une situation plus dramatique que ce que les autorités chinoises disaient à l'époque.

Lire aussi : Coronavirus: la mort de Li, le médecin lanceur d'alerte, provoque la colère du peuple chinois

"Nous ferons probablement appel", a ajouté son avocat, Ren Quanniu. "Mme Zhang estime qu'elle est persécutée pour avoir exercé sa liberté d'expression", avait-il dit avant son procès qui s'est tenu à Shanghai sept mois après son arrestation.

Un procès à l'abri du regard des journalistes étrangers exclus du tribunal

Les journalistes étrangers n'ont pas eu le droit d'accéder à l'intérieur du tribunal "en raison de l'épidémie", selon l'explication officielle qui leur a été fournie.

Ancienne avocate vivant à Shanghai, Zhang Zhan est arrivée à Wuhan, épicentre de la pandémie dans la province du Hubei, le 1er février dernier.

Elle a mis en ligne sur YouTube de courtes interviews avec des habitants mais aussi des commentaires et des images d'un crématorium, d'hôpitaux et de l'Institut de virologie de la ville.

Lire aussi : Coronavirus : la Chine accusée d'avoir passé sous silence l'épidémie à ses débuts

La santé de Zhang Zhan, en prison depuis sept mois, inquiète

Arrêtée à la mi-mai, elle a observé une grève de la faim à la fin du mois de juin mais, selon son avocat, a été nourrie de force. Son état de santé est préoccupant: elle souffre notamment de maux de tête, de vertiges, de douleurs au ventre et sa pression artérielle est basse.

D'autres journalistes-citoyens sont eux portés disparus

D'autres journalistes-citoyens ont également été portés disparus en Chine, parmi lesquels Fang Bin, Chen Qiushi et Li Zehua.

Aucune information concernant Fang Bin n'est disponible. Li Zehua est réapparu en avril dans une vidéo mise en ligne sur YouTube dans laquelle il dit avoir été placé de force en quarantaine. Chen Qiushi a été libéré de prison mais, selon un de ses amis, vit sous surveillance et n'a plus parlé en public.

Les autorités chinoises ont censuré les témoignages et récits critiques sur leur réaction initiale à la crise sanitaire, et des avertissements ont été adressés à des médecins et à des lanceurs d'alerte.

Les médias officiels soulignent quant à eux que la Chine, sous la conduite du président Xi Jinping, a réussi à endiguer le virus.

Lire aussi : Covid-19 : "Si la Chine est sciemment responsable, il devrait y avoir des conséquences" (Trump)

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 29/12/2020 à 8:08 :
Pour Macron et sa clique, les solutions viennent de Chine : passeport sanitaire d'abord, passeport social ensuite, fichage et traçage, mise à l'écart et décrédibilisation de tout discours qui sort de la ligne du parti, mise à mort économique et internement dans des camps.
Ne nous y trompons pas : la plupart sont en vigueur, d'autres prêtes à être mises en œuvres à coup d'ordonnances et de décrets, la dernière est à l'étude. La programmation des confinements en est une preuve.
a écrit le 28/12/2020 à 17:03 :
"et des avertissements ont été adressés à des médecins et à des lanceurs d'alerte".


Heureusement que c'est pas notre cas ,ah ben si en fin de compte :

Le Conseil national de l'Ordre des médecins (Cnom) a porté plainte début décembre contre six praticiens, a confirmé l'instance lundi soir, dont les professeurs Didier Raoult et Christian Perronne. Après avoir examiné une série de plaintes ou de signalements, le Cnom a décidé de saisir les chambres disciplinaires de première instance ou de s'associer à une plainte en cours, précise l'agence de presse médicale APMNews. Si on ne sait pas encore exactement ce qui leur est reproché, leurs parcours éclairent en partie la décision du Conseil de l'ordre.
a écrit le 28/12/2020 à 13:40 :
Mais non voyons c'est Trump le méchant qui a agressé ce si gentil pays !
a écrit le 28/12/2020 à 11:36 :
La france fait aussi bien que la chine en matière de censure. Des scientifiques de haut niveau proposant des solutions alternatives se voient cloués au pilori et menacés de procès. La censure des médias du web est aussi une préoccupation permanente de notre état, alors que la liberté de l'information et les avis divergents sont le pilier d'une démocratie en bonne santé.
a écrit le 28/12/2020 à 10:14 :
Est il possible d'attendre autre chose d'une dictature communiste staliniste ? Non. Pendant ce temps, "à l' Ouest rien de nouveau",
nous continuons à baver devant le potentiel du marché Chinois, miroir aux alouettes qui en fait le champ de tir tous azimuts de la Nomenklatura chinoise. Focalisés sur le business nos oeillères nous empêchent de regarder ailleurs, du côté des Droits de l'Homme principalement. Nous savons, nous ne faisons rien et disons si peu.!
A force de trébucher, nous finirons par tomber.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :