La biotech française travaille en collaboration avec la société américaine spécialisée dans le développement de thérapies recourant à l'édition du génome. Elle va aider cette dernière à montrer que ses ciseaux moléculaires sont suffisamment perfectionnés pour pouvoir lancer des essais cliniques sur l'homme.
Après le partenariat noué avec Astrazeneca, Genomic Vision s'est associé avec un nouveau poids lourd des sciences de la vie. "Nous collaborons avec Editas Medecine pour que ce dernier accélère dans le développement de l'utilisation des ciseaux moléculaires CRISPR-Cas 9. Le partenariat est amené à durer au moins un an", a annoncé à La Tribune Aaron Bensimon, président et directeur général de Genomic Vision.
Un "contrôle qualité" pour modifier l'ADN et soigner des maladies
Pour pouvoir démarrer les essais cliniques sur l'homme, Editas devra convaincre la FDA (Agence américaine des médicaments) de l'efficacité et de la fiabilité de sa méthode en lui fournissant des données satisfaisantes. C'est là que Genomic Vision a un rôle à jouer. La société française va veiller au contrôle qualité de la modification moléculaire. "Editas découpent les ADN, puis nous les envoient. Nous effectuons un peignage moléculaire (une technique qui permet de déposer de façon linéaire des molécules individuelles d'ADN sur une lame de verre, NDLR) et nous vérifions la précision de la découpe. Nous renvoyons des corrections à Editas qui aiguise ainsi ses ciseaux petit à petit", expose Aaron Bensimon. Dans le détail, la biotech française va comparer la zone découpée à une référence, et déterminer si les ciseaux moléculaires d'Editas sont suffisamment bien effectué en mesurant le pourcentage d'efficacité de l'utilisation de CRISPR-Cas 9.
Editas recourra certainement à d'autres batteries de tests complémentaires au peignage moléculaire, dont le séquençage génomique, un autre type d'analyse du génome.
Editas vise un essai clinique sur l'homme en 2018
La société américaine, qui a pu faire rentrer Bill Gates et Google dans son capital, cherche à sortir rapidement assez de données prouvant la fiabilité dans ses utilisations du ciseau moléculaire, et la viabilité de la méthode pour lancer les essais cliniques sur l'homme.
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Depuis son introduction en février 2016, et son plus haut atteint en mars 2016, à près de 42 dollars l'action, le titre a été divisé par deux depuis, en raison des doutes autour de l'application de la technologie. La société a du mal à rassurer le marché. Fin 2015, Editas promettait des essais sur l'homme en 2017 pour traiter l'Amaurose congénitale de Leber. Récemment, la société a repoussé l'échéance à la mi-2018. Elle pourrait néanmoins devenir la première société à utiliser CRISPR sur l'homme.
Genomic Vision attend aussi beaucoup de la FDA. La biotech française espère qu'elle fera de sa technologie un outil standard dans l'approbation des utilisations de CRISPR. La société cherche en outre des partenariats en Europe et en Chine. Dans ce pays, "les laboratoires ont montré un vif intérêt pour notre technologie", assure Aaron Bensimon. Dans le pays, "les sociétés sont très avancées, en raison d'une souplesse de l'Etat sur l'utilisation de CRISPR. La Chine est le numéro 1 dans l'utilisation de CRISPR".
Ce pays est précurseur dans l'utilisation de ces ciseaux moléculaires. Il est le premier pays à avoir utilisé cette méthode sur des embryons humains en 2015. Les résultats des essais se sont avérés mitigés.