Ce matin, le ministre de l'Economie s'est félicité d'avoir obtenu un accord tripartite entre l'Etat, Sanofi et le fonds américain d'investissements CD&R pour la cession de 51% d'Opella. Filiale de Sanofi, cette dernière produit notamment le Doliprane. Cet accord permettra « le plus haut niveau de garanties possible » à savoir le maintien de l'emploi, de la production, de l'approvisionnement du marché français, de la gouvernance et du développement de l'entreprise, fait valoir le gouvernement.
L'Etat entre également au capital d'Opella à hauteur de 1% à 2% via Bpifrance, une façon d'avoir « un point de contrôle supplémentaire » sur les décisions de la future ex-filiale de Sanofi en matière de stratégie sur le territoire national. Mais ces paroles se heurtent à plusieurs zones d'ombre dans l'accord, qui laissent supposer des contournements possibles. En premier lieu, la participation très faible de l'Etat... dont on ne connaît pas tout à fait la part. Mais qu'elle soit de 1% ou de 2%, le gouvernement ne pourra pas bloquer une décision de CD&R.
« Soit il est naïf, soit il prend les gens pour des imbéciles, parce que c'est pas avec 1% de participation dans le capital que l'Etat aura quelque mot à dire sur les décisions stratégiques qui seront prises par le groupe », a tempêté Manuel Bompard, le coordinateur de La France insoumise, ce lundi au micro de TF1, demandant à ce que cette cession soit bloquée.