Sanofi entend bien « finaliser » les discussions avec le fonds américain CD&R
latribune.fr
L'annonce de Sanofi de s'orienter vers un acquéreur américain pour sa filiale suscite depuis la semaine dernière des inquiétudes auprès des responsables politiques et des syndicats.
« A l'issue d'un processus classique, un partenaire a été identifié voici dix jours. Nous sommes en train de finaliser les discussions avec lui. C'est un projet de croissance », a déclaré ce samedi la présidente de Sanofi France dans une interview au Courrier Picard. L'offre améliorée du fonds français PAI semble toujours écartée.
C'est bien confirmé. Sanofi va bien « finaliser » les discussions avec le fonds américain CD&R pour la cession de sa filiale fabriquant le Doliprane. Et ce, malgré l'offre améliorée du fonds français PAI partners, a confirmé la présidente de Sanofi France, dans un entretien paru samedi dans le Courrier Picard.
« A l'issue d'un processus classique, un partenaire a été identifié voici dix jours. Nous sommes en train de finaliser les discussions avec lui. C'est un projet de croissance », a ainsi déclaré Audrey Duval, interrogée sur l'offre améliorée de PAI pour le rachat d'Opella.
Sanofi pas emballé par la nouvelle offre de PAI
Pour rappel, jeudi soir le géant pharmaceutique français s'était dit « étonné » de cette offre hors « des délais », rappelant son choix de la semaine précédente. Il est « surprenant qu'une offre révisée soit rendue publique », jugeait ainsi Sanofi dans un communiqué, en rappelant avoir annoncé le 11 octobre sa décision de négocier en exclusivité avec le fonds d'investissement américain CD&R.
Une source proche de PAI avait affirmé jeudi à l'AFP que le fonds avait amélioré son offre « à hauteur de 200 millions d'euros supplémentaires » et était désormais « le mieux disant financièrement et d'un point de vue social aussi ».
Dans son communiqué de jeudi, Sanofi rappelait aussi que « le processus de recherche d'un éventuel partenaire pour Opella a été long, que les candidats à la prise de participation ont tous eu la même opportunité de remettre leur meilleure offre. Et ce, dans les temps prévus par ce processus, identique pour tous ».
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Dossier sensible au niveau social et politique
Pour mémoire, Sanofi a annoncé le 11 octobre négocier avec le fonds d'investissement américain CD&R afin de lui céder potentiellement 50% d'Opella, sa filiale qui abrite une centaine de marques de médicaments sans ordonnance dans le monde, dont le populaire Doliprane.
L'annonce de Sanofi de s'orienter vers un acquéreur américain pour sa filiale suscite depuis la semaine dernière des inquiétudes auprès des responsables politiques et des syndicats, concernant la souveraineté sanitaire de la France et les emplois. Une grève a d'ailleurs démarré mercredi sur les deux sites français du géant pharmaceutique, à Lisieux et Compiègne. Les syndicats craignent une « casse sociale » pour les 1.700 emplois que compte Opella sur le sol français, dont 480 à Compiègne et 250 à Lisieux.
Très attentif à ce dossier sensible, le gouvernement s'est engagé à demander des garanties à Sanofi et au fonds américain CD&R sur le maintien de l'emploi et les volumes de production d'Opella dans l'Hexagone. En début de semaine, le ministre de l'Economie Antoine Armand a aussi dit n'excluait pas une participation de l'Etat au sein d'Opella, afin d'avoir « un droit de regard » sur les affaires de la société. Enfin, le ministre a annoncé avoir lancé « un bilan exhaustif de l'ensemble des dispositifs de soutien public dont a bénéficié Sanofi ces dix dernières années ».