Et si le gouvernement américain rachetait l'une des dix plus grandes sociétés pharmaceutiques pour payer moins cher certains traitements ? Derrière cette idée radicale se cachent Peter Bach membre du Memorial Sloan Kettering Cancer Center, un centre de recherche sur le cancer et Mark Trusheim du MIT Center for Biomedical Innovation. Ils avancent dans une opinion publiée sur Forbes qu'en rachetant Gilead, laboratoire qui conçoit des traitements curatifs contre l'hépatite C (Harvoni, Sovaldi et depuis l'année dernière l'Epclusa capable de traiter l'ensemble des patients quel que soit le type de virus), les Etats-Unis pourraient faire d'importantes économies s'ils soignaient toutes les personnes touchées par la maladie infectieuse (au moins 2,7 millions de malades chroniques).
Dans le détail, pour mettre la main sur Gilead, le gouvernement devrait mettre 156 milliards de dollars en passant par des sociétés de capital-investissement (private equity), expliquent les deux hommes. Pour en arriver à une telle somme, ils ont pris en compte la capitalisation boursière de la société (95 milliards de dollars) à laquelle ils ont ajouté une prime de 30% par action pour le rachat, et la couverture de la dette de la société pharmaceutique (26 milliards de dollars).
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Toujours selon le scénario des deux experts, les Etats-Unis pourraient ensuite céder des actifs de la biotech américaine à une société privée, notamment la partie R et D, dont la valeur est estimée à 10 milliards de dollars, et l'activité VIH pour 52 milliards de dollars. Le gouvernement gagnerait encore 31 milliards de dollars en rapatriant l'argent de Gilead placé à l'étranger pour éviter d'être taxé sur le sol américain. In fine, le rachat de Gilead coûterait 40 milliards de dollars au gouvernement américain, et le prix d'un traitement contre l'hépatite C passerait alors à 15.733 dollars par patient, avancent Peter Bach et Mark Trusheim. Actuellement, il grimpe à 42.000 dollars par patient (contre 84.000 dollars en 2014). Enfin, les personnes guéries, plus productives, compenseraient les taxes perdues, d'après Peter Bach et Mark Trusheim.
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