2016 aura été une bonne année pour la France dans la thérapie génique, cette stratégie thérapeutique consistant à délivrer un gène fonctionnel pour remplacer un gène défectueux afin de soigner, voire guérir, des maladies rares et des cancers. Ainsi, l'AFM-Téléthon et Bpifrance ont annoncé en novembre le lancement de la société YpsosKesi, future grande plateforme industrielle pour le développement et la production à grande échelle de produits de thérapies géniques et cellulaires. Présentée comme "le premier acteur industriel pharmaceutique français dédié aux maladies rares", la société va s'appuyer sur une usine construite à Evry. Son objectif sera de lancer sur le marché "des lots de thérapie génique pour des maladies du muscle, du sang, du système immunitaire".
Par ailleurs, plusieurs biotechs françaises ont connu une année 2016 faste.
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Le plus grand laboratoire pharmaceutique français, Sanofi, travaille aussi sur des traitements utilisant cette stratégie thérapeutique contre la DMLA et la maladie de Parkinson. Ces derniers sont à des stades de développement peu avancés, pour le moment.
Mais l'épopée de la thérapie génique a connu ses "hics". L'Hexagone, que l'Inserm place parmi les leaders mondiaux dans ce domaine thérapeutique, a certes apporté les premières preuves d'efficience dans la thérapie génique. Au début des années 2000, en association avec le Royaume-Uni, la France avait traité des enfants bulles par le biais de cette thérapie. Mais sur les neuf premiers enfants traités en France, l'un d'eux était mort d'une leucémie, développée certainement à cause de complications de la thérapie génique, montrant les risques induits par cette stratégie thérapeutique.
En outre, des sociétés françaises, qui ont nourri de grands espoirs dans ce domaine, ont décidé de déplacer leur curseur. C'est le cas de Transgène, la plus ancienne biotech cotée à Paris. Elle a développé des solutions de thérapie génique pendant ses premières années avec l'AFM, puis s'est réorientée vers l'immunothérapie.
La thérapie génique en France et dans le monde a connu de nombreux échecs lors des essais cliniques, puis s'est trouvée en perte de vitesse en termes de recherches scientifiques. Comme le rapporte la revue scientifique Nature, le nombre de publications scientifiques a décru au milieu des années 2000, avant de connaître une recrudescence au début des années 2010.
Si la thérapie génique revient en force aujourd'hui, la France ne concrétise pas : elle n'est pas encore parvenue à lancer un traitement sur le marché. Elle n'est néanmoins pas en retard dans l'industrialisation de ces produits : rares sont les traitements basés sur la thérapie génique à passer la barrière du marché. On en compte trois :
Nature estime néanmoins, que cette stratégie thérapeutique, pour laquelle plus de 2000 essais cliniques sont en cours, se dirige vers de multiples lancements sur le marché dans les années à venir, après une série de déboires dans les années 2000.
Autre "hic" pour la France : elle ne dispose pas de la force de frappe financière des sociétés américaines, capables de lever beaucoup d'argent en Bourse outre-Atlantique.
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En effet, il existe une quinzaine de sociétés spécialisées dans la thérapie génique aux Etats-Unis, chacune est cotée plusieurs centaines de millions de dollars. L'une d'entre elles, Spark Therapeutics, pourrait devenir en 2017, la première société américaine à lancer un traitement basé sur la thérapie génique, avec son produit en cours de phase III contre des maladies rétiniennes héréditaires.
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