La société civile accuse Monsanto d'"écocide"

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Cinq juges professionnels internationaux ont entendu 30 témoins de la société civil durant trois jours. Victimes et d'experts, scientifiques, juridiques, toxicologues, vétérinaires... ont témoigné à la barre du tribunal.
"Notre objectif est de démontrer, et c'est le tribunal qui le dira, si Monsanto a ou n'a pas manqué à ses obligations internationales", a affirmé l'ancienne ministre française de l'Environnement, Corinne Lepage, souhaitant donner "à la société civile les même armes dans tous les pays du monde". "Sauver nos graines, à mon avis, est l'action la plus révolutionnaire de notre époque", a déclaré Vandana Shiva, une auteure indienne qui s'est déjà confrontée à Monsanto par le passé et qui rêve d'un "futur sans poisons".
Est-il complice de crimes de guerre en produisant le défoliant Agent Orange utilisé par les forces armées américaines durant la guerre du Vietnam? Et ses activités pourraient-elles constituer "un crime d'écocide, à savoir la provocation de sérieux dégâts et la destruction de l'environnement"?
Récemment, la Cour pénale internationale (CPI), basée à La Haye elle aussi, a émis l'intention de se concentrer davantage sur les crimes environnementaux tels que l'accaparement des terres.
Les juges, dont la présidente belge de ce tribunal international, Françoise Tulkens, devraient rendre un avis d'ici au 10 décembre, journée internationale des droits de l'homme. Cet avis consultatif légal sera destiné à alimenter les lois existantes, notamment via la création d'une jurisprudence au sein du droit international.
L'événement tombe au mauvais moment. Alors que l'Union européenne examine l'offre de rachat de Monsanto par le chimiste allemand Bayer pour 60 milliards d'euros, le géant américain n'apprécie pas ce tribunal citoyen.
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"Cette parodie de tribunal n'a rien à voir avec le tribunal de la Haye et n'a aucune valeur légale, ce sera uniquement une discussion à charge", a déclaré le directeur des affaires institutionnelles de Monsanto en France, Yann Fichet lors d'une conférence de presse présentant les activités du groupe en France.
Dans une lettre ouverte, Monsanto estime que cette parodie de procès "détourne l'attention de discussions essentielles sur les besoins en alimentation et en agriculture du monde entier".
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Le groupe affirme "aider les agriculteurs à limiter et à s'adapter aux changements climatiques" et se déclare "convaincu" qu'une"coexistence entre toutes les formes d'agriculture est possible"en rappelant que "60% des semences semées sur terre proviennent de cultures non commerciales, c'est-à-dire des graines de ferme récoltées et resemées par l'agriculteur".
(Avec AFP)
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