La société civile accuse Monsanto d'"écocide"

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(Crédits : © Charles Platiau / Reuters)
Réuni à La Haye, siège de la Cour pénale internationale, un procès citoyen à juger l’entreprise américaine pour "écocide". Les juges de La Haye devront répondre à plusieurs questions : Monsanto a-t-il violé les droits à un environnement sûr, à l'alimentation ainsi qu'aux plus hauts standards de santé? Verdict : le 10 décembre prochain !

Cinq juges professionnels internationaux ont entendu 30 témoins de la société civil durant trois jours. Victimes et d'experts, scientifiques, juridiques, toxicologues, vétérinaires... ont témoigné à la barre du tribunal.

"Notre objectif est de démontrer, et c'est le tribunal qui le dira, si Monsanto a ou n'a pas manqué à ses obligations internationales", a affirmé l'ancienne ministre française de l'Environnement, Corinne Lepage, souhaitant donner "à la société civile les même armes dans tous les pays du monde". "Sauver nos graines, à mon avis, est l'action la plus révolutionnaire de notre époque", a déclaré Vandana Shiva, une auteure indienne qui s'est déjà confrontée à Monsanto par le passé et qui rêve d'un "futur sans poisons".

Est-il complice de crimes de guerre en produisant le défoliant Agent Orange utilisé par les forces armées américaines durant la guerre du Vietnam? Et ses activités pourraient-elles constituer "un crime d'écocide, à savoir la provocation de sérieux dégâts et la destruction de l'environnement"?

Récemment, la Cour pénale internationale (CPI), basée à La Haye elle aussi, a émis l'intention de se concentrer davantage sur les crimes environnementaux tels que l'accaparement des terres.

Les juges, dont la présidente belge de ce tribunal international, Françoise Tulkens, devraient rendre un avis d'ici au 10 décembre, journée internationale des droits de l'homme. Cet avis consultatif légal sera destiné à alimenter les lois existantes, notamment via la création d'une jurisprudence au sein du droit international.

Monsanto dénonce un procés "à charge"

L'événement tombe au mauvais moment. Alors que l'Union européenne examine l'offre de rachat de Monsanto par le chimiste allemand Bayer pour 60 milliards d'euros, le géant américain n'apprécie pas ce tribunal citoyen.

"Cette parodie de tribunal n'a rien à voir avec le tribunal de la Haye et n'a aucune valeur légale, ce sera uniquement une discussion à charge", a déclaré le directeur des affaires institutionnelles de Monsanto en France, Yann Fichet lors d'une conférence de presse présentant les activités du groupe en France.

"Le modèle agro-industriel promu par Monsanto est à l'origine d'au moins un tiers des émissions de gaz à effet de serre mondiales dues à l'activité humaine: il est aussi largement responsable de l'épuisement des sols et des ressources en eau, de l'extinction de la biodiversité et de la marginalisation de millions de petits paysans. Il menace aussi la souveraineté alimentaire des peuples par le jeu des brevets sur les semences et de la privatisation du vivant", indique le site.

Dans une lettre ouverte, Monsanto estime que cette parodie de procès "détourne l'attention de discussions essentielles sur les besoins en alimentation et en agriculture du monde entier".

Le groupe affirme "aider les agriculteurs à limiter et à s'adapter aux changements climatiques" et se déclare "convaincu" qu'une"coexistence entre toutes les formes d'agriculture est possible"en rappelant que "60% des semences semées sur terre proviennent de cultures non commerciales, c'est-à-dire des graines de ferme récoltées et resemées par l'agriculteur".


(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 17/10/2016 à 16:42 :
Et en français sans une faute d'infinitif a chaque ligne qui pique les yeux ça donne quoi l'article?
Rédigé par ma petite sœur en sixième ou quoi?
a écrit le 17/10/2016 à 14:27 :
Sur les photos de l'évènement on voit écrit : Mon$anto. Ce "tribunal" respecte si peu les droits de la défense que le nom de l'accusé peut être écrit avec une déformation destinée à susciter la répulsion. Il est assez choquant que des personnes supposées être des références juridiques acceptent de se prêter à cela.
a écrit le 17/10/2016 à 13:36 :
On savait que la justice se faisait dans la rue (il est vrai que notre Justice est lente, et les médias se doivent d'être dans le temps présent...?), mais constater que la justice de rue s'organise en simili-procès, cela est inquiétant... étrange cette passivité des personnes attachées à la devise française: liberté, EGALITE devant la LOI bien sûr au sens révolutionnaire du terme, et fraternité.
a écrit le 17/10/2016 à 9:32 :
Il serait quand même intéressant face aux manœuvres digne de l'Inquisition de tout un monde dit Ecolo, de faire objectivement la liste des plus et des moins de l'action de Monsanto dans l'agriculture mondiale, ne serait-ce que pour éclairer la lanterne de ceux qui n'ont pas de pré-jugés...
Réponse de le 17/10/2016 à 12:16 :
Ozarmes, tout ceci n'est que bon sens. Je suis très loin d'être un extrémiste ecolo, mais en se renseignant un peu on se rend compte que l'agriculture intensive est très néfaste pour l'environnement (appauvrissement de sols, pollution des nappes phréatiques, destruction de la biodiversité, émissions de gaz à effets de serres...) tout en étant moins productive au m². L'agriculture intensive offre le meilleur rendement par agriculteur, mais pas du tout par hectare.

Je vous invite à découvrir sur YouTube les vidéos de Claude Bourguignon, ou de la ferme du Bec Hellouin, ou des reportages sur le catalogue officiel des semences.

Le sujet de l'agriculture est primordial car il est directement lié à la santé et à l'environnement. Sans devenir "écolo", tout le monde devrait être curieux de pratiques actuels, de leur impact sur le monde (regardons en face le nombre de suicide d'agriculteurs en France et dans le monde). En tant que citoyens, nous devons défendre nos intérêts face à des entreprises qui confisquent les droits les plus élémentaires, notamment à pouvoir replanter ses propres semences.
Réponse de le 17/10/2016 à 13:43 :
@Arkezis Ce que vous écrivez ressort tout à fait du prêt à penser actuel et n'éclaire absolument pas ceux qui cherchent à savoir où se situe le curseur de la balance...
Réponse de le 17/10/2016 à 17:27 :
Il est très difficile d'avoir une information objective car le secteur économique de l'agriculture ( comme dans d'autres domaines d'ailleurs ) est verrouillé par une poignée d'individus .
Je réside dans un département agricole du sud ouest et rien qu'en feuilletant la presse locale vous retrouvez en permanence les mêmes noms à la tête des divers organismes de la profession : chambre d'agriculture, syndicats, coopératives, msa, groupama, crédit agricole , une fois président ou vice président ou administrateurs tout au plus 10 ou 12 personnes qui se cotoient à longueur d'année dans des conseils d'administrations assemblées générales , à la préfecture etc... et ces gens n'ont aucun intérêt à ce que les choses bougent car ils y perdraient leur pouvoir, leurs privilèges et les revenus qui vont avec .

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