Lubrizol : deux ans après l’incendie, les industriels serrent les dents… et les rangs
Nathalie Jourdan
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Le sinistre survenu à Rouen le 26 septembre 2019 a porté un rude coup à l'image de l'industrie. Le 8 octobre, quelques semaines après l'incendie, de nombreux manifestants exigeaient la vérité sur ce drame et réclamaient de nouvelles mesures de...
En butte à la méfiance de la population depuis l’accident survenu chez le fabricant de lubrifiants américain, les industriels rouennais classés « Seveso » cherchent les voies et moyens de la réconciliation. 14 entreprises du secteur ont lancé une union qui doit notamment plancher sur la sécurité industrielle.
Ils ont connu anniversaire plus joyeux. Deux ans jour pour jour après le gigantesque incendie survenu chez Lubrizol et Normandie Logisitique, environ deux-cents personnes ont manifesté ce dimanche aux abords du site incendié pour réclamer un durcissement de la législation en matière de risque industriel. « C'est resté gravé dans nos mémoires », pouvait-on lire sur les pancartes.
De fait, rare sont les Rouennais qui ont oublié cette nuit du 25 au 26 septembre 2019. Si l'immense nuage de fumée a disparu depuis longtemps, l'onde de choc qu'il a provoqué se fait encore sentir, de manière palpable. « Malgré une longue histoire industrielle, ni les industriels, ni les collectivités, ni les citoyens n'étaient suffisamment préparés pour affronter un tel événement », dénonçaient encore ces jours-ci trois associations de citoyens qui se sont constituées partie civile.
Dans cette agglomération pourtant habituée à batailler pour la survie de ses usines, l'image de l'industrie a pris un rude coup. « La confiance sera difficile à regagner », constate Charlotte Goujon, vice-présidente de la métropole en charge de la sécurité industrielle : une fonction nouvellement créée ce qui, en soi, en dit long.
L'incendie, un catalyseur
Difficile pour les industriels de rester sans réaction dans ce climat de défiance. Mis sous pression dès 2020 par le président de la métropole qui les a marqué à la culotte, quatorze grands établissements (dont 12 sont classés Seveso) viennent d'accoucher d'une association baptisée Upside - Union pour la synergie industrielle et le développement économique. Les membres fondateurs ne sont pas des seconds couteaux. On trouve dans leurs rangs Lubrizol, TotalEnergies, AirLiquide, Boréalis, Rubis, Sanofi, Multisol, Senalia...Tous représentés par leur top management local.
L'union, dont on attend la feuille de route, s'est donnée pour première vocation d'acculturer les rouennais aux enjeux de la sécurité industrielle par une meilleure connaissance réciproque. Il est aussi question de mutualiser les bonnes pratiques et les moyens de prévention : équipements de protection, moyens de pompage, barrages flottants... etc. Une approche nouvelle sur cette partie de la vallée de Seine. « Comme l'agglomération est couverte par plusieurs PPRT (Plans de prévention des risques technologiques ndlr), il n'y avait pas d'habitude de travail en communmaisl'incendie a joué comme un catalyseur », admet Elise Laperdrix, sa responsable du développement.
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