Monsanto snobe l'offre de Bayer

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Monsanto reconnaît qu'une telle opération présente une logique industrielle mais fait aussi confiance à sa stratégie autonome.
Monsanto reconnaît qu'une telle opération présente une logique industrielle mais fait aussi confiance à sa stratégie autonome. (Crédits : © Tom Gannam / Reuters)
Le numéro un mondial des semences Monsanto voudrait obtenir un prix plus élevé que celui proposé par l'allemand Bayer, qui a offert 122 euros par action.

Monsanto va rejeter l'offre de rachat à 62 milliards de dollars proposée par l'allemand Bayer. Le numéro un mondial des semences va en effet chercher à obtenir un prix plus élevé, rapporte mardi 24 mai l'agence de presse Reuters citant deux sources proches des débats internes au groupe américain.

Monsanto reconnaît qu'une telle opération présente une logique industrielle et considère qu'elle serait approuvée par les autorités de la concurrence. Il a toutefois aussi confiance dans sa stratégie autonome et estime que ses actionnaires méritent une meilleure offre, ont affirmé ces sources.

Lire: "L'intérêt pour Bayer d'un rachat de Monsanto est la complémentarité des portefeuilles"

Le prix réclamé ignoré

Bayer a formulé une offre à 122 dollars par action. On ignore en revanche quel prix réclamerait Monsanto. Aucun représentant des deux groupes n'a pu être joint dans l'immédiat, précise Reuters.

Mardi, au lendemain de l'annonce de l'offre de Bayer, l'action Monsanto a accentué sa progression à Wall Street, gagnant 2,22% à 108,35 dollars à 10h46 heure locale, tandis que le titre Bayer réduisait ses gains à Francfort, prenant (à 16h46 heure locale) 3,30% à 87,23 euros, alors qu'il était monté un peu auparavant à quasiment 88 euros.

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a écrit le 25/05/2016 à 16:10 :
II/ La filière agro-chimique est en pleine mutation. D'aucuns ont souligné que la France s'était goinfrée avec les subventions agricoles de Bruxelles, ...pas exactement. Si les allemands ont accepté ces fortes subventions à notre agriculture c'est bien parce qu'ils lui vendaient à prix fort des solutions agricoles. Le produit de ces ventes fastueuses est venu soutenir l'industrie automobile allemande qui devenait, dans le même temps, de plus en plus "plastic". La chimie comme on le sait est un vaste monde passerelle. Ces prix élevés ont aussi bénéficié aux grossistes français qui organisaient l'important stockage (les sites font entre 20 et 30 000 m2) avant de revendre aux distributeurs, une douzaine en France, qui plaçaient enfin les produits avec d'autres fournitures auprès des agriculteurs. Les grandes marques agro-alimentaires se chargeant de redistribuer encore via de la publicité et des augmentations de prix qui ont profité tout autant aux diffuseurs et distributeurs. Une petite affaire bien réglée. Las, la fin des quotas de toute nature ainsi que la montée des coopératives, environ 5 milliards de chiffre moyen pour chacune, perturbe cette organisation. Distributeurs et grossistes vont certainement disparaître tandis que l'on se forme un peu partout à augmenter la production surveillée par satellite en consommant moins de produits; des variétés de plantes et des légumes au rendement supérieur de 20% sont par exemple introduites depuis peu. Tout laisse à penser qu'un GIE agro-chimique remplacera bientôt l'action des grands chimistes au moins pour la production de second cycle. On comprend donc fort bien qu'ils se préparent au choc; le groupe Total pourrait même entrer dans la danse. Des sociétés françaises diversifiés montent en puissance, pharma animale, agro-business, les groupes Soufflet, Limagrain, Ceva, In Vivo ou même Lessaffre à 2 milliards de chiffre, sans parler des coopératives, font que la France reprend son agriculture en main. Il était temps, nous venons de nous laisser dépasser par les allemands sur la production de "patates". Un comble.
a écrit le 25/05/2016 à 15:31 :
Monsanto est donné comme compensation au deal Dow-Dupont, l'opération va donc se faire. La seule question est celle du prix, Bayer a-t-il fait l'erreur de proposer trop d'emblée. Pas certain tant l'on sait la limite haute qui ne peut être dépassée sauf à sortir des comparatifs plausibles, certainement à 65 milliards. Pour Bayer la vente de son segment Covestra par exemple pour 20 milliards pose le besoin réel de financement à 45 milliards. La société échangera en quelque sorte un segment de plus de 12 milliards pour en acquérir un de plus de 14 milliards, soit à peu près le quart de son chiffre total. Le reclassement qualitatif de son portefeuille va faire augmenter en 2 ans sa valorisation de 15 milliards qu'il lui sera possible de récupérer en vendant des actions pour émettre des obligations. Un amortissement de l'achat sur 10 ans verra 20 milliards repris de façon classique sur 3-4 ans tandis que les 10 milliards restants le seront par une augmentation tarifaire substantielle qui surviendra sur les deux prochaines années. A 5 ans, ce bloc agro cohérent qui se tassera probablement autour de 25 milliards de chiffre vaudra 108 milliards lors de sa vente à l'autre champion qu'est BASF. Bayer pourra alors accompagner son confrère à hauteur de 20 milliards sous forme de crédit vendeur. Cependant 90 milliards seront occupés à acheter l'autre allemand de la pharma, Boehringer-Ingelheim qui naviguera lui autour de 20 milliards de chiffre. Par ce jeu de billard à 3 bandes l'Allemagne se dotera d'une entreprise pharma de haut niveau, comparable à Sanofi et d'un super champion de l'agro-chimie, plus résistant aux forts mouvements qui agiteront le marché et remettant BASF en selle, le faisant passer d'une rente sur l'or noir qui tend vers l'épuisement à une autre sur l'or blond des campagnes.
a écrit le 25/05/2016 à 10:34 :
suprenant cette affirmation d'une supposée croyance en sa propre capacité alors que le groupe est en perte de vitesse sur le marché des semences et risque bien de voir son produit phare interdit sur le marché européen, sans parler des ogms qui se trouvent de plus en plus positions difficiles même sur le marché américain (super-ravageurs, résistance et baisse de productivité). Intéressant de voir également la débilité du marché: augmentation de l'action sur un simple effet d'annonce dans l'espoir de pouvoir retirer en cas d'achat une vingtaine de dollars par action ou comment par spéculation surévalué une entreprise sur le déclin.

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