Chaque année, la fédération des entreprises du médicament (le Leem) monte au créneau pour fustiger le Projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), et dénoncer le poids financier qu'il fait peser sur l'industrie du médicament. Pour le PLFSS 2017, le lobby pharmaceutique n'a pas changé ses habitudes.
Dans le détail, le nouveau projet de loi projette d'économiser 500 millions d'euros avec la baisse des prix des médicaments. Mais selon le Leem, cela va en réalité beaucoup plus loin :
Ce chiffre compte les baisses de prix prévues sur les médicaments et les génériques (840 millions d'euros), les remises des fabricants, la maîtrise des volumes et des prescriptions médicales et la radiation de certains produits innovants d'un dispositif de financement hors budget hospitalier appelé liste en sus.
Des économies injustes selon le Leem qui assure que l'industrie pharmaceutique a "contribué pour 5 des 10 milliards d'euros d'économies assurés par la sécurité sociale ces trois dernières années".
En outre, le représentant des dirigeants des entreprises du médicament estime que les nouvelles mesures du gouvernement s'attaquent désormais à l'innovation, c'est-à-dire aux nouveaux médicaments, alors que les années précédentes "les économies se faisaient sur les médicaments matures".
"Ces économies sont irréalistes au regard des innovations thérapeutiques sans précédent. Ce PLFSS est l'épilogue de ce qui a été commencé en 2012. Il appuie une dernière fois là où on avait besoin de trouver un souffle lié à l'arrivée des nouveaux produits et des innovations", insiste Patrick Errard.
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Selon le Leem, la mise en place de nouveaux mécanismes de régulation peut nuire à l'innovation des laboratoires pharmaceutiques. Il pointe les nouvelles règles pour les autorisations temporaires d'utilisation (ATU). Pour rappel, ce dispositif permet aux médicaments dits innovant d'être accessible aux patients avant que son prix soit fixé. Le laboratoire pharmaceutique rembourse ensuite la différence à l'Assurance maladie.
Le gouvernement projette de "prolonger l'ATU après l'inscription au remboursement pour une de ses indications, pour les indications restantes", mais également de fixer des limites sur le financement des médicaments sous ATU.
Enfin, le lobby pharmaceutique dénonce un mécanisme de financement à la charge des entreprises, qui exploitent une spécialité pharmaceutique dans le domaine de l'hépatite C les poussant à apporter une contribution financière lorsqu'elles atteignent un certain revenu. Pour rappel, le traitement de l'hépatite C de Gilead, à quelques dizaines de milliers d'euros, lui a permis d'enregistrer autour de 19 milliards de dollars de revenus en 2015.
Point en partie positif, le lobby pharmaceutique voit dans la création du fonds de financement de l'innovation thérapeutique ayant pour vocation de "lisser dans le temps les fluctuations annuelles des dépenses liés à ces innovations" un "début de réponse". Mais le président du Leem émet un bémol :
Pour mieux fustiger les cinq PLFSS "d'une mandature particulièrement pénalisante", le Leem évoque la stagnation des ventes de médicament en 2015 en France (27,8 milliards d'euros). Le président du Leem évoque également les impacts sur l'emploi. Il évoque 11 plans de sauvegarde de l'emploi depuis le début de l'année, avec 1.953 suppressions de postes contre 1.560 l'année dernière.
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Un chiffre à nuancer pourtant. "Environ les trois-quarts de ces suppressions d'emplois concernent des visiteurs médicaux (personne chargée de visiter les cabinets médicaux, les pharmaciens notamment, pour leur présenter des produits pharmaceutiques, NDLR)", conçoit Patrick Errard. Une grande parti de ces suppressions de postes sont dues à un changement de modèle économique.
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