Variole du singe : l'OMS décrète « l'urgence de santé publique de portée internationale »
latribune.fr

38.465 cas de cette maladie ont d'ores et déjà été recensés dans 16 pays africains depuis janvier 2022, pour 1.456 décès.
DADO RUVIC
latribune.fr

38.465 cas de cette maladie ont d'ores et déjà été recensés dans 16 pays africains depuis janvier 2022, pour 1.456 décès.
DADO RUVIC
[Article publié le 14 août 2024 à 16h13, mis à jour à 21h01] L'OMS déclenche son plus haut niveau d'alerte sanitaire au niveau international face à la résurgence des cas de mpox en Afrique ce mercredi. Un total de 38.465 cas de cette nouvelle maladie, anciennement connue sous le nom de variole du singe, ont été recensés dans 16 pays africains depuis janvier 2022, pour 1.456 décès, avec une augmentation de 160% des cas en 2024 comparé à l'année précédente, selon des données publiées la semaine dernière par l'agence de santé Africa CDC.
Seul le chef de l'OMS peut lancer l'urgence de santé publique de portée internationale, sur les conseils d'un comité ad hoc d'experts. Les 15 membres de ce comité ayant participé à la réunion « ont tous » estimé que les critères étaient réunis pour déclarer une urgence de santé publique internationale, a affirmé aux journalistes le président du groupe d'experts, Dimie Ogoina.
L'OMS avait déjà pris une telle décision en 2022, lorsqu'une épidémie de Mpox (portée par le Clade IIb) s'était étendue à travers le monde. L'alerte avait été levée en mai 2023.
Mais l'épidémie actuelle, partie de la RDC et pour l'heure circonscrite en Afrique, a ses spécificités, en premier lieu un virus plus contagieux et dangereux. Elle est, en effet, provoquée par une nouvelle souche découverte en septembre 2023, appelée Clade 1b, transmise entre humains par les lésions qu'elle provoque, en particulier au niveau des parties génitales. Son taux de mortalité est estimé à 3,6%.
Il s'agit d'une mutation du sous-type Clade 1, découvert pour la première fois chez des humains en 1970 dans l'actuelle RDC (ex-Zaïre) et qui se transmettait d'animaux infectés aux humains. La nouvelle mutation qui change le mode de transmission rappelle celle de la souche Clade 2b en 2022 qui s'était propagée à l'extérieur du continent africain, touchant essentiellement des hommes homosexuels et bisexuels. L'épidémie avait fait quelque 140 morts sur environ 90.000 cas.
Dans ce contexte, la Commission européenne a annoncé, ce mercredi, que son Autorité de préparation et de réaction en cas d'urgence sanitaire (HERA) « fournira et fera don de 175.420 doses du vaccin MVA-BN, le seul vaccin contre la variole du singe approuvé par la FDA (l'administration américaine de contrôle des médicaments, ndlr) et l'AEM (l'agence européenne du médicament, ndlr), en réponse immédiate à l'épidémie de variole du singe en Afrique ».
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

« En outre, l'entreprise pharmaceutique Bavarian Nordic donnera 40.000 doses à HERA », précise-t-elle. Soit un total de 215.000 vaccins mis à disposition.
Ces doses seront ensuite distribuées « en fonction des besoins régionaux », par l'Union africaine, Africa CDC (Centres de contrôle et de prévention des maladies du continent), ajoute encore la Commission. Cette dernière précise également que l'« HERA collabore avec la CDC africaine dans le but d'élargir l'accès aux diagnostics et au séquençage de la variole dans la région, avec une subvention de 3,5 millions d'euros prévue pour le début de l'automne ».
De son côté, l'agence de santé de l'Union africaine a déjà activé, mardi, une « urgence de santé publique », également son plus haut niveau d'alerte, lançant un « appel clair à l'action » pour enrayer sa propagation.
« Le mpox a désormais traversé les frontières, touchant des milliers de personnes à travers notre continent (...) J'annonce, le cœur lourd mais avec un engagement indéfectible envers notre peuple, envers nos citoyens africains, que nous déclarons le mpox comme une urgence de santé publique » continentale, a affirmé le président de l'Africa CDC, Jean Kaseya, lors d'une conférence de presse.
(Avec AFP)
latribune.fr