Guerre du gaz : réunion de crise à Bruxelles

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Les représentants de Gazprom, Naftogaz, des gouvernements russe et ukrainien et de l'Union européenne se réunissent ce jeudi à Bruxelles pour discuter des modalités d'une reprise des livraisons de gaz à l'Europe. La dispute gazière affecte les livraisons de 11 pays du Vieux continent en plein hiver.

La dispute gazière entre Moscou et Kiev s'est encore envenimée mercredi avec une paralysie désormais complète du réseau de gazoducs approvisionnant l'Europe - notamment la France - via l'Ukraine. Une situation qui contraint l'Union européenne à durcir sensiblement le ton pour exiger un règlement de la crise.
 

La salle de contrôle du géant russe Gazprom a officiellement donné l'ordre d'arrêter totalement le transit du gaz russe vers l'Europe via l'Ukraine, a rapporté dans la soirée l'agence russe Interfax. Auparavant, le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, avait ordonné à Gazprom de cesser toutes les livraisons de gaz naturel transitant par l'Ukraine pour empêcher le "vol" de gaz russe par Kiev, une accusation réfutée par la partie ukrainienne. Le chef du gouvernement russe a averti que les livraisons de gaz russe transitant par l'Ukraine vers l'Europe reprendraient seulement après un accord sur le déploiement d'observateurs internationaux.


Pour tenter de trouver une issue à la crise, les représentants de Gazprom, de la société nationale ukrainienne Naftogaz, des gouvernements russe et ukrainien et de l'UE se retrouveront jeudi à Bruxelles, afin de discuter des modalités d'une reprise des livraisons de gaz à l'Europe, a annoncé le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Au moins onze Etats européens, dont l'Autriche, la Roumanie, la République tchèque, la Bulgarie et l'Italie, sont désormais privés de gaz russe, tandis qu'une vague de froid glacial sévit justement sur le Vieux continent, avec des températures tombées à -30 degrés dans certains pays.

Pour l'Europe dans son ensemble, le transit du gaz par l'Ukraine est vital au plan énergétique. Un quart du gaz consommé sur le Vieux continent provient de Russie, dont 80% transitait jusqu'ici par l'Ukraine. L'Ukraine et la Russie se sont, à leur habitude, mutuellement rejeté la responsabilité de cet arrêt des livraisons. Logiquement, la coupure a provoqué de vives réactions en Europe : "si les livraisons ne sont pas rétablies d'ici à demain, nous verrons une intervention plus ferme de la présidence et de l'UE (Union européenne) en tant que telle", a déclaré le Premier ministre tchèque Mirek Topolanek, dont le pays préside l'Union européenne pour six mois.
 
"La crise actuelle du gaz est beaucoup plus grave que celle qu'on avait connue en 2005-2006, elle est en quelque sorte inédite", a-t-il affirmé, "les deux pays sont plus agressifs lorsqu'il s'agit de faire valoir leurs intérêts". Selon lui, non seulement les pays d'Europe centrale et des Balkans mais aussi l'Allemagne - principal client de Gazprom au sein de l'UE - "connaîtront des problèmes dans les prochains jours si la situation reste inchangée".


L'exacerbation de la dispute mercredi paraissait être un prélude à la reprise des négociations entre la Russie et l'Ukraine, interrompues depuis le 31 décembre au soir. Mercredi, le président russe, Dmitri Medvedev, a posé des conditions, affirmant que les livraisons de gaz reprendraient seulement si l'Ukraine payait le gaz russe au prix du marché et si des observateurs européens et des sociétés de droit international étaient impliqués dans le processus. Dans une conversation téléphonique avec son homologue ukrainien, Viktor Iouchtchenko, le chef de l'Etat russe lui a également déclaré que l'Ukraine devait payer immédiatement ses dettes gazières et cesser d'empêcher le transit de gaz vers l'Europe, selon un communiqué du Kremlin.
 

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Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
LE GAZ ? Une énergie à éviter --- Les principaux pays producteurs sont des pays imprévisibles, dangereux. Aujourd'hui, pour imposer de fortes hausses des prix, ces pays mettent d'accord et n'hésitent pas à couper l'approvisionnement au moment des plus grands froids dans leurs pays clients; QUE SE PASSERA T-IL SI UN CONFLIT SURVIENT ? Les pays clients seront paralysés économiquement en quelques mois, des pans industriels stratégiques seront "plantés" ... SOYONS RAISONNABLES : REDUISONS DRASTIQUEMENT NOS CONSOMMATIONS DE GAZ et investissons dans les autres énergies.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Pour le moment il n'y a pas beaucoup d'alternatives développées en particulier pour les pays européens de l'ex bloc soviétique qui menacent de remettre en fonction des centrales nucléaires vétustes et vraiment dangereuses. Cet épisode apporte à nos dirigeants la confirmation des analyses de risque et on peut espérer qu'on va investir dans d'autres énergies, si possible propres. Les techniques alternatives existent, il faudrait que les dirigeants arrêtent de protéger certaines compagnies et investissent massivement dans les énergies alternatives.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Y aurait-il sur le site "La Tribune.fr" un régulateur qui aie le courage de censurer des messages du type de celui qu'une certaine Amélie s'est autorisée d'écrire ce 8/01/2009 à 10:51 !
La vulgarité et la bêtise pourraient ainsi se trouver moins à l'aise dans ces commentaires !
D'avance merci.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
@Amélie : Super. Super et trés classe. Dommage, la première phrase était pertinente.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Chers lecteurs,
Le commentaire injurieux avait été validé par erreur. Erreur corrigée. Avec nos excuses.
Continuez à nous lire et à réagir
Olivier Provost, rédacteur en chef de latribune.fr
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Si l'"Europe"ne soutenait pas stupidement l'Ukraine, pour "contrer" l'émergence de la nouvelle Russie, avec son énorme potentiel pour nos industriels (profondes refléxions de nos "penseurs"?...),
le problème du gaz, ou pétrole, russe ne se poserait pas. Les russes ont besoin de l'Europe, et nous de la richesse naturelle de la Russie. Arrêtons donc de soutenir un pays via l'OTAN (russophone historiquement) qui vole ce qui passe par chez lui, alors que le petrole, et gaz, lui coûte moins chère que celui "du marché". Et on cherche "les responsabilités" de cette crise... Stupide.

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