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EDF : risque d'importants retards sur l'EPR de Flamanville

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Publié le 19 janvier 2010 à 03:31 - Mis à jour le 19 janvier 2010 à 03:32

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Selon le Figaro, le chantier du nouveau réacteur nucléaire français EPR d'EDF subit un important retard, d'au moins deux ans. Son coût reste à chiffrer. EDF affirme qu'il s'en tient à son calendrier initial. Un problème qui tomberait en plein bras de fer entre EDF et Areva sur de nombreux sujets. Areva est aussi confronté aux retards de son chantier EPR en Finlande.

Le Figaro indique ce mardi que le chantier du futur réacteur nucléaire français EPR d'EDF à Flamanville est en retard d'au moins deux ans. Il ne serait pas fini avant 2014 au plus tôt contre 2012 initialement prévu. Le nouveau PDG d'EDF, Henri Proglio, voudrait trouver le bon timing pour annoncer aux marchés le surcoût lié à ce retard. EDF affirme pourtant s'en tenir à son calendrier initial. La Tribune avait révélé il y a déjà plusieurs mois que ce chantier ne parvenait pas à tenir son calendrier prévu, tout comme celui de l'EPR de Finlande, premier de la série, mené par son constructeur, le groupe public nucléaire français Areva.

Ce gros problème pour EDF intervient justement en plein bras de fer avec Areva comme la Tribune l'a dévoilé ce lundi avec la question du retraitement du combustible nucléaire usagé, en mal de nouveau contrat entre les deux firmes. Le contrat pluriannuel précédent entre EDF et Areva, qui portait sur environ 800 millions d'euros par an pour le seul retraitement à La Hague, a expiré fin 2008.

Faute d'un contrat pour 2010, l'uranium brûlé dans les centrales nucléaires d'EDF reste actuellement sur les sites de l'électricien au lieu d'être expédié à l'usine Areva de La Hague (Manche) pour être retraité. Anne Lauvergeon, la présidente du directoire d'Areva, invitée sur BFM TV, a déclaré hier : "nous attendons le nouveau contrat et cela fait un peu trop de temps qu'on discute. Il y a eu un arbitrage de l'Etat et on attend que l'arbitrage de l'Etat s'applique. Les transports ne fonctionnent plus en ce moment mais je rappelle qu'EDF a l'obligation légale de traiter l'ensemble de ses combustibles usés à La Hague, ce n'est pas facultatif".

La Tribune a révélé que les deux groupes publics ont suivi un arbitrage de l'Etat fin 2008 en approuvant un accord-cadre pour la période 2008-2040 et les conditions de leur contrat avaient été prolongées par un avenant pour 2009, "le temps de finaliser l'ensemble du contrat", ajoute le quotidien. Mais l'ensemble de l'accord a été remis en cause mi-2009 car EDF et Areva "ne seraient pas d'accord sur le prix" ni sur les volumes traités. "EDF et Areva avaient signé un accord transitoire couvrant 2009 pour sécuriser les opérations industrielles (...) Areva n'a pas souhaité prolonger en 2010 les dispositions transitoires qui prévalaient en 2009 et a interrompu la semaine dernière les évacuations de combustible usé ainsi que les opérations d'approvisionnement", a déclaré un porte-parole d'EDF.

Areva sur tous les fronts

Le sort de l'usine d'enrichissement d'uranium Eurodif d'Areva au Tricastin (Drôme) est également une source de désaccord entre l'électricien public et le groupe nucléaire. Ce dernier pensait en effet pouvoir compter sur les commandes d'EDF pour 2011 et 2012, les deux dernières années d'activité du site avant l'entrée en service du site Georges-Besse II, mais l'électricien public s'est tourné vers le russe Tenex et l'européen Urenco et 500 emplois sont menacés chez Eurodif, selon Areva.

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La tension entre les deux groupes est à son comble d'autant qu'Henri Proglio, en prenant la tête d'EDF, a affirmé vouloir prendre la tête de la filière nucléaire française, rôle jusque là plutôt dévolu à Areva. L'échec du groupe français composé d'Areva, EDF, GDF-Suez et Total à Abou Dhabi face aux Sud-Coréens pour un énorme contrat de réacteurs nucléaires de plus de vingt milliards d'euros, pourtant initialement promis au camp tricolore, n'a rien arrangé, Areva renvoyant la faute sur EDF, accusé d'avoir tardé à se mobiliser sur ce dossier.

Par ailleurs, Anne Lauvergeon a rappelé lundi que "plusieurs investisseurs" étrangers avaient été "sélectionnés" pour participer à l'augmentation de capital d'Areva, dont des fonds souverains, les discussions portant actuellement sur les modalités de l'entrée de ces partenaires potentiels.

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Le plan de financement d'Areva, qui doit lui permettre de garantir plus de 9 milliards d'euros d'investissements d'ici 2012, prévoit l'entrée de partenaires dans son capital à hauteur de 15% par le biais d'une augmentation de capital.  Par ailleurs, la présidente d'Areva déclare dans un entretien au Monde qu'elle ne voit pas de raison à ce stade d'enregistrer de nouvelles provisions pour l'EPR finlandais, dont le chantier subit déjà un retard de trois ans, pour une perte en terminaison évaluée à 2,3 milliards d'euros. "Sur le calendrier et les coûts, nous avons toujours été totalement transparents: des provisions importantes ont été prises. Nous n'avons aucune raison, à ce stade, d'en faire d'autres", déclare Anne Lauvergeon.

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