Les salariés des raffineries Total reprennent le travail, sauf à Dunkerque

Les grévistes ont voté, ce mercredi, la reconduction du mouvement de grève dans la raffinerie de Dunkerque. Dans les autres, les salariés ont voté la fin de la mobilisation.
(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)

La grève est reconduite dans la raffinerie de Total à Dunkerque. Une centaine de salariés réunis devant le site ont voté à main levée, et à l'unanimité, la poursuite de la grève, à l'appel de l'intersyndicale locale Sud (majoritaire), FO et CGT, selon l'AFP.

"Nous ne sommes pas pleinement satisfaits des conclusions de la négociation de mardi qui ne confirme pas le redémarrage de notre outil de travail (...), nous décidons de continuer le combat et de poursuivre la grève démarrée le 12 janvier", a déclaré devant l'AG Patrick Leclaire, délégué FO.

Les salariés grévistes des autres raffineries Total ont finalement annoncé qu'ils suspendent le mouvement. Mais "c'est une suspension, on ne s'interdit pas de repartir. On va être très vigilants au moment du comité central d'entreprise le 8 mars", a précisé Christian Coste au nom de l'intersyndicale CGT-FO-CFDT de la raffinerie de La Mède (Rhône).

Mardi, Charles Foulard, coordinateur de la CGT pour le groupe Total  avait pourtant déclaré :  "La CGT considère que des avancées significatives obtenues par la mobilisation des salariés crée les conditions d'une suspension". Dans les autres raffineries, le mouvement n'a pas repris ce mercredi.

La pression s'est accentuée mardi sur Total alors que le conflit social avec les salariés de ses raffineries en France se poursuit. Après avoir reçu lundi le Président du groupe pétrolier, Thierry Desmaret, Nicolas Sarkozy se serait entretenu mardi matin avec le directeur général Christophe de Margerie. Rien n'a filtré sur cet entretien.

Les discussions entre syndicats et direction ont repris au siège de l'entreprise après avoir été rompues dimanche soir. Sur fond de grève générale dans les raffineries du groupe, les syndicats demandent à la direction de dévoiler ses projets sur la raffinerie de Dunkerque, menacée de fermeture et à l'arrêt depuis septembre, et veulent discuter plus largement de l'avenir du secteur.

Total s'est engagé à ne fermer aucune raffinerie dans les cinq ans, a indiqué Charles Foulard, délégué CGT. Mais cet engagement ne concernerait pas Dunkerque.

De plus, le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, a annoncé l'organisation au deuxième trimestre d'une table ronde sur l'avenir de l'énergie en France, répondant à l'une de revendications principales des salariés en grève dans les raffineries de Total. Charles Foulard avait prévenu : "Il n'y aura pas, quelle que soit l'issue de cette négociation, d'appel à la reprise du travail tant que le gouvernement n'aura pas officialisé l'organisation, bien sûr dans le semestre, de cette table ronde sur l'avenir du raffinage.Ce conflit social majeur, à l'aube d'une pénurie de carburant, naît de la seule conséquence de l'autisme, du mépris de M. De Margerie" (directeur général de Total ).

"Ce que nous attendons du groupe Total, c'est d'avoir une visibilité sur la stratégie de cette entreprise et des engagements sur la pérennité à travers un plan d'investissement sur l'ensemble de nos sites", a déclaré Charles Foulard. Lundi, Total avait déjà fait un geste en avançant au 8 mars la date du comité centrale d'entreprise extraordinaire, initialement prévu le 29 mars. Une proposition qui avait satisfait le syndicat FCE-CFDT mais qui est jugée encore insuffisante par le syndicat majoritaire CGT, d'où la poursuite de la grève.

Sept à dix jours de réserve d'essence

Conséquence de ce mouvement social, les pressions s'accentuent autour d'une menace de pénurie de carburant dans le pays. Le gouvernement français et Total se sont déjà voulus rassurants. 134 stations-service de Total sur 2.576 connaissaient encore une rupture totale ou partielle de leurs stocks mercredi en début d'après-midi, alors que les salariés grévistes des raffineries du groupe commençaient à reprendre le travail, selon un décompte du groupe.

Mardi, dans un entretien sur BFM radio, Jean-Louis Schilansky, président de l'Ufip a assuré que la France disposait encore de sept à dix jours de réserve et a appelé les Français à ne pas céder à la panique. "C'est ça qui peut provoquer le problème. Il faut prendre du carburant quand on en a besoin. Si on accélère le mouvement, si les gens s'affolent, alors ça peut devenir vraiment désagréable. Aujourd'hui, on n'a pas de pénurie, on a autant de carburant qu'on en veut. Mais c'est vrai que si cette situation se prolonge, cette situation tendue va conduire en gros à des problèmes vers la fin de la semaine prochaine" a-t-il expliqué.

Même son de cloche pour le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo, interrogé sur les ondes d'Europe 1. "A cette heure-ci, il n'y a pas de risque de pénurie, nous avons à quelques endroits locaux un peu plus d'une centaine de stations qui sont à sec sur un peu plus de 2.000". Le ministre a appellé au dialogue social et demande à Total de réfléchir à des investissements alternatifs au pétrole et dans les énergies renouvelables.

Retrouvez à ce sujet le dossier de La Tribune de ce mardi "Pourquoi les raffineries ferment".

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Commentaires 5
à écrit le 25/02/2010 à 9:32
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Grâce aux gesticulations des médias (voir les journaux télévisés - 2 en particulier - et de la presse) pour lancer les approvisionnements inutiles de panique, on aura quand même eu quelques stations services en rupture de stock.

à écrit le 24/02/2010 à 17:48
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ce conflit démontre la lutte entre les centrales syndicales et se foutent royalement du peuple

à écrit le 24/02/2010 à 17:45
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En tant qu'ancien PDG d'une PME du BTP de 26 personnes ruiné en 1991 par des grèves inninterrompues de la CGT, je considère aujourd'hui qu'encore plus qu'avant les dirigeant syndicalistes sont devenus des inconscients. La Franve est en ruine, ils en ...

à écrit le 24/02/2010 à 17:29
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Plus que décevant... A quoi a servi cette grève avortée ? C'était paraît-il par solidarité avec la raffinerie des Flandres. Or on ne sait toujours rien sur le sort qui lui est réservée. Mais la CGT a décidé d'arrêter les frais... OU est la solidarité...

à écrit le 24/02/2010 à 16:54
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C'est désormais un fait acquis, le gouvernement recule pour entériner les avantages de ces quelques nantis de la filière raffinage, qui refusent d'évoluer dans leur travail, dans leur mobilité et prennnent en otage un pays, avec son économie, et sa d...

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