Dernières négociations difficiles pour l'augmentation de capital d'Areva

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Le conseil, qui doit approuver l'opération, est reporté de "quelques jours". Mitsubishi serait évincé.

De sources concordantes, l'État a besoin de « quelques jours » supplémentaires pour boucler ses négociations avec les trois investisseurs étrangers : les fonds souverains du Koweit et du Qatar ainsi que le japonais Mitsubishi Heavy Industries (MHI), pressentis pour se partager environ 15 % du capital d'Areva. Le conseil de surveillance du groupe nucléaire, prévu mardi 16 novembre pour approuver l'opération, devrait être décalé au début de la semaine prochaine. « Il reste du temps pour atteindre notre objectif d'aboutir d'ici à la fin de l'année », dédramatisait-on à Bercy. Les difficultés semblent pourtant multiples.

Plus on se rapproche de l'échéance, moins le schéma semble arrêté. En tout cas, les rumeurs dans ce sens augmentent. Ce week-end, plusieurs sources affirmaient que l'industriel japonais MHI ne serait pas présent dans ce tour de table. Pour certains, son entrée serait étudiée dans un second temps, avec celle d'EDF. Pour d'autres, ni le japonais ni EDF n'entreraient au final chez Areva, la mise à l'écart de MHI au dernier moment étant même interprétée comme un lot de consolation donné par le gouvernement au groupe présidé par Henri Proglio.

Ce qui est sûr c'est que MHI se trouve désormais au centre de la bagarre qui fait rage entre Areva et EDF, depuis qu'Henri Proglio a fait part de sa volonté de s'inviter au tour de table du groupe dirigé par Anne Lauvergeon. Très appuyée par l'Élysée (cf La Tribune du 27 septembre), cette ambition d'EDF a cependant fait l'unanimité contre elle.

Manque de visibilité

Tant et si bien que dans l'entourage d'EDF, on glisse désormais que « si cela ne se fait pas, Henri Proglio estime que ce n'est pas dramatique ». En revanche, pas question de laisser l'industriel japonais, concurrent d'Alstom de surcroît, s'immiscer dans « l'équipe de France du nucléaire » qu'Henri Proglio veut plus que jamais diriger. Anne Lauvergeon a de son côté tenté de désamorcer en annonçant la semaine dernière que la participation de ce partenaire industriel d'Areva de longue date, se limiterait à 2 % environ et serait avant tout symbolique. « On n'en est pas à Renault- Nissan », a-t-elle ajouté.

Ces atermoiements finissent par fatiguer les fonds souverains du Qatar et du Koweit qui peinent à avoir une visibilité sur le groupe qu'on veut leur vendre. Et surtout pèsent sur la valorisation d'Areva, L'opération, prévue pour rapporter 3 milliards d'euros, pourrait se boucler autour de 1,5 milliard. Le fonds qatari, qui devrait prendre la part la plus importante et qui demande un siège au conseil, serait encore très réticent sur le prix.

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