Total perdrait plus de 600 millions d'euros dans le raffinage français en 2010

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Pour la deuxième année consécutive, ses activités en France vont être dans le rouge. Le groupe revoit à la hausse l'impact des grèves. La vente de sa raffinerie britannique s'avère difficile.

Malgré les grèves, Total perdra moins d'argent cette année qu'en 2009 sur son raffinage français. « Total devrait perdre plus de 600 millions d'euros cette année », contre 1 milliard l'an dernier, indique à « La Tribune » Patrick de la Chevardière, directeur financier du groupe. La facture finale des grèves, lors du conflit sur les retraites, devrait s'établir entre 130 et 150 millions d'euros, au-dessus des 100 millions estimés fin octobre, ajoute-t-il.

Dans le contexte de surcapacités du raffinage européen, les installations à céder sur le continent ne déplacent pas les foules. Total, qui a mis en vente sa raffinerie britannique de Lindsey il y a plus de six mois, a bien reçu des offres, mais celles-ci restent « perfectibles et toujours en négociation », souligne le dirigeant, qui précise qu'elles n'émanent pas de candidats des pays émergents. Au contraire, Total confirme avoir reçu plusieurs offres pour la vente de son réseau britannique de stations-service.

Quant à d'éventuelles acquisitions auprès de BP, le dirigeant observe que les prix sont trop élevés. « Actuellement il n'existe pas sur le marché d'actif en production ou déjà développé dont le prix de vente soit compatible avec nos objectifs de rentabilité, de 12,5 % à 15 % de retour sur investissements. » La major préfère investir dans des projets en phase de développement, qui lui permettent d'acquérir des barils pour un prix bien moindre.

Efforts dans l'exploration

Pour tordre le cou à sa réputation d'explorateur peu dynamique, Total va en outre intensifier ses efforts en la matière. « Soit en allant chercher plus profondément dans les zones où nous sommes déjà présents, soit en sortant de nos zones usuelles pour aller chercher ailleurs de gros gisements », résume le dirigeant. Au moins 20 % du budget exploration du groupe - 2 milliards d'euros annuels - contre « quelques pour cent auparavant » seront désormais consacrés à ces nouvelles zones. Les permis pris en Mauritanie, en Indonésie ou au Vietnam, reflètent cette volonté.

Patrick de la Chevardière revient par ailleurs sur l'annonce qui a semé la stupéfaction le 15 novembre : la Deutsche Bank pourrait doubler Albert Frère et devenir le premier actionnaire du géant pétrolier en prenant jusqu'à 9,24 % de son capital, grâce à des options d'achat. « Si le marché avait été dès le départ correctement informé, on pourrait en rire », lance-t-il en déplorant que l'Autorité des marchés financiers (AMF) n'ait pas précisé que ces options étaient en fait intragroupes et ne pouvaient pas permettre à la banque allemande d'atteindre ce niveau. Pour l'évolution de l'actionnariat, le directeur financier de Total préfère regarder vers l'Est, nouveau centre de gravité du monde. « Si nous ne sommes pas capables d'attirer des actionnaires asiatiques et moyen-orientaux, nous serons affaiblis. À titre personnel, je ne verrais pas d'inconvénient à accueillir un administrateur de cette zone », ajoute-t-il.

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Commentaires
a écrit le 01/12/2010 à 15:54 :
L'Europe est sans doute en sur-capacité de raffinage, mais la France importe du fioule pour diesel. Les impératifs de Total et ceux de Bercy sont contradictoires! Et je ne parle pas de ceux du ministère de l'emploi. Il serait temps que l'on revienne à une véritable politique industrielle. (une raffinerie alsacienne est sur le point de fermer).

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