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Climat

Climat : un nouvel épisode El Niño est très probable, avec des répercussions potentielles sur le commerce mondial

Photo de Margot Ruault

Margot Ruault

Publié le 02 juin 2026 à 14:19 - Mis à jour le 02 juin 2026 à 14:32

Chaque El Niño est différent, mais il cause souvent des sécheresses dans certaines régions de l'Amazonie, de l'Indonésie et de l'Australie.

Chaque El Niño est différent, mais il cause souvent des sécheresses dans certaines régions de l'Amazonie, de l'Indonésie et de l'Australie.

REUTERS - Feisal Omar

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Selon l'Organisation météorologique mondiale, un nouvel épisode El Niño est probable à 80 % entre juin et août. Après un printemps historique en France, ce phénomène climatique mondial menace de perturber les circuits commerciaux et la production agricole.

La France vient de connaître son printemps le plus chaud jamais enregistré, selon Météo-France. Et l’été pourrait s’annoncer tout aussi caniculaire. Ce mardi, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) a alerté sur le fait qu’un épisode El Niño serait probable à 80 % entre juin et août. Avec un risque d’une augmentation de phénomènes météorologiques extrêmes comme des inondations ou de fortes sécheresses.

« Nous devons nous préparer à un épisode El Niño potentiellement puissant, qui exacerbera la sécheresse et les fortes pluies et augmentera le risque de vagues de chaleur à la fois sur les terres émergées et dans les océans », a prévenu la secrétaire générale de l'OMM, Celeste Saulo, citée dans un communiqué.

Sécheresses et inondations

Selon l’OMM, El Niño est un phénomène naturel qui se traduit par des « fluctuations des températures océaniques dans le Pacifique équatorial, associées à des variations atmosphériques » et a des conséquences sur le climat dans de nombreuses régions du monde. Il se caractérise notamment par une hausse des températures de surface dans le centre et l'est du Pacifique équatorial. El Niño se produit tous les deux à sept ans et dure neuf à douze mois. Le dernier épisode remonte à 2023 et 2024, une période qui avait connu les années les plus chaudes jamais enregistrées.

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Chaque El Niño est différent, mais il cause souvent des sécheresses dans certaines régions de l'Amazonie, de l'Indonésie et de l'Australie, par une perturbation de la mousson indienne ou des précipitations inhabituelles dans les régions tropicales.  Or, des phénomènes climatiques extrêmes comme les sécheresses et inondations peuvent avoir de lourdes conséquences sur les vies humaines.

« Les conditions El Niño jetteront de l'huile sur le feu d'une planète qui se réchauffe. Les impacts seront encore plus forts et ressentis encore plus loin. Ils traverseront les frontières à une vitesse dévastatrice », a alerté le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, dans une déclaration vidéo.

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El Niño risque d'avoir des « effets en cascade »

La cheffe de l'OMM a, par ailleurs, indiqué qu'El Niño aurait des « effets en cascade », avec des répercussions potentielles sur le commerce mondial. Ces effets vont de « la variabilité du climat à l'économie et à la sécurité des populations », a-t-elle déclaré. L'OMM espère que les alertes précoces permettront de mieux orienter les mesures de préparation, en particulier dans les secteurs sensibles au climat tels que l'agriculture, la gestion des ressources en eau, l'énergie et la santé.

« El Niño est susceptible d'affecter l'approvisionnement et les prix des produits alimentaires à l'échelle mondiale et dans les régions équatoriales », indiquait par ailleurs la Banque centrale européenne dans une note parue en 2023. Car le phénomène touche différemment les régions et donc les types de cultures. Les effets sur les rendements sont également différents entre chaque épisode d’El Niño. De quoi rendre difficiles les anticipations sur les prix agricoles.

« Un épisode El Niño normal tend à accroître l'inflation réelle des prix des matières premières d'environ 3 % pendant les 6 à 12 mois suivant son apparition, les produits alimentaires étant les plus fortement touchés », précise la note de la BCE. Toujours selon cette source, les risques de hausse d’un épisode « intense » sont marqués pour le soja, le maïs et le riz. « Tandis que les effets attendus sur les prix sont à la hausse mais négligeables pour le blé et proches de zéro pour le café et le cacao », complète-t-elle.

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Le PDG de Barry Callebaut, fabricant belgo-suisse de chocolat, a tout de même souligné ce mardi les risques d’une hausse de prix des fèves de cacao en raison du phénomène à venir. Lors du dernier épisode, les vents violents et la sécheresse avaient touché les récoltes au Ghana et en Côte d’Ivoire, pays producteurs, rapporte le Wall Street Journal. Ce qui avait alors provoqué la hausse des cours du cacao.

Le phénomène avait été aussi responsable de la sécheresse du canal de Panama, avait provoqué l’interdiction des exportations de riz en Inde et était à l’origine des inondations au Brésil.

Toujours selon le quotidien américain, l’augmentation des températures provoquée par le phénomène météorologique a aussi une incidence sur la consommation d’énergie. Par exemple, la demande de GNL augmente en Asie pour faire fonctionner les climatiseurs. Une situation qui pourrait mettre sous pression l'approvisionnement européen. De quoi ajouter de l'huile sur le feu dans le contexte déjà brulant du blocage du détroit d'Ormuz et de ses conséquences sur l'économie mondiale.

(Avec AFP)

Margot Ruault

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