"Une énergie chère est globalement une bonne nouvelle pour Saint-Gobain"

Pierre-André de Chalendar, patron du groupe de matériaux Saint-Gobain, détaille sa stratégie dans l'habitat durable à basse consommation d'énergie.
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DR (Crédits : REUTERS)

Quel est l'objectif de cette maison qui utilise toutes les solutions du groupe Saint-Gobain destinées à l'habitat durable (voir ci-dessous) ?

En interne, d'abord, cela a permis à des équipes qui n'y étaient pas habituées de travailler ensemble. Cette interaction est plus favorable à l'émergence de solutions nouvelles. À partir de cette expérience dans le logement individuel, nous avons élaboré des offres adaptées au secteur tertiaire : hôpitaux, hôtels, etc. Bien sûr, cette maison est aussi destinée à montrer aux prescripteurs (architectes, artisans, constructeurs de maisons individuelles, promoteurs...) l'étendue et l'efficacité de nos solutions. Enfin, c'est une façon de prendre la parole dans le débat politique, de montrer que nous possédons d'ores et déjà les technologies nécessaires pour construire une "maison 2020" (conforme à la réglementation thermique 2020, donc à énergie positive). C'est une forme de réponse au gouvernement qui a élaboré ces réglementations.

La construction neuve n'est qu'une goutte d'eau dans le parc immobilier, qui se renouvelle très lentement...

En effet, la rénovation de l'ancien, un marché très important pour nos produits, est essentielle pour améliorer les performances énergétiques du parc français. Mais aux enjeux de formation des artisans, encore plus importants que pour le neuf, s'ajoute un problème de financement. L'Allemagne mène des réflexions très intéressantes sur les relations entre bailleurs et locataires pour favoriser le partage des investissements et des économies réalisées grâce à des rénovations. Nous devons y travailler en France aussi.

Quel est l'impact des hausses de prix de l'énergie et des matières premières dans vos résultats financiers ?

Comme je l'avais annoncé en début d'année, la hausse des matières premières pèsera entre 500 et 600 millions d'euros, plutôt dans le haut de cette fourchette. Pour ce qui est de l'énergie, cela accroît nos charges d'exploitation puisque nos procédés industriels sont très consommateurs d'énergie. Mais une énergie chère est globalement une bonne nouvelle pour Saint-Gobain, puisque plus de 30% de notre offre est directement lié à l'efficacité énergétique.

Après la participation de 50% dans l'américain Sage, le spécialiste du verre électrochrome, capable de s'assombrir sur commande, allez-vous poursuivre vos acquisitions dans les technologies vertes ?

Nous avons réuni les brevets que nous possédions déjà et ceux de Sage pour proposer une offre plus pertinente et construisons actuellement ensemble une usine aux Etats-Unis. J'ai fixé un objectif de 25% (contre 20% aujourd'hui) de nouveaux produits dans notre offre d'ici à 2015. Notre recherche et développement (R&D) est très active, et nous envisageons des acquisitions sur des niches technologiques dans l'efficacité énergétique ou le solaire, mais sans jamais nous éloigner de nos métiers.

Dans le solaire, où notre objectif est de 2 milliards d'euros en 2015 [sur 55 milliards de chiffre d'affaires total, Ndlr], nous misons à la fois sur le photovoltaïque et sur le solaire à concentration. Dans ce dernier domaine, il existe plusieurs technologies concurrentes, qui utilisent des miroirs bombés ou plans. Saint-Gobain fournit ces deux technologies, ainsi que de grands receveurs en céramique destinés aux centrales solaires à concentration à tours.

Vous avez renoncé en juin à introduire en Bourse votre pôle historique de bouteilles et emballages en verre Verallia...

Nous avons joué de malchance au niveau du calendrier. A quinze jours près, ça se serait très bien passé, nous avions obtenu un très bon accueil des investisseurs. Mais le lancement de l'opération a coïncidé avec les pires semaines de la Bourse sous l'effet de la crise grecque. Les particuliers ont massivement souscrit à l'offre, mais cela n'a pas suffi. Nous n'avons pas besoin de ce cash, il ne s'agit pas d'une opération financière mais de finaliser notre recentrage stratégique vers l'habitat durable. Donc nous attendrons que le contexte boursier soit plus favorable.

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