Total va renforcer sa présence en Birmanie

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Le groupe pétrolier français s'apprête à prendre une participation dans un nouveau champ gazier en Birmanie. Arguant de l'ouverture politique récente, Total ne se sent plus tenu par son engagement de ne pas faire de nouveaux investissements sur place.

« Nous regardons de près les nombreuses opportunités qui existent dans ce pays. Nous espérons conclure d'ici quelques jours un accord pour prendre une participation sur un permis gazier », annonce à La Tribune Yves-Louis Darricarrère, directeur général de l'exploration-production de la compagnie pétrolière française. Ce sera la première fois que Total investit en Birmanie depuis 1998, date de la fin des travaux - tant controversés- pour construire le gazoduc qui achemine le gaz de son gisement offshore de Yadana vers la Thaïlande.
Total, qui opère ce champ dont il détient 31,2%, et son associé l'américain Chevron (28,3%) sont les deux seuls majors occidentales à extraire des hydrocarbures dans ce pays. L'autre grand gisement offshore de gaz en production, Yetagun, est exploité par la compagnie malaisienne Petronas, associée à des sociétés thaïlandaise et japonaise. En l'absence de groupes occidentaux, de nombreuses compagnies asiatiques (chinoises, indiennes, malaisiennes, coréennes ou thaïlandaise) ont, elles, poursuivi ces dernières années leurs activités de prospection.

Les compagnies asiatiques ont continué à explorer

« Il y a eu beaucoup d'attribution de permis d'exploration. Tout le monde se prépare à l'ouverture de ce pays à grande tradition pétrolière », explique un expert du secteur. La production d'hydrocarbures en Birmanie, qui fut l'un des premiers pays du monde à extraire du pétrole au milieu du XIXème siècle, est désormais constituée à 90% de gaz, essentiellement extrait en mer. La levée, en cours, des différentes sanctions et embargos mis en place par les Etats-Unis, le Japon et l'Union européenne, relance les intérêts des compagnies occidentales.
Total, présente depuis 1992, n'entend visiblement pas se laisser distancer dans cette nouvelle phase. En butte à une très forte contestation internationale, accusée de « travail forcé » et de « complicité d'assassinats » par des ONG et des Birmans, la compagnie française a toujours nié ces accusations et n'a jamais renoncé à sa présence sur place. En 2007, lorsque Nicolas Sarkozy a appelé à un gel des investissements dans le pays, le groupe a déclaré que c'était chose faite. "Total n'investit plus en Birmanie depuis environ dix ans" et "n'a pas prévu d'autres investissements depuis", avait alors déclaré une porte-parole du groupe à l'AFP.

Aung San Suu Kyi a changé son regard sur Total

Le groupe dirigé par Christophe de Margerie s'apprête donc à changer sa stratégie en Birmanie. Il est d'ailleurs désormais adoubé par la chef de l'opposition birmane Aung San Suu Kyi. "Je trouve que Total est un investisseur responsable, même s'il y a eu" des interrogations du temps de la junte militaire, mais "aujourd'hui il est sensible aux questions relevant des droits de l'homme", a-t-elle déclaré en juin dernier à Genève. En 1996, elle n'avait pas le même avis. « Les investisseurs ne devraient pas s'implanter car tout l'argent va à une élite. Je tiens à mentionner la firme française Total qui est devenue le plus fort soutien du système militaire birman. Ce n'est pas le moment d'investir ici", avait-elle déclaré.
Total, et ses associés, ont investi un milliard de dollars pour développer le champ de Yadana, entré en production mi-1998, et construire le gazoduc qui permet d'amener le gaz en Thaïlande où il va alimenter des centrales électriques. Un nouveau puits doit être creusé sur le site cette année.

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a écrit le 30/08/2012 à 8:31 :
"Arguant de l'ouverture politique récente" comme s'ils s'en préoccupaient..
Réponse de le 30/08/2012 à 8:52 :
@bob44: cela me rappelle ceux qui pensent qu'en votant untel ou untel, les choses vont changer pour eux :-) oubliant qu'on a pas d'amis, mais uniquement des intérêts personnels :-)
Réponse de le 30/08/2012 à 9:10 :
@Patrickb c'est bien pourquoi la politique de nos démocratie, qui n'est en fait que représentative (réalisé par des professionnels politiuqes) doit revenir à la base de la démocratie à savoir la démocratie Athénienne : mandat unique, tirage au sort, sanction (jusqu'a emprisonnement) en cas de fraude ou de corruption. De cette manière on empêche uen oligarchie et les interêts personnels de triompher comme c'est le cas dans toute les démocraties occidentales.
Réponse de le 30/08/2012 à 9:54 :
Tres juste mais par qui faire virer ces lois ?. Deja la moitier de la gauche veut conserver son cumul de mandat alors qu'ils le critiquaient tous avant
Réponse de le 30/08/2012 à 10:25 :
"Tres juste mais par qui faire virer ces lois ?" la rue car évidemment on ne peut pas espérer d'un parti qu'il se tire une balle dans le pied..
Réponse de le 30/08/2012 à 15:18 :
@bob44: représentative de qui et de quoi ? Ils sont tous élus avec environ 25% des voisx des inscrits (le 2e tour ne compte pas puisque les gens votent contre l'autre, blanc ou s'abstiennent du fait que leur poulain a disparu). Ils ne représentent donc, à mon humble avis, que leur parti et quelques hurluberlus qui pensent qu'on se soucie d'eux :-)
a écrit le 30/08/2012 à 7:18 :
Ils changent tous leur fusil d'épaule quand c'est leur tour d'en croquer :-)

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