Batho et Fabius prônent une "politique européenne de l'énergie"

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Les deux ministres co-signent une tribune pour promouvoir la construction d'une Europe de l'énergie, alors que le débat sur la transition énergétique en France vient d'être reporté pour la seconde fois.

"La coopération énergétique doit trouver sa place dans les partenariats stratégiques que nous bâtissons avec nos principaux partenaires" affirment Delphine Batho et Laurent Fabius dans leur tribune intitulée "L'Europe doit retrouver une vraie politique de l'énergie" publiée ce vendredi dans Les Echos.

Les deux ministres français rapellent que la toute première communauté européenne créée en 1952, la Ceca (Communauté européenne du Charbon et de l'Acier), était basée sur l'énergie. Elle rassemblait six nations et avait en effet pour but de rendre une nouvelle guerre entre l'Europe et la France "non seulement impensable mais aussi matériellement impossible" comme disait Robert Schuman lors de l'un des discours fondateur de l'union politique européenne en mai 1950. "Le moment est venu de renouer avec cette intuition fondatrice pour construire une politique européenne de l'énergie à la mesure des enjeux du XXIè siècle" écrivent aujourd'hui Delphine Batho et Laurent Fabius.

18 mois pour programmer des investissements

Et avancent : "si la tendance actuelle se poursuit, la demande énergétique mondiale pourrait doubler à l'horizon 2050 (...) en Europe, la dépendance à l'égard des importations atteindrait alors jusqu'à 90% !" Dès lors, ils considèrent que la réponse à apporter doit être commune et coordonnée à l'échelle du continent. "Ces enjeux ont une dimension continentale. La réponse doit être européenne", préviennent-ils. Les deux responsables politiques se fixent dix-huit mois pour identifier les besoins en investissement pour édifier de "grands travaux d'infrastructures". Il proposent notamment de créer une droit d'accès à l'énergie "à un prix raisonnable par la mise en place d'un véritable service public", de valoriser les énergies renouvelables davantage et de renforcer les programmes de recherche et d'innovations spécifiques au secteur.

En France, les différents scénarios de la transition énergétique vers moins de nucléaire et de gaz à effet de serre seront présentés d'ici à février dans le cadre du grand débat organisé par le gouvernement, a précisé jeudi Delphine Batho. Mais ce débat s'annonce mal engagé, puisqu'à peine connue, la composition de son comité de pilotage a fait l'objet de vives critiques au point que certaines ONG s'interrogent sur le maintien de leur participation. La première réunion de la Commission nationale sur la transition énergétique (CNTE) qui devait se tenir le 20 novembre vient d'ailleurs d'être reportée à une date encore non déterminée. L'objectif des discussions sera de répondre à une question délicate : comment réduire la part du nucléaire de 75% à 50% d'ici 2025, comme l'a promis François Hollande pendant sa campagne ?

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Commentaires
a écrit le 19/11/2012 à 11:08 :
Il faudrait s'associer aux Allemands pour faire une transition énergétiques vers les ENR. Seules énergies d'avenir. Quitte comme eux à s'appuyer sur les fossiles voir le gaz de schiste le temps de la transition et pour baisser le coût de ces nouvelles énergies. Ca permettrait de faire baisser la dépendance énergétique de la France, d'améliorer la balance commerciale. Et d'éviter de finir comme les Japonais ou les Ukrainiens.
a écrit le 18/11/2012 à 9:43 :
Vu le nombre de fermetures d'usines sur les prochaines années, la production des centrales nucléaires suffira pour atteindre les 100% de production d'électricité. Par exemple, l'usine d'aluminium Rio Tinto de Saint Jean de Maurienne consomme autant d'électricité que la ville de Lyon et elle est menacée de fermeture !
a écrit le 16/11/2012 à 18:04 :
"comment réduire la part du nucléaire de 75% à 50% d'ici 2025, comme l'a promis François Hollande pendant sa campagne ?" Oui, c'est sûr que c'est délicat, parce que déjà, son mandat se termine en 2017 puis la droite reviendra. De plus, Fessenheim n'est pas encore fermée: il faut cinq ans pour fermer une centrale, et chez moi, 2016+5=2021, soit après le mandat de François Hollande. Enfin, même si elle fermait, l'EPR de Flamanville remplacera quasi-entièrement ses 1800MWé, alors la part du nucléaire, nous ne sommes pas près de la voir baisser, et tant mieux! Elle aura même tendance à augmenter après 2017.

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