Eolien en mer : le gouvernement attribue deux parcs à GDF Suez

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GDF Suez, en partenariat avec le portugais EDP Renewables et le français Neoen Marine, s'appuiera sur une nouvelle turbine de 8 mégawatts (MW) développée par Areva pour construire 124 éoliennes au large du Tréport (Seine-Maritime) d'une part, de l'île d'Yeu et de Noirmoutier (Vendée) d'autre part pour une capacité totale de 1.000 MW, équivalant à la puissance d'un réacteur nucléaire
GDF Suez, en partenariat avec le portugais EDP Renewables et le français Neoen Marine, s'appuiera sur une nouvelle turbine de 8 mégawatts (MW) développée par Areva pour construire 124 éoliennes au large du Tréport (Seine-Maritime) d'une part, de l'île d'Yeu et de Noirmoutier (Vendée) d'autre part pour une capacité totale de 1.000 MW, équivalant à la puissance d'un réacteur nucléaire (Crédits : Leo-setä)
Le consortium emmené par GDF Suez a remporté l'appel d'offres pour la construction et l'exploitation d'éoliennes au large du Tréport et de Noirmoutier, a annoncé mercredi la ministre de l'Ecologie et de l'Energie, Ségolène Royal.

Bonne nouvelle pour GDF Suez. Le ministère français de l'Ecologie et de l'Energie a attribué au consortium mené par le groupe le deuxième appel d'offres sur l'éolien en mer, qui porte sur la construction de deux parcs au large des côtes françaises, a annoncé mercredi la ministre Ségolène Royal.

Un coût de 4 milliards d'euros

GDF Suez, en partenariat avec le portugais EDP Renewables et le français Neoen Marine, s'appuiera sur une nouvelle turbine de 8 mégawatts (MW) développée par Areva pour construire 124 éoliennes au large du Tréport (Seine-Maritime) d'une part, de l'île d'Yeu et de Noirmoutier (Vendée) d'autre part pour une capacité totale de 1.000 MW, équivalant à la puissance d'un réacteur nucléaire, pour un coût total de 4 milliards d'euros.

Pour ce deuxième appel d'offres lancé en France pour des éoliennes en mer, ce consortium était face à un autre emmené par EDF. EDF Energies nouvelles, en partenariat avec l'allemand WDP offshore, avait proposé une turbine développée par Alstom d'une puissance de 6 MW.

Une course très serrée

"Je souhaite que nous puissions disposer d'une capacité de production électrique en mer de 6.000 MW en 2020, ce qui permettra de couvrir 3,5% de notre consommation d'électricité", a déclaré Ségolène Royal lors d'une conférence de presse, contre 3.000 sur les appels d'offres attribués à ce jour. Et d'ajouter:

"Ma volonté est de faire en sorte que la France soit une des premières puissances écologiques d'Europe, elle en a les moyens, la capacité, les compétences"

Interrogée sur les raisons du choix de GDF Suez, Ségolène Royal a souligné que la course avait été serrée et qu'elle avait suivi l'avis de la Commission de régulation de l'énergie. Le consortium emmené par GDF Suez misait surtout sur sa turbine de 8 MW - contre six pour celle d'Alstom -, qui permettra d'implanter 30 % d'éoliennes de moins que son concurrent, pour une production d'électricité équivalente.

Elles seront donc plus éloignées les unes des autres, ce qui facilitera les possibilités de navigation pour les pêcheurs, et le nombre réduit d'éoliennes permettra aussi de ramener leur délai de fabrication de deux ans, selon GDF-Suez, et donc d'accélérer la mise en service des parcs vendéen et normand.

EDF gagnait en 2012

Au printemps 2012, un consortium emmené par EDF et Alstom avait été le grand gagnant du premier appel lancé par l'Etat pour une capacité totale de 2.000 MW, remportant trois champs d'éoliennes sur les cinq mis aux enchères, un quatrième ayant été attribué à l'espagnol Iberdrola et Areva.

Les trois champs d'éoliennes de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), Fécamp (Seine-Maritime) et Courseulles-sur-Mer (Calvados) de l'appel d'offres remporté par EDF et Alstom doivent générer selon les entreprises 7.000 emplois.

6.000 emplois mobilisés

Le PDG de GDF Suez, Gérard Mestrallet, a cité pour sa part le chiffre de 6.000 emplois mobilisés dans la conception et la construction et "1.000 personnes - 500 emplois par zone - pendant au moins 20 ans pour l'exploitation et la maintenance" pour les champs d'éoliennes attribués ce mercredi.

GDF Suez lancera une émission obligataire pour financer le projet, a-t-il dit, sans en dévoiler pour l'instant le montant. La construction des éoliennes et leur mise en service progressive devrait intervenir entre 2021 et 2023.

Luc Oursel, président d'Areva, a quant à lui estimé à 30.000 MW le potentiel de construction d'éoliennes en mer en Europe.

 

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a écrit le 09/05/2014 à 1:04 :
Calculé en moyenne sur vingt ans, le coût de production de l'électricité éolienne est compris entre 63 €/MWh et 77 €/MWh (valeurs 2013). Ce qui est nettement moins cher que l'électricité nucléaire du réacteur EPR de Flamanville, mais aussi de celle d'hypothétiques réacteurs EPR "de série". Pour le nucléaire en tenant compte du coût du capital investi (mais hors coûts de démantèlement et stockage très longue durée et bien sûr risques qui feraient "exploser" le bilan déjà négatif), avec un coût de construction de 8,5 milliards d'euros annoncé en décembre 2012, le coût du capital devient 89 euros dans le coût du MWh, soit un coût de production total de 107 euros/MWh (89+18) ou de 10,7 c€/kWh
Réponse de le 09/05/2014 à 1:43 :
Exact et en plus en pratique les éoliennes durent 25 à 30 ans voire plus donc le bilan est encore meilleur et si le nucléaire dure un peu plus longtemps il voit ses coûts augmenter fortement dans le temps et notamment après 30 ans, donc le bilan reste dans tous les cas favorable à l'éolien qui est bien plus industrialisable que le nucléaire, raison pour laquelle il se développe bien plus vite dans le monde entier.
Réponse de le 09/05/2014 à 2:15 :
Toujours dans l'idéologie sans sources tout en occultant les productions d'électricité alternatives CONTINUES tel que gaz, charbon, pétrole...
Réponse de le 09/05/2014 à 9:46 :
Vous etes amusant, pour connaitre ses source il suffit d'aller sur le site de la CRE, quant au prix du nuke type EPR, il suffit de rechercher 'EPR+Hinkley' sur la Tribune.
Mais n'hesitez pas a nous expliquer en quoi ces chiffres sont ideologique, je suis curieux.
a écrit le 08/05/2014 à 19:14 :
Encore une fois les politiques (et les journalistes …) ne sont pas clairs dans leurs annonces : « Cocorico, la France championne de l’écologie et des emplois par milliers ». On oublie de préciser que toutes les solutions en particulier Areva sont conçues et fabriquées en Allemagne, comme d’habitude. Il nous reste les emplois d’assemblage sur site et la maintenance. Donc que des jobs de Services et notre balance commerciale va encore se détériorer et nos emplois aussi.
Réponse de le 09/05/2014 à 1:16 :
Même si toute la construction des éoliennes avait lieu en France, ce ne sont pas des "exportations" donc çà ne change rien à la balance commerciale. Il y a une part importante réalisée en France + l'entretien et services durables, c'est déjà bien pour les emplois et çà réduit les importations de gaz et pétrole pour une énergie de moins en moins chère au fil du temps puisque la ressource, le vent, est gratuite. En plus c'est moins cher que le nucléaire tous frais compris, nettement moins risqué et çà s'exporte plus facilement. Enfin les crustacés donc poissons etc se multiplient aux abords des éoliennes comme c'est constaté partout ! Le choix est donc assez pertinent.
a écrit le 08/05/2014 à 10:47 :
A peine... Si vous lisez bien les chiffres de la ministre, l'objectif de 6 000MW couvrira 3.5% de nos besoins. Si on construisait 6 000MW de nucléaire, pour un coût équivalent, cela couvrirait en gros 7.5% de nos besoins... L'idéologie prime sur l'économie.
Réponse de le 08/05/2014 à 12:17 :
Le vrai coût du nucléaire, on ne le connait pas vraiment. On ne sait pas aujourd'hui quel est le coût du démantèlement.Et le coût d'un accident majeur, n'en parlons pas.L'idéologie n'est pas du côté que vous croyez.
Réponse de le 08/05/2014 à 18:51 :
@Jeannot Lapin

Ce n'est pas comme si il était impossible de produire de l'électricité à partir de gaz, pétrole ou charbon... De quel côté est l'idéologie je me le demande bien!
Réponse de le 09/05/2014 à 2:01 :
Dans les appels d'offre notamment en Amérique latine, l'électricité éolienne est moins chère y compris par rapport au gaz pourtant peu cher donc remporte ces appels d'offres. Il est en de même en Inde y compris pour le solaire comparé au charbon. La Russie, pays pétrolier et gazier par excellence, se met aux subventions au solaire, l'exmple américain du gaz de schiste a montré que malgré les prix de ce gaz l'essor de l'éolien et en particulier du solaire a été nettement plus fort. Je ne parle même pas de l'Arabie Saoudite qui se met à fond depuis plusieurs années dans les éenrgies renouvelables pour préserver sa ressource. Voir encore nouvelle de ces jours-ci : Etats-Unis. For the first three months of 2014, renewable energy sources (i.e., biomass, geothermal, solar, water, wind) accounted for 92.1% of the 1,150 MW of new domestic electrical generating installed. Clean Edge News
a écrit le 08/05/2014 à 10:08 :
Maintenant que le choix est fait, pourquoi l'Etat ne revele pas les offres? Que l'on puisse verifier si GDF est effectivement la meilleure, notamment en termes de prix de rachat. Par ailleurs, leur eolienne de 8 MW n'existe que sur le papier...
Réponse de le 08/05/2014 à 12:21 :
Dans le monde industriel,un prix ne veut rien dire.C'est une donnée partielle. Ce qui compte, c'est le coût de possession qui englobe tous les paramètres du cycle de vie.
a écrit le 08/05/2014 à 9:56 :
".... pour une capacité totale de 1.000 MW, équivalant à la puissance d'un réacteur nucléaire."
Ils ont vu ça où, la Tribune ??? Un réacteur nucléaire produit en moyenne 85 à 90% du temps, alors qu'une éolienne terrestre tourne plutôt 25% du temps et une éolienne offshore 45% dans le meilleur des cas. Donc on a là que l'équivalent de 45% d'un réacteur nucléaire si tout va bien...
Réponse de le 08/05/2014 à 10:52 :
"Pierre",vous avez certainement raison sur la disponibilité des parcs nucléaires et éoliens mais j'apporterai un bémol à vos propos : faut-il être dépendant de Dame NATURE ou de pays étrangers qui ne sont pas toujours des symboles de DEMOCRATIE ? A titre perso je préfère dépendre de la NATURE sachant que le vent,le soleil sont peut-être fluctuants mais également PREVISIBLES !en plus simple , nous savons à l'avance les prévisions climatiques qui doivent nous permettre de nous y adapter !Au fait ,le premier fournisseur en uranium de la maison France est le Niger situé dans une région très instable qui s'appelle le sahel où plusieurs milliers de soldats Français stationnent et ...meurent
Réponse de le 08/05/2014 à 18:48 :
@BIOMAN

Ouvrez la bouche en l'air, sait-on jamais de l'eau pourrait tomber... ;-)
Réponse de le 08/05/2014 à 19:05 :
"Michel",ça tombe bien ! Il pleut sur notre région (Nord) et nous récupérons l'eau de pluie ! C'est gratuit ,écologique sans dépendre des multinationales de l'eau et de leurs actionnaires ...
Réponse de le 09/05/2014 à 0:23 :
@BIOMAN

L'eau de pluie est collectée dans les nappes phréatiques et ce la n'a aucun rapport avec une quelconque multinationale... et pour information l'eau est TOUJOURS gratuite. C'est sa distribution qui est facturée!
Réponse de le 09/05/2014 à 1:29 :
Le taux de disponibilité des centrales est souvent de 62% avec la maintenance donc la moyenne baisse. Dans vos comparaisons vous oubliez le coût important du capital immobilisé pour le nucléaire, le coût de plus en plus élevé de la ressource, de plus en plus difficile à importer avec les risques pays et éventuelles armées à mobiliser pour assurer un approvisionnement (Niger, Mali, Ukraine, Russie etc), le démantèlement très cher, le coût du stockage ultra longue durée, le coût très élevé des risques. Si vous intégrez ces données, l'éolien est moins cher et nettement moins risqué et le réseau intègre 45% d'intermittence en l'état actuel, on en est très loin.
a écrit le 08/05/2014 à 2:01 :
"Interrogée sur les raisons du choix de GDF Suez, Ségolène Royal a souligné que la course avait été serrée et qu'elle avait suivi l'avis de la Commission de régulation de l'énergie."

Elle va nous faire croire que le choix de l'attribution d'un marché public n'est pas politique...

"Le consortium emmené par GDF Suez misait surtout sur sa turbine de 8 MW - contre six pour celle d'Alstom -, qui permettra d'implanter 30 % d'éoliennes de moins que son concurrent, pour une production d'électricité équivalente."

Quid du coût de revient?

"GDF Suez lancera une émission obligataire pour financer le projet, a-t-il dit, sans en dévoiler pour l'instant le montant."

Les français seront encore une fois mis à contribution par une participation de l'état.
Réponse de le 08/05/2014 à 9:51 :
"Les français seront encore une fois mis à contribution par une participation de l'état."

Euh, ben non : GDF Suez, compagnie privée, va lancer une émission obligataire comme le font de nombreux groupes privés régulièrement. Et ces emprunts seront souscrits par les gestionnaires d'assurance-vie ou de plans épargne retraite tout à fait privés, comme d'habitude...
Réponse de le 09/05/2014 à 1:37 :
Pierre a raison. Par ailleurs les "green bonds" tel que les emprunts émis dans le cas présent par GDF/Suez c'est très prisé, le rendement est bon, vous en avez sans doute dans vos sicav/fcp ou sinon vos caisses de retraite en ont donc vous en bénéficiez aussi sans le savoir.
a écrit le 07/05/2014 à 22:37 :
Bonne nouvelle pour l'industrie francaise, AREVA et Alstom mais retenez bien ceci : le kWh eolien marin est remunere 17 c€, ce qui va faire grimper la CSPE payee par tous les clients EDF de beaucoup. Ce qui ne me derange pas au demeurant.
Réponse de le 08/05/2014 à 12:26 :
Rien n'est gratuit dans ce bas monde et quoiqu'on fasse. D'ailleurs ne rien faire pourrait coûter encore plus cher.
Réponse de le 09/05/2014 à 1:33 :
Les subventions diminuent vite au fil du temps. En Espagne entre autres le solaire par exemple est désormais taxé. Le choix du nucléaire coûterait plus cher tous frais compris. Le choix qui a donc été fait est globalement pertinent.

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