Le géant allemand E.ON prend le virage des énergies renouvelables

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Johannes Teyssen, patron du groupe de l'énergie allemand, veut tirer parti des opportunités de croissance qui naissent de la recomposition du secteur énergétique.
Johannes Teyssen, patron du groupe de l'énergie allemand, veut tirer parti "des opportunités de croissance qui naissent de la recomposition du secteur énergétique". (Crédits : Reuters)
E.ON a annoncé dimanche soir une cession géante de plusieurs milliards d'euros de dépréciations, et une réorientation stratégique qui le verra tourner progressivement le dos à ses activités de production conventionnelle d'électricité.

"Le modèle d'E.ON d'un large éventail d'activités ne correspond plus aux nouveaux défis". Dans un communiqué publié dimanche 30 novembre, le patron du groupe allemand de l'énergie, Johannes Teyssen, a évoqué un repositionnement radical de son entreprise qui entend tirer parti "des opportunités de croissance qui naissent de la recomposition du secteur énergétique". Elle va désormais se concentrer sur "les renouvelables, les réseaux et les solutions pour les clients".

Scission en deux sociétés

Les activités traditionnelles de génération d'électricité -au gaz, au charbon et par le biais des centrales nucléaires allemandes qui lui restent-, de négoce d'énergie et d'exploration seront réunies dans une société séparée, dont les actionnaires d'E.ON auront la majorité. La scission doit être effective en 2016. Durant l'année 2015, E.ON "va préparer les conditions pour une mise en Bourse de la nouvelle société". L'une et l'autre société "auront une assise financière solide, préserveront les emplois et à terme en créeront de nouveaux", assure E.ON.

Le groupe a également fait part de la cession à l'Australien Macquarie de ses actifs en Espagne et au Portugal pour 2,5 milliards d'euros, largement anticipée. De nouvelles cessions feront partie intégrante de sa mue: la vente des actifs d'E.ON en Italie -sur laquelle la presse spécule depuis déjà plusieurs mois- est ainsi à l'étude, et le groupe "examine les options stratégiques" pour ses activités d'exploration en mer du Nord.

Difficultés persistantes du groupe

Des dépréciations de 4,5 milliards d'euros au quatrième trimestre 2014 du fait de "conditions de marché modifiées" témoignent des difficultés persistantes du groupe, victime comme ses pairs européens de la transition énergétique et des prix du courant au plus bas sur les marchés de gros.

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Commentaires
a écrit le 01/12/2014 à 23:05 :
E.ON s´inspire de la stratégie des grandes banques : on écarte les produits pourris et empoisonnés (centrales au charbons, centrales nucléaires etc) et on les recasent dans une «bad bank » , laquelle tôt ou tard fera faillite.
Et qui alors paiera les frais de démentellement ? Les clients de Lehman Brothers vous font un petit coucou !!
Réponse de le 02/12/2014 à 10:43 :
Et oui vous avez compris le montage, l'Etat c'est à dire nos impôts et notre dette publique devra assumer les coûts de démantèlement. Et ne vous leurrez pas ça sera pareil en France ; sauf que nous avons beaucoup beaucoup plus de centrales...
a écrit le 01/12/2014 à 21:57 :
le montant des provisions pour le démantèlement des quelques centrales nucléaires dans le seul bilan d'E-ON (et on ne parle pas des autres RWE, Wattenfall etc) est de 14 milliards d'euro. Pas moins. Qu'on se le dise chez EDF.
a écrit le 01/12/2014 à 12:36 :
Les grands producteurs d'électricité allemands ont été mis à mal par la politique de marche forcée vers les renouvelables. Ces mesures annoncent le démantèlement pur et simple d'un des grands industriels du secteur.
a écrit le 01/12/2014 à 12:07 :
miser sur les énergies renouvelables subventionnées est une erreur stratégique de première grandeur, le risque de baisse ou annulation des subventions est potentiellement mortel
Réponse de le 02/12/2014 à 10:40 :
On en reparle dans 15 ans, quand la France sera engluée dans les coûts de démantèlement des centrales nucléaires et que l'Allemagne aura changé son approvisionnement de manière progressive, crée des milliers d'emplois et développer des champions industriels compétitifs... qui viendront nous vendre leurs produits...
Réponse de le 02/12/2014 à 12:07 :
çà me fait doucement glousser le truc " énergie renouvelable subventionné ".... le nucléaire il est pas subventionné peut-être ? il serait même archi subventionné, quand les factures d' enfouissement et de démentellement vont être présenter on va en entendre couiner grave. si j' étais vous je prendrais quelques actions de ce nouvel e.on, çà me semble judicieux.. les allemands comme toujours plus intelligents que les français, çà vous étonne ?
a écrit le 01/12/2014 à 11:51 :
On imagine le tolle si EDF ou GDF n'avait declare que la moitie d'Eon!
a écrit le 01/12/2014 à 11:40 :
toute les changements economiques deplace les idees des grands de ce Monde? CA VA DANS LE BON SENS???

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