Comment Belenergia veut devenir un champion du biogaz en France

LA FERTÉ-SAINT-AUBIN (LOIRET). Le groupe européen de production d’énergie renouvelable ouvrira en septembre son premier site français de traitement des déchets organiques dans le Loiret. Belenergia, implanté essentiellement en Italie, table d’ici à 2025 sur une position de premier plan dans l’Hexagone en matière de biogaz.

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A partir de la méthanisation de déchets, Belenergia compte à terme produire aussi du gaz naturel liquéfié (GNL) pour alimenter les flottes de poids lourds. Ici, l'unité de Candela en Italie.
A partir de la méthanisation de déchets, Belenergia compte à terme produire aussi du gaz naturel liquéfié (GNL) pour alimenter les flottes de poids lourds. Ici, l'unité de Candela en Italie. (Crédits : Reuters)

Repris par Belenergia, l'ancien méthaniseur Sologne Biogaz, situé à La Ferté-Saint-Aubin près d'Orléans et fermé depuis un an, redémarrera en septembre avec cinq collaborateurs dans un premier temps. Le groupe de Vincent Bartin annonce un investissement de 4 millions d'euros dans cette usine qui traitera annuellement 25.000 tonnes de déchets organiques.

Compte tenu de la proximité de la Beauce, la matière sera majoritairement constituée de résidus des cultures agricoles et de l'industrie agro-alimentaire. La nouvelle unité sera également en mesure de valoriser les déchets ménagers des collectivités et des particuliers. Dans le viseur, un objectif de production de 5 gigawatts (GW) d'électricité par an, obtenue à partir du biogaz. Le processus de raffinage du biogaz permet par ailleurs de générer du bio-méthane utilisé dans les réseaux de gaz de GRDF pour la consommation des foyers, notamment pour le chauffage.

D'ores et déjà, Belenergia anticipe un agrandissement de l'usine actuelle du Loiret en 2023 via un investissement financier équivalent de 4 millions d'euros. De plus, le groupe est en négociations avancées pour reprendre deux autres unités de méthanisation dans la Sarthe près du Mans, ainsi que dans la région lyonnaise.

« Nous attendons les autorisations gouvernementales nécessaires, précise Vincent Bartin, président de Belenergia. L'objectif du groupe est d'opérer 3 sites en France à l'horizon fin 2023 ».

A la clé, le traitement à terme de 300.000 à 500.000 tonnes de déchets organiques dans l'Hexagone, avec des effectifs censés atteindre 30 salariés en 2025 sur ce segment.

Contexte géopolitique favorable aux énergies renouvelables

Fondé en 2013 par Vincent Bartin, à la suite de la vente de son propre groupe Bartin Recycling à Véolia en 2008, Belernergia réalise 40% de son activité dans la méthanisation des déchets. Le reste de la production d'énergie renouvelable est issu du solaire (40%) et de l'éolien (20%).

En 2021, le groupe a réalisé 40 millions d'euros de chiffre d'affaires et emploie une centaine de salariés, majoritairement en Italie. Belenergia, qui opère 6 usines dans la botte, est ainsi devenu l'un des premiers acteurs de la valorisation des déchets organiques du pays.

L'arrivée chez Belenergia du fonds britannique Schroders Capital fin 2021, qui a injecté 60 millions d'euros et a pris 28% du capital, lui ouvre des perspectives de développement en France, mais aussi en Europe, sur le segment de la méthanisation. Le groupe table ainsi quelque 30 unités de traitement des déchets employant 200 personnes à l'échelle du continent en 2030. A cette échéance, Belenergia espère produire du bio-méthane représentant l'équivalent de la consommation annuelle de 150.000 foyers européens

Le contexte de réchauffement climatique, mais aussi international avec le conflit ukrainien et les menaces qui pèsent sur l'approvisionnement en gaz russe, constitue un levier pour les énergies renouvelables, notamment le bio-méthane.

Alors que la France dépend aujourd'hui à plus de 95% des importations pour sa consommation gazière, le gouvernement de Jean Castex a fixé un objectif de 17% de production nationale, si possible verte, en 2030. Des perspectives de croissance qui confortent Belenergia dans son choix d'accélérer sur la valorisation des déchets organiques. Son objectif, plutôt ambitieux, est ainsi d'atteindre 100 millions d'euros de recettes d'ici trois ans.

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