Quelles perspectives pour le carburant au colza ?

PITHIVIERS (45). L’utilisation du carburant à base de tourteaux de colza se développe de façon exponentielle au sein des flottes sédentaires ou captives de poids lourds (à la différence des parcs de poids lourds routiers). Le principal producteur français Avril, qui vient de signer un nouveau contrat avec Veolia dans le Loiret, estime que ce carburant alternatif au diesel équipera 5% des véhicules concernés d’ici fin 2023.

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Biodégradable et issu de colza 100% made-in-France, l'Oleo 100 se pose en alternative du gazole pour les acteurs des déchets comme Veolia.
Biodégradable et issu de colza 100% made-in-France, l'Oleo 100 se pose en alternative du gazole pour les acteurs des déchets comme Veolia. (Crédits : Reuters)

Veolia, en charge de la collecte des déchets de la sous-préfecture du Loiret Pithiviers, testera fin octobre l'utilisation de carburant au colza de la marque Oléo 100 sur six de ses bennes à ordures ménagères. Fabriqué depuis 2019 par Saipol, filiale du groupe agro-alimentaire Avril qui opère dans cinq usines de production en France, ce carburant vert possède deux vertus principales face au gazole fossile. Il réduit d'une part de 60% les émissions de gaz effet de serre. D'autre part, Oleo 100 limite de 80% les rejets de particules fines dans l'atmosphère. De surcroît son prix, globalement identique à celui du diesel, n'est pas un frein à la consommation, selon Claire Duhamel, directrice de la marque au sein de Saipol. Les questions d'approvisionnement, avec la nécessité pour les utilisateurs d'installer leur propre citerne, limite toutefois la diffusion du carburant à base d'oléagineux aux flottes captives de véhicules poids lourds. Sont ainsi visés au premier chef les opérateurs agricoles, des déchets et du BTP, au même titre que les acteurs ferroviaires pour les lignes non électrifiées.

450 clients en 2021

Homologué par l'Etat en tant que carburant B100, propre et 100% recyclable, Oléo 100 est parvenu à séduire quelque 450 clients deux ans après son lancement en 2019. Côté ordures ménagères, il équipe ainsi une partie des bennes de Veolia, Suez, Derichebourg et Paprec. Les majors du BTP comme Colas et Eurovia ont également adopté le carburant vert pour certains de leurs engins, à l'instar des compagnies Keolis et Transdev pour les bus. Enfin, la SNCF a commencé à faire fonctionner ses trains à l'Oleo 100 sur le trajet Paris Granville notamment. « De 40 clients en 2020, nous avons multiplié par dix notre portefeuille cette année, assure Claire Duhamel. Dans les secteurs d'activités visés, particulièrement sensibles aux impératifs de décarbonation, l'accessibilité et la disponibilité immédiates du carburant au colza constituent autant d'atouts supplémentaires ». Conséquence, le marché du carburant au colza, dont Saipol détient 90% face à ses concurrents Valtris et Centre Ouest céréales notamment, serait sur un tremplin. La filiale d'Avril ambitionne ainsi de faire passer l'équipement de poids lourds et d'engins de 3.000 véhicules en 2021 à 15.000 d'ici deux ans. Un chiffre qui représenterait environ 5% du parc de véhicules poids lourds français. A la clé, une montée en puissance de la production annuelle d'Oléo 100 à 300.000 m3.

Freins alimentaires et mix énergétique

Pour autant le carburant au colza n'a pas vocation à se généraliser sur le transport routier de marchandise. En cause, la nécessité de flécher en priorité les oléagineux, riches en protéines, vers la nourriture de l'élevage et la fabrication de l'huile. La « ferme » France (cheptels de vaches, moutons...) s'en sert et seul le surplus de tourteau de colza est utilisé pour fabriquer du carburant vert. A l'instar de l'éthanol, du biogaz et des batteries électriques, l'Oleo 100 représente donc l'une des facettes du mix énergétique qui se dessine pour se substituer à moyen terme aux carburants, issus des énergies fossiles.

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Commentaires 4
à écrit le 25/10/2021 à 18:28
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Qui va stopper cette folie, utiliser nos terres agricoles pour fabriquer du carburant est un non sens écologique, que font les verts, ils regardent !!!!

le 26/10/2021 à 9:38
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Bah on les utilise pour alimenter le secteur pharmaceutique en ce moment vu que le maïs leur est nécessaire.

à écrit le 25/10/2021 à 17:07
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Alors ça, pour une "couillonade", c'est une grosse "couillonade". Plutôt que d'utiliser des terres pour faire du mazout, il serait sans doute plus judicieux de planter des substituts au soja ( ogm) 👍

à écrit le 25/10/2021 à 16:11
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L'agro-industrie est faite pour alimenter la mécanique et certainement pas le corps humain s'ils avaient commencé par ça on en aurait évité des morts.

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