Hydrogène vert : Elogen va construire l'une des plus grandes gigafactory françaises en Centre-Val de Loire

VENDOME (LOIR ET CHER). La nouvelle usine d’électrolyseurs de la société francilienne Elogen, annoncée pour 2025 à Vendôme et financée en partie par l’Union européenne, donnera un sérieux coup de fouet à la filière de production d’hydrogène « vert » encore émergente en Centre-Val de Loire. Outre les 200 emplois qu’elle créera à terme, elle constituera une brique essentielle du futur éco-système autour de l’hydrogène qu’ambitionne de mettre en œuvre la région sur son territoire.

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Signe de l'engouement pour cette énergie renouvelable, la capacité de production mondiale d’hydrogène vert, via les trois modes d'électrolyse, alcaline, à haute température et PEM, passera de 290 megawatts en 2022 à 81 gigawatts en 2030
Signe de l'engouement pour cette énergie renouvelable, la capacité de production mondiale d’hydrogène vert, via les trois modes d'électrolyse, alcaline, à haute température et PEM, passera de 290 megawatts en 2022 à 81 gigawatts en 2030 (Crédits : Reuters)

La future Gigafactory d'électrolyseurs d'hydrogène (Stacks), que commencera à construire en 2023 Elogen affiche d'emblée les ambitions de cette nouvelle filiale du groupe Gaztransport & Technigaz (GTT). L'ex-Areva H2Gen a été rachetée en 2021 par le groupe indépendant spécialisé dans l'énergie et côté à la Bourse de Paris qui l'a rebaptisée Elogen.

D'une superficie de 20.000 mètres carrés, l'usine située sur un terrain de neuf hectares représentera un investissement total de l'ordre de 50 millions d'euros. Opérationnelle à partir de 2025, elle doit employer au démarrage environ 60 salariés. La masse salariale de la future unité devrait être portée à terme à 200 collaborateurs.

Plusieurs paramètres ont poussé Elogen à installer dans le Vendômois sa future usine d'électrolyseurs. Basée aux Ulis (91) où elle assure déjà une fabrication limitée de Stacks, la société voit dans cette implantation trois atouts principaux.

D'une part, la surface du terrain permet une extension de l'activité sur un marché de l'hydrogène en ébullition. « La situation géographique de notre future usine, qui se situera contre les voies de la gare TGV, elle-même reliée en 40 minutes de la région parisienne, constitue un autre avantage indéniable, constate Jean Baptiste Choimet, directeur général d'Elogen. Enfin, nous avons été particulièrement bien accueillis par les collectivités, la région et la communauté de communes du Vendômois ».

Financement français et européen

Le dossier Elogen figure parmi les 15 projets concernant l'hydrogène retenus en France par le gouvernement et soumis à l'approbation de la Commission européenne. Dans ce cadre, ils intègreront, une fois validés, le Projet Important d'Intérêt Européen commun (PIIEC).

Le volet d'hydrogène du plan France relance est lui-même doté d'un financement total de près d'1,9 milliard d'euros. Objectif affiché, accélérer la production d'hydrogène vert, fabriqué à partir d'eau et d'électricité renouvelable, issue notamment de panneaux voltaïques et d'éoliennes. Elogen, leader français de la technologie d'électrolyse PEM (Membrane échangeuse de protons), reste pourtant une startup avec 5,6 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2021.

La société table en vitesse de croisière sur une fabrication d'électrolyseurs représentant une capacité de production d'un Gigawatt. En ligne de mire de la PME figurent trois types de prospects : d'une part les industries chimiques et sidérurgiques souhaitant remplacer leur hydrogène gris (carboné) par de l'énergie verte; d'autre part les flottes de camions et de bus, privées ou publiques ; enfin les entreprises logistiques pour faire le fonctionnement de leurs chariots élévateurs notamment.

Fortes ambitions du Centre-Val de Loire

Si la région Centre-Val de Loire ne précise par le montant de l'aide promise de son côté à Elogen pour s'implanter sur son territoire, elle est jugée conséquente par des sources concordantes. Plusieurs autres collectivités régionales étaient ainsi sur les rangs face au Centre-Val de Loire. L'installation de la startup s'inscrit de fait au cœur de la stratégie de la majorité socialo-écologiste de l'exécutif régional de constituer une filière hydrogène conséquente. Via sa fabrication d'électrolyseurs, Elogen contribuera ainsi à l'écosystème autour de l'hydrogène encore émergent sur le territoire.

A ce titre, la société FM Logistic, basée à Saint-Cyr-en-Val près d'Orléans, s'est lancée dans la production d'hydrogène et possède sa propre station de rechargement. Situé à Saran, également dans l'agglomération orléanaise, le fabricant John Deere a de son côté mis au point un moteur à hydrogène pour ses tracteurs. Dans le Cher, le parc d'entreprises Ecopole de Marmagne déploie également une dynamique autour de l'hydrogène vert à partir de panneaux photovoltaïques.

Les collectivités locales contribuent enfin à l'édification de la filière. La sous-préfecture du Loiret Montargis nourrit ainsi un projet de production et de distribution d'hydrogène pour son réseau de bus. La communauté de communes de Châteauroux dans l'Indre prévoit aussi la construction d'une station de distribution d'hydrogène sur l'autoroute A20. La cible est dans ce cas, les nombreux poids lourds qui empruntent cet important nœud routier. Une dynamique qu'entend bien confirmer François Bonneau, président de la région, en accueillant les bras ouvert Elogen.

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