L'atteinte de la neutralité carbone à l'horizon 2050 passera nécessairement par une forte électrification de certains procédés industriels et par la production d'hydrogène à partir d'électrons propres. En France, la consommation d'électricité liée à l'industrie et à la production de cette molécule devrait ainsi doubler d'ici à 2050, passant de 115 térawattheures (TWh) en 2021 à 230 TWh. Pour RTE, le gestionnaire du réseau de transport d'électricité, cela se traduit par la nécessité de réaliser d'immenses travaux de renforcement et de développement du réseau afin d'acheminer les puissances nécessaires.
Au-delà du boom du nombre de demandes, les nouvelles puissances requises, elles aussi, s'envolent. « Nous sommes passés de demandes d'augmentation de puissance de quelques dizaines de mégawatts (MW) à quelques centaines, voire milliers de MW », ajoute-t-il, faisant état d'une « transformation profonde ». Résultat, alors que la puissance actuelle appelée en France par l'industrie est d'environ 15 gigawatts (GW), les nouvelles demandes de raccordements porteraient cette puissance à environ 30 GW, soit un doublement également.
Ces demandes sont directement liées aux projets de décarbonation de sites déjà
existants par l'électrification des procédés, comme ArcelorMittal qui prévoit de remplacer ses hauts fourneaux de Dunkerque (Nord) et de Fos-sur- Mer (Bouches-du-Rhône) par des cuves d'électrolyse, à l'implantation de futures usines géantes, ces gigafactories dédiées notamment à la fabrication de batteries et de panneaux solaires, et portées respectivement par les startups Verkor et Carbon. Mais aussi et surtout aux projets de nouveaux sites dédiés à la production d'hydrogène (qui représentent 75% des demandes).