Eolien : OPA sur Futuren autorisée pour EDF EN qui affiche ses ambitions

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La reprise du parc de Futuren permet à EDF EN d'atteindre entre 12 et 13% de part de marché en France
La reprise du parc de Futuren permet à EDF EN d'atteindre entre 12 et 13% de part de marché en France (Crédits : Enedis)
L’AMF a autorisé l’entreprise à finaliser sa reprise de Futuren par une OPA simplifiée, ouverte du 6 au 19 juillet. Sur un marché européen et français en pleine concentration, la filiale de l’opérateur historique compte bien tenir son rang.

La filiale d'EDF dédiée aux énergies renouvelables a annoncé le 4 juillet que l'Autorité des marchés financiers (AMF) a déclaré conforme le projet d'offre publique d'achat simplifiée qu'elle a lancée sur Futuren. Celle-ci sera ouverte du 6 au 19 juillet sur la base d'un prix unitaire de 1,15 euros par action et 9,37 euros pour les obligations convertibles et/ou échangeables (océanes) qu'il ne détient pas. Elle fait suite au rachat, en mai, de la majorité du capital de Futuren par EDF EN, qui détient à ce jour 70,93% des actions et 70,65% des droits de vote de Futuren.

Complémentarité géographique

Antoine Cahuzac, directeur général d'EDF EN a rappelé mercredi lors d'un point presse l'intérêt que représente pour l'entreprise l'acquisition de Futuren : un "pure player" de l'éolien, implanté dans des pays jugés (France, Belgique, Italie, Allemagne, Maroc) stratégiques pour le groupe, déjà rompu aux techniques du repowering dans lequel il entrevoit un important relais de croissance pour les années à venir. Il s'agit, à l'issue de la période d'obligation d'achat, de prolonger la vie d'un parc pour accroître sa rentabilité et optimiser l'exploitation d'un site déjà accepté localement. Une partie significative des parcs exploités par Futuren en Allemagne et au Maroc atteindront cette phase dans quelques mois. Selon l'association européenne WindEurope, près de la moitié (76 GW) de l'éolien installé en 2015 dans l'Union européenne devrait arriver en fin de vie entre 2020 et 2030.

Insistant sur la volonté du groupe de se renforcer en Allemagne, le directeur général a également annoncé la reprise d'OWS (Offshore wind solutions) pour un montant non dévoilé. Spécialisée dans la maintenance de parcs éoliens en mer, une activité à forte valeur ajoutée, OWS vient en complément de Reetec, autre filiale d'EDF EN en Allemagne présente dans la construction, l'exploitation et la maintenance de parcs éoliens terrestres .

Accélérer sur le marché français

En outre, ce rachat s'inscrit dans la stratégie du groupe, baptisée CAP2030, qui prévoit un doublement de ses capacités renouvelables à l'horizon 2030.

Mais ce qui est plus nouveau, pour un groupe qui s'est largement développé à l'international ces dernières années, c'est l'accent mis sur le marché français. « Nous avons le deuxième potentiel de vent en Europe », a affirmé Antoine Cahuzac, regrettant qu'il ne soit pas mieux exploité.

Vantant le coût marginal quasi-nul de l'éolien, les gains de compétitivité observés ces dernières années, et la volonté politique française de promouvoir le développement des renouvelables, il reconnaît proposer une prime de près de 38,6% par rapport au dernier cours de Bourse, quand la moyenne du marché se situe plutôt autour de 30%.

S'il est toujours moins onéreux de développer ses propres parcs (greenfield), racheter un parc en exploitation et en développement permet d'accélérer sur un marché en pleine concentration. "Il s'est passé beaucoup de choses en trois ou quatre ans (sur le marché français des énergies renouvelables, ndlr)", a souligné Antoine Cahuzac, faisant notamment référence à la fin des tarifs d'obligation d'achat, qui rend le marché plus compétitif et plus accessible aux grands groupes qu'aux acteurs de taille plus modeste.

Le mouvement de concentration ne fait que commencer

C'est pourquoi le mouvement de concentration, que reflète notamment la reprise en cours de Quadran par Direct Energie, "ne fait que commencer". Engie, précurseur du mouvement avec la reprise - houleuse - de la Compagnie du Vent en 2007, continue en effet de consolider de petits acteurs, et Total - qui a déjà acquis le belge Lampiris - ne fait pas mystère de son projet de se donner les moyens de proposer dans les prochains mois des offres d'électricité verte. Et dans ce contexte, EDF EN "préfère ne pas laisser un autre acteur s'emparer de Futuren" à sa place.

Le parc existant et le portefeuille de projets sans recours (pour un total de 557 MW bruts dont 159 MW en France) doivent permettre à EDF EN d'atteindre une part du marché français de l'éolien entre 12 et 13%, juste derrière Engie. L'objectif affiché par son DG est d'atteindre 15 à 16% et de s'y maintenir dans un marché en profonde restructuration. D'autres acquisitions ne sont donc pas exclues, même si elles ne devraient pas souvent atteindre le montant de 320 millions d'euros déboursé pour la reprise de Futuren.

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