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ClimatEnergie & Environnement

Energies renouvelables : Engie innove tous azimuts

Photo de Dominique Pialot

Dominique Pialot

Publié le 27 avril 2017 à 04:45 - Mis à jour le 27 avril 2017 à 16:24

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Blockchain, open data, microgrid, autoconsommation, solaire flottant… l’ex-GDF Suez fait feu de tout bois sur sa route vers d’ambitieux objectifs sur le territoire français.

Engie est déjà leader sur les marchés français (très éclatés) du photovoltaïque et de l'éolien. Mais les objectifs de son plan 2015-2021 consistent à doubler ses capacités éoliennes installées de 1,5 à 3 gigawatts (GW), et presque quadrupler ses capacités photovoltaïques de 600 MW à 2,2 GW.

Des objectifs particulièrement ambitieux pour l'éolien, où les démarches à accomplir restent complexes et longues en France, malgré une simplification entamée ces derniers mois notamment avec l'instauration du permis unique. « C'est plus simple dans le solaire, où avec des délais d'environ trois ans, nous avons encore le temps de développer de nouveaux projets d'ici la fin de la période », détaille Gwenaëlle Huet, à la tête de la business unit Renouvelables France depuis la réorganisation mise en place par la directrice générale Isabelle Kocher le 1er janvier 2016. « Jusqu'à présent, Engie gérait des participations dans des sociétés spécialisées dans les énergies renouvelables (la Compagnie du Vent, Maïa Eolis, Solaire Direct...), désormais, ces activités sont internalisées, souligne-t-elle. Avec Isabelle Kocher, on est passés d'une gestion de participations à une stratégie industrielle. »

Bientôt du solaire flottant sur les barrages hydro-électriques ?

Dans le train qui emmène quelques journalistes visiter un parc éolien à Châlons-en-Champagne, la jeune femme égrène les nombreuses innovations explorées par le groupe. En matière d'innovations technologiques, Engie est déjà qualifié avec un premier projet de 4 éoliennes flottantes à Leucate (Aude) mené avec Eiffage et General Electric dans le cadre d'un appel d'offres. Plus innovant, l'entreprise se penche également sur le solaire flottant. En partenariat avec la startup Ciel et Terre qui fabrique les flotteurs ad-hoc, elle prévoit de candidater d'ici 18 mois à un appel d'offres CRE dédié. L'entreprise a identifié un potentiel d'environ 200 MW sur des rétentions d'eau lui appartenant, notamment au sein de ses filiales hydroélectriques SHEM (Société hydroélectrique du Midi) et Compagnie nationale du Rhône (CNR).

Toujours dans le solaire, Engie teste aussi bien des microgrids, comme sur le site de l'entreprise Rivesaltes avec 13 MW de panneaux solaires sur les ombrières de parking. Histoire de rester au fait des dernières innovations, le groupe  prend des participations dans des startups, à l'instar d'Heliatek, le spécialiste allemand du solaire organique dit « à couches mines », capable de s'adapter à n'importe quelle surface.

Ailes de hibou et fer à cheval

« Dans l'éolien  aussi, l'innovation technologique se poursuit, affirme Gwenaëlle Huet. Les éoliennes dites « surtoilées », qui se mettent en route à des vitesses de vent très inférieures à ce qui se faisait jusqu'à présent, rendent accessibles des régions entières. C'est le cas de la Nouvelle Aquitaine. Même la Champagne Ardennes, déjà la première région française pour l'éolien, devient ainsi plus attractive encore. Ces éoliennes qui tournent en continu présentent des régimes de charge plus stables. D'autres innovations peu spectaculaires permettent de limiter les nuisances sonores grâce à des pales imitant des ailes de hibou, ou de détecter une pluie suffisamment bruyante pour couvrir celui des éoliennes, grâce à un objet en fer à cheval utilisant l'internet des objets.

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« Dans les énergies renouvelables, les technologies évoluent rapidement. Mais on nous demande de préciser dès le début d'un projet celle qui sera utilisée, regrette Gwenaëlle Huet. Dans d'autres pays, il suffit de préciser les gabarits, ce qui permet de faire évoluer le projet à mesure des progrès technologiques. Le prochain gouvernement devrait s'atteler à ce sujet.

A propos de gouvernement, comme l'ensemble de la filière « renouvelables », elle rend hommage aux actions menées par le ministère de Ségolène Royal. Sur le solaire en particulier, le principe des appels d'offres annoncés sur plusieurs années (qui viennent en remplacement du système précédent des tarifs de rachat) donne aux professionnels une visibilité quasiment inédite.

Cela reste encore un peu flou en revanche pour l'éolien. La France avait omis de notifier son tarif de rachat à Bruxelles, alors qu'il était assimilé à une aide d'Etat. Lorsqu'elle l'a fait, la filière française a dû rembourser les intérêts correspondant à la période concernée, pour un montant global de 50 millions d'euros. Le régime de « prix de marché plus complément de rémunération » qui doit le remplacer n'est pas encore arrêté, et comme cela a déjà été le cas en 2016, le niveau du tarif pour 2017 n'a pas encore été arrêté. « Les projets continuent quand même d'être développés », assure Gwenaëlle Huet.

Une rentabilité améliorée par la digitalisation

Mais c'est aussi sur la digitalisation qu'Engie mise pour développer ses renouvelables dans les prochaines années.

La plateforme Darwin, déjà utilisée depuis 2010 dans le centre de conduite de Châlons-en-Champagne, va bénéficier d'un investissement de 13 millions étalé sur les deux prochaines années, dont l'EBITDA est évalué à 27 millions dans les trois ans. Cette montée en puissance notamment destinée à intégrer les technologies d'internet des objets permettra de raccorder progressivement l'ensemble des parcs solaires et éoliens du groupe du monde entier. Entre autres objectifs : en abaisser les coûts grâce au développement de la maintenance prédictive et en améliorer les revenus grâce à la détection des sous-performances. Les informations issues des données ainsi collectées sont accessibles à de multiples parties prenantes : les équipes d'Engie, les opérateurs, des agrégateurs de marché, les riverains des parcs, les gestionnaires de maintenance, etc.

Opendata et blockchain pour une électricité verte ET locale

Enfin, le groupe teste deux pratiques tout juste émergentes dans l'énergie : l'opendata et la blockchain. En mai prochain, les données du parc éolien de Haute-Borne (Meuse) seront mises en accès libre sur une plateforme accessible à la communauté éolienne. Il s'agit de faire émerger de façon collaborative de nouvelles pistes d'étude, toujours dans le but d'améliorer la performance des installations et leur acceptabilité, voire leur appropriation par les citoyens. Une forme de « hackathon éolien ».

Plus nouveau encore, un pré-pilote va tester la blockchain sur un barrage de la SHEM, dans l'objectif de tracer les électrons verts, à partir d'impulsions lumineuses captées par un boitier capable de déclencher simultanément et de façon automatique un contrat virtuel (ou « smart contract ») chez un client également équipé d'un boîtier spécifique. La validation technique n'est qu'une première étape, un standard juridique étant indispensable pour donner une valeur officielle à la garantie produite par la blockchain. Car celle-ci pourrait remplacer à terme le système des garanties d'origine en vigueur aujourd'hui. Lorsqu'un client souscrit à la nouvelle offre d'électricité d'Engie, il est automatiquement approvisionné en électricité renouvelable.

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Au-delà de sa production hydraulique, Engie fournit la preuve, grâce à des garanties d'origine acquises auprès de producteurs européens d'électricité essentiellement hydraulique, qu'il a acheté un volume d'électricité verte équivalent. Impossible pour l'heure de cumuler tarifs de rachat et garanties d'origine, considérées par Bruxelles comme deux subventions, et, donc, de vendre dans le cadre de cette offre verte la production de ses parcs les plus récents, encore sous le régime de l'obligation d'achat. Mais, de plus en plus, les clients (particuliers mais aussi commerciaux et publics, tels que des Conseils généraux), veulent pouvoir consommer local. Une attente à laquelle Engie prévoit également de répondre grâce à ceux de ses parcs « sortis d'obligation d'achat » après 20 ans, qui peuvent vendre leur production sur le marché. L'entreprise pourrait même être amenée à en acquérir d'autres si l'engouement pour une offre verte et locale décollait rapidement.

Dans tous les cas, c'est sur le numérique que mise Engie pour coller au mieux à l'évolution des comportements en matière de consommation d'énergie.

Dominique Pialot

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