Avec la reprise économique, le prix du carburant à la pompe ainsi que les tarifs réglementés de gaz et d'électricité ont sensiblement augmenté ces derniers mois. Si le prix du pétrole devrait se stabiliser dans les mois à venir, la tendance haussière devrait, elle, se poursuivre pour le gaz et l'électricité. Explications.A l'heure des grandes migrations estivales, la hausse des prix à la pompe ne passe pas inaperçue. Selon les derniers chiffres officiels du ministère de la Transition écologique, le litre de gazole valait 1,43 euro en moyenne la semaine dernière et celui du super sans plomb 1,58 euro. Des prix en hausse respective de 12% et 16% depuis le début de l'année.
Problème pour le porte-monnaie des ménages français, cette flambée des prix ne concerne pas uniquement les carburants. Les tarifs réglementés du gaz et de l'électricité, eux aussi, grimpent sensiblement depuis plusieurs mois. Comment expliquer cette flambée du prix de l'énergie ?
"Chaque énergie (le pétrole, le gaz et l'électricité) a sa dynamique propre mais il y a une forte corrélation entre les trois. C'est, par ailleurs, une hausse qui devrait s'inscrire dans le temps et non simplement conjoncturelle", avance Jacques Percebois, directeur du Centre de recherche en économie et droit de l'énergie.
Le cours du pétrole dopé par la reprise économique
Le pétrole d'abord. Si les prix à la pompe ont fortement augmenté en juin et en juillet dernier c'est parce qu'ils sont directement tirés par le cours du pétrole. "Aujourd'hui, on atteint en moyenne 70 dollars le baril", rappelle Jacques Percebois. Cela représente une hausse de quasi 100% par rapport à octobre 2020, où le cours du pétrole WTI, la référence américaine, était à son plus bas niveau.
"Deux principales raisons expliquent cette hausse : la reprise économique mondiale, notamment en Asie où la Chine est très demandeuse. Et, la bonne disciplinedes membres de l'Opep et de leurs alliés avec lesquels ils forment l'Opep+", explique l'économiste.
Après s'être déchirés sur les volumes de production pendant plusieurs semaines, les membres du cartel sont parvenus à trouver un accord le 18 juillet dernier. Ils ont ainsi décidé de rouvrir modestement les vannes de production après l'avoir drastiquement coupée l'an dernier pour faire remonter les cours.