La production française d'électricité recule, ses émissions de CO2 aussi

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(Crédits : Reuters)
Les centrales à charbon, très polluantes, ont ainsi été moins sollicitées pour des raisons de coût mais aussi grâce à un hiver relativement doux, qui n'a pas nécessité d'y avoir recours.

La production d'électricité de la France a décliné l'an dernier, avec un recul du nucléaire et de l'hydraulique mais aussi du charbon, ce dernier point permettant avec l'essor des renouvelables de réduire les émissions de CO2, a indiqué mercredi RTE.

Avec 537,7 TWh produits en France l'an dernier, la France a vu sa production d'électricité reculer de 2% par rapport à 2018, indique le gestionnaire du réseau à haute tension dans son bilan annuel.

Ce repli s'explique par une production nucléaire d'EDF en baisse (-3,5%) avec une moindre disponibilité du parc, une production hydraulique en chute (-12,1%) en raison des conditions de pluie et d'enneigement et un très fort recul de la production à partir de charbon (-71,9%).

Hiver doux

Les centrales à charbon, très polluantes, ont ainsi été moins sollicitées pour des raisons de coût mais aussi grâce à un hiver relativement doux, qui n'a pas nécessité d'y avoir recours.

Les centrales à gaz, plus compétitives et aussi moins émettrices de CO2 que celles au charbon, ont pour leur part vu leur production bondir de 24%. Les productions éolienne (+21,2%) et solaire (+7,8%) ont aussi poursuivi leur hausse.

Ces éléments ont permis une baisse de 6% des émissions de CO2 liées au système électrique. "Celles-ci se situent désormais à un niveau proche de celui de 2015, niveau le plus bas depuis cinq ans", note RTE.

"On voit bien l'impact de la transition énergétique et du développement des énergies renouvelables", a souligné Olivier Grabette, directeur général adjoint de RTE, lors d'une conférence téléphonique.

Consommation en baisse

La consommation d'électricité (473 TWh) s'est de son côté érodée de 0,5% (chiffre corrigé de la météo), à son plus bas niveau depuis 10 ans, avec les efforts d'efficacité énergétique, le ralentissement de la croissance économique mais aussi les mouvements sociaux de fin d'année. Ces derniers se reflètent essentiellement dans une moindre consommation du réseau ferroviaire, a indiqué Olivier Grabette.

Au final, la France continue de produire plus d'électricité qu'elle n'en consomme et demeure exportatrice nette vers ses voisins. Elle est ainsi restée le premier exportateur européen l'an dernier, selon RTE.

Le bilan - avec notamment l'essor des renouvelables et l'érosion de la consommation - est "complètement dans la continuité de ceux des années précédentes", souligne Olivier Grabette.

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Commentaires
a écrit le 13/02/2020 à 8:43 :
‘On voit bien l'impact de la transition énergétique et du développement des énergies renouvelables’
Il ne faut pas manquer d’aplomb pour affirmer que le développement des énergies renouvelables conduit en France à une diminution es émissions de CO2 alors que notre production d’électricité est déjà décarbonée à plus de 90%.
Les énergies renouvelables (essentiellement éoliennes et un peu photovoltaïques) sont régulièrement supplées par des filières pilotables à faible inertie de mise en route pour compenser leur intermittence fondamentale, et de plus en plus par la filière gaz.
La baisse de 6% des émissions de CO2 (ce qui en tonnes de CO2 non émises représente très peu de chose en France) s’explique non pas par le développement de ces énergies intermittentes mais par le fait que l’on remplace la filière charbon par la filière gaz (qui bondit de +24%) pour pallier leurs défaillances (le gaz produit en gros deux fois moins de CO2 par MWh produit que le charbon mais tout de même presque 100 fois plus que le nucléaire actuel qui assure plus de 70% de notre production électrique). A cela s’ajoute une légère baisse de la consommation due en particulier aux facteurs météorologiques favorables, et à la baisse de l’activité industrielle.
Les énergies renouvelables n’y sont pour rien !
a écrit le 12/02/2020 à 14:59 :
Sauf que le gaz naturel ne tombe pas du ciel.

Le gaz naturel, il faut l'importer. Cela coûte cher.

Environ 26 milliards d'euros pour l'Allemagne en 2019. Et 8,6 milliards d'euros pour la France entre décembre 2018 et novembre 2019.

Et surtout, en amont l'extraction et le transport du gaz naturel émettent beaucoup voir énormement de gaz à effet de serre.

C'est surtout le cas quand le gaz est importé, ce qui est de plus en plus le cas en Europe.
a écrit le 12/02/2020 à 14:31 :
macron et sa macronie ne vont certainement pas en conclure que rouler électrique n'est pas aussi propre qu'ils veulent le faire croie, en nous imposant le tout électrique. Encore une cata de plus à gérer dans 10 ans

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