Comment la voiture électrique va remodeler le marché de l'électricité

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(Crédits : dr)
D'après une étude d'Accenture, la voiture électrique va créer un écosystème de marchés qui sera structuré autour des producteurs d'électricités, mais sera ouvert à de nouveaux acteurs très divers. Le cabinet de conseil estime à 200 milliards d'euros le potentiel de ce marché sur le seul marché français d'ici 2040.

Le boom de la voiture électrique est enclenché ! C'est une demi-certitude tant on ignore encore beaucoup sur son rythme de croissance. Mais c'est un fait, les ventes de voitures électriques ont encore progressé de 50% sur les huit premiers mois de l'année en France, mais sans dépasser les 2% de part de marché... Pourtant, les industriels réfléchissent déjà à l'avènement d'une ère de la voiture électrique et ses conséquences... Elles sont multiples, et surtout juteuses si on en croit une étude menée par Accenture auprès de 6.000 personnes en Europe et en Amérique du Nord.

2040, le point de bascule énergétique

D'après cette étude, le parc automobile français devrait compter un million de voitures électrifiées (100% électrique et hybride) à l'horizon 2025. Il faudra néanmoins attendre 2040 pour que celles-ci dépassent les voitures conventionnelles, en ventes annuelles. Cette étude met surtout l'accent sur le fait que cette nouvelle donne technologique va permettre l'émergence d'une nouvelle filière tournée autour de la production et la distribution d'électricité, mais également les infrastructures et des services associés. Cet "écosystème" pourrait cumuler près de 200 milliards d'euros de volume d'affaires sur la période jusqu'en 2040, d'après les experts d'Accenture, pour le seul marché français. Evidemment, les acteurs traditionnels que sont les producteurs d'électricité sont les plus légitimes pour profiter de cette manne.

Mais d'autres acteurs ont déjà commencer à s'y intéresser, au premier rang desquels les compagnies pétrolières. Il n'est plus rare de voir des stations essences équipées d'infrastructures de recharge pour voiture électriques. Les collectivités locales pourraient également entrer dans la danse, comme à Paris où la municipalité est propriétaire du réseau de recharge hérité d'Autolib. Mais Tesla a également développé une offre similaire. Les gestionnaires de parkings sont également des potentiels acteurs. Le marché de l'infrastructure qui va de son déploiement à sa gestion représentera 40 milliards d'euros de chiffre d'affaires jusqu'en 2040.

La flexibilité énergétique

L'autre volet de cet écosystème est intitulé "valorisation de la flexibilité". Ce volet est le plus original et le plus révolutionnaire puisque cela représente la capacité à moduler l'énergie en fonction de la demande. Cela nécessite de pouvoir stocker l'énergie, notamment grâce aux batteries des voitures électriques. "Il s'agit de stocker intelligemment l'énergie et la délivrer en fonction des prix du marché, et ainsi se substituer aux moyens de production centralisés, en fonction des besoins de consommation", explicite Thierry Mileo, directeur chez Accenture. Autrement dit, cette flexibilité va permettre de lisser les pics de production d'électricité, et ainsi permettre de baisser les capacités de production. Mais ce marché ne représentera guère plus de 6 milliards d'euros d'ici 2040.

Enfin, un dernier volet d'environ 20 milliards concernera les services additionnels comme le financement des voitures électriques, de la batterie ou autres services supplémentaires inhérents à des flottes d'entreprises par exemple.

Cet écosystème va impliquer de nombreux acteurs y compris des entreprises étrangères à l'univers de l'énergie. Mais selon Accenture, les historiques que sont les EDF, Engie et autres Enedis, resteront au coeur de cet écosystème. D'ailleurs, leur activité traditionnelle permettra de remporter l'essentiel du marché estimé par cette étude, et tournera autour de 130 milliards. En revanche, celle-ci ne sera la plus rentable.

L'enjeu de la régulation publique

Mais Thierry Mileo estime qu'il y a un énorme enjeu de régulation publique qui va se poser dans la constitution de cet écosystème. "Nous avons établi deux scénarios théoriques. Le premier envisage que tout cet écosystème relève de la sphère privée, avec une recharge exclusivement au domicile. Le second implique la puissance publique  et prévoit une part importante de recharge dans des lieux accessibles au public. Nous estimons que le deuxième scénario permet de maximiser l'utilisation d'une borne de recharge puisque celle-ci pourra être utilisée par plusieurs véhicules", explique à La Tribune Thierry Mileo.

La régulation pourrait également déborder sur les politiques tarifaires puisque les collectivités pourraient être amenées à instaurer des incitations, mais également à imposer des temps de recharge ou des règles de stationnement spécifiques. Pour Grégory Jarry, senior manager chez Accenture, les prix de marché de l'électricité vont être amenés à être de plus en plus volatiles tandis que les pouvoirs publics vont vouloir maîtriser davantage les dépenses énergétiques.

L'avènement de la voiture électrique et tout son écosystème pourra être une solution pertinente au sens où elle va offrir de nouveaux marchés, mais également éviter de lourds investissements dans les capacités de production. Pour autant, selon Accenture, les énergéticiens historiques "n'y arriveront pas seuls, ils vont nouer des partenariats". Ainsi EDF vient de conclure un accord avec Nissan, Engie travaille avec Arval... "Chacun est déjà en train de constituer son écosystème", observe Thierry Mileo. "Ils ont des atouts pour rester au centre du jeu, ils disposent quand même de liens clients privilégiés", ajoute-il.

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Commentaires
a écrit le 16/10/2019 à 10:30 :
un flop pour nos ( sinistres ) de politiciens
a écrit le 15/10/2019 à 19:14 :
Très très objectif : https://www.nice-provence.info/2019/10/12/lettre-notre-fils-se-bat-pour-climat/
a écrit le 15/10/2019 à 14:43 :
c'est bien beau la voiture électrique mais incompatible avec la protection de la nature .Que faire des batteries usagées . ? extraction du lithium ? etc... donc il vaut mieux rester à ce que l'on utilise actuellement
Réponse de le 15/10/2019 à 20:41 :
Mon dieu que c 'est rétrograde : oui, faisons du CO2 : c est tellement plus écologique, toutes ces plates formes qui lachent du pétrole dans les zones vierges, ces pays qui se font la guerre pour du pétrole, le delta du Niger qui nage dans une mare de pétrole : oui gardons ce qu on a ; une bonne pollution et des émissions qui vont réduire l'humanité au néant
a écrit le 15/10/2019 à 12:44 :
Comment la voiture électrique est devenue l'arnaque du siècle ! Ce serait mieux comme titre !
Réponse de le 15/10/2019 à 20:44 :
transition vers l hydrogène, une filière qui se mettra en place.
Le pétrole est tellement has been : c'est la fin de l'humanité si on ne change rien, il faut le réaliser et se réveiller. Et pourtant je ne suis pas écolo, plutôt libéral. Mais il est temps de sonner la fin de la récrée, la fin de l'économie de marché à tout crin
Réponse de le 19/10/2019 à 7:20 :
Non, c est le contraire.
" Comment la voiture electrique redistribuera les cartes" :

Quasi pas d entretien à payer ou obligatoire. Cf Tesla.
Pas à payer de TIPP.
Pas d hégémonie Total.
Moins de citerne sur les routes.
Balance commerciale.
Arabie Saoudite.
.....
a écrit le 15/10/2019 à 10:14 :
vous oubliez un gros intervenant:. comment l état va t il taxer tout ça pour récupérer le manque a gagner sur l essence ? Gageons qu il saura nous inventer un bonus / malus ( naturellement purement écologique ) visant a inciter les citoyens a recharger au bon moment sous peine de taxe additionnelle.........
Réponse de le 15/10/2019 à 11:03 :
... en augmentant les taxes sur l'électricité.
Réponse de le 15/10/2019 à 13:01 :
C'est déjà le cas. Au 01/01/2020, les malus sont multipliés par 4 ou 5. Un Scénic essence de 140ch passe de 60€ à 310€. Et 2020 devrait aussi voir l'arrivée de la norme WLTP pour mesurer les émissions de Co2. Si on connait la grille du montant des malus, on ne connait pas encore la valeur CO2 appliqué à chaque voiture. A priori on devrait encore assister à une forte voit très forte augmentation.
Il doit aussi y avoir un effet Gilets Jaunes. Moins de taxe sur le carburant mais plus fort malus
a écrit le 15/10/2019 à 9:07 :
2040? Donc il faut d'accelerer encore le progress du construction du nucleaire Flamanville.
a écrit le 15/10/2019 à 8:54 :
M'wai bof ! Borne de recharge à 10 km pour moi , bilan carbone pour la fabrication très négatif, batteries polluantes, poids à vide élevé, usure des pneus prématuré, contrôle technique plus cher en raison du réseau électrique. Cerise sur le gâteau ... augmentation infernale de l'électricité.

Ce que l'on ne dit pas, quand une voiture électrique est proposée pour 300 km d'autonomie. C'est sans: les phares allumés, radio, ventilation, clim etc ... donc en vérité 200km. Restera le quiz du recyclage de la batterie.
a écrit le 15/10/2019 à 7:49 :
Tout ça est bien hypothétique... autonomie réelle (c'est à dire en utilisant phares, essuie-glace, chauffage, clim...) et temps de recharge (même sur borne rapide) cantonnent la voiture électrique au rôle de seconde voiture, seul le développement rapide de l'hydrogène qui permet un plein rapide permettra un développement du VE au delà de l'anecdotique.
a écrit le 15/10/2019 à 5:46 :
j’ai une voiture thermique : je fais le plein ds n’importe quelle station avec un seul et même moyen de paiement : ma carte bancaire

j’ai aussi une moto électrique : suivant les stations c’est un moyen de paiement ou un autre !

je ne parle pas de la variabilité des prix du kWh qui n’a rien à voir avec celle des prix des carburants...

c’est peut-être bon pour l’ «  écosystème », autrement dit les intermédiaires, ce n’est pas bon pour l’usager
a écrit le 14/10/2019 à 23:36 :
Etions habitués à lire des articles plus sérieux et plus riches d'enseignements ...
Quand La Tribune fait tribune aux marchands du temple
a écrit le 14/10/2019 à 23:10 :
avec des segolene royal qui font de heuliez des champions mondiaux leaders de la construction de voiture electirque, la france est sauvee
l'avenir c'est l'hybride, dans tous les sens de terme
euh, sauf pour les politicardES vereuSES ( <- notez l'absence de genre qui convient aux feministes hein)
pas de masculin dans ce cas, ca reduit les inegalites hommes femmes
a écrit le 14/10/2019 à 20:23 :
ce qui serait bien est que les fabriquant de voiture plug-in fasse des prises directes: en courant continu, on pourrait ainsi brancher directement la batterie sur un panneau solaire et on aurait alors le maximum d’efficacité (on éviterait le passage par l'alternatif)
a écrit le 14/10/2019 à 19:43 :
2040 ? C'est bien loin pour avancer des prévisions aussi fantaisistes alors que personne parmi nos décideurs, nos chefs d'entreprise, nos journalistes, nos élus n'achète ce genre de véhicule pour son propre usage et avec ses propres fonds et pas ceux se son administration ou de son entreprise...
a écrit le 14/10/2019 à 19:16 :
J' ai rien compris, suis-je le seul ?
a écrit le 14/10/2019 à 18:32 :
"Il faudra néanmoins attendre 2040 pour que celles-ci dépassent les voitures conventionnelles, en ventes annuelles."
c'est pas en 2040(2045?) que les moteurs à pétrole seront interdits de fabrication ? Ça sera alors batterie, pile à combustible ou rien.

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