Les syndicats toujours vent debout contre la grande réforme d’EDF
Juliette Raynal
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Les syndicats plaident pour une mise à l'arrêt du projet de réorganisation. Mais ils défendent, entre autres, une réévaluation rapide et unilatérale de l'Arenh, le mécanisme qui fixe le prix de l'électricité nucléaire qu'EDF vend aux fournisseurs...
Stephane Mahe
Les syndicats restent opposés au projet de réorganisation d'EDF et ne sont pas convaincus par les discussions menées par l'exécutif, qui affirme avoir revu sa copie et durci sa position face à la Commission européenne pour négocier sur la base d'un groupe purement intégré.
"Hercule" ou "Grand EDF", qu'importe le nom du projet de réorganisation, les syndicats restent frontalement opposés à la grande réforme d'EDF que le gouvernement français tente de mener à bien auprès de la Commission européenne depuis plusieurs mois.
"Bien que des bruits trompeurs et contradictoires commencent à se faire jour, l'interfédérale n'est pas dupe tant de la stratégie d'effets d'annonce que des garanties illusoires proposées par le gouvernement. Elle reste sidérée par le flou artistique des négociations avec la Commission européenne. Cela renforce l'opposition de l'interfédérale à Hercule, ainsi que son unité aux côtés des parlementaires pour refuser tout passage en force éventuel du gouvernement", écrit dans un communiqué de presse, publié ce lundi 17 mai, l'interfédéralesyndicale énergie et mines CGT, CFE-CGC, CFDT et FO.
Initialement baptisé "Hercule", ce projet désormais renommé "Grand EDF", vise à réorganiser l'énergéticien historique en trois entités pour lui donner plus de moyens d'investir dans le nucléaire et les énergies renouvelables, et satisfaire également aux règles de concurrence fixées par Bruxelles : EDF Bleu avec les activités nucléaires et le réseau de transport RTE ; EDF Vert avec les activités commerciales, de distribution et les renouvelables ; et EDF Azur, avec les concessions hydrauliques.
Depuis de nombreux mois, les syndicats se montrent très hostiles à ce projet de réorganisation et ont déjà mené plusieurs journées de grève et de manifestations. Ils craignent que les négociations entre Paris et Bruxelles, dans lesquelles ils ont été tardivement impliqués, conduisent à un démantèlement du groupe.
Nouvelle mouture: les syndicats n'y voient "rien de nouveau"
De son côté, l'exécutif a affirmé il y a quelques jours avoir revu sa copie et durci sa position vis-à-vis de Bruxelles. Le projet Hercule, tel que présenté initialement à la Commission européenne, est désormais considéré comme caduc par le gouvernement français, qui estime qu'il n'offrait pas les garanties suffisantes pour assurer l'intégrité du groupe, dont il détient près de 84% du capital.
Le gouvernement explique négocier à présent sur la base d'un groupe intégré, garantissant une stratégie unique et la circulation des flux financiers et humains au sein des différentes entités. Mais cette nouvelle mouture du projet ne convainc pas les syndicats.
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