A quelques jours du redémarrage de son outil de production après plusieurs mois d'arrêt en raison de la grippe aviaire, et à quelques semaines du renouvellement de son contrat d'énergie, Magali Panau, Présidente de la société Ernest Soulard, spécialiste du canard et du foie gras (250 personnes) ne cache pas son désarroi. « C'est simple, au regard des cours actuels, notre facture d'énergie passerait de 2,5 millions d'euros à 11 millions d'euros. Ce qui engendrerait une augmentation de nos coûts de revient de 15%. Impossible à répercuter... Sans un bouclier tarifaire, nous serons contraints à des arbitrages douloureux, voire des fermetures... Tout le secteur de l'agroalimentaire est à la même enseigne. Faire 10% d'économies, ce n'est plus la question depuis longtemps, c'était déjà dans nos réflexions comme un des enjeux de la filière. Hier, certains ne dormaient plus parce qu'ils avaient signé des contrats à 1.000 euros le Mwh, aujourd'hui, ils ne dorment plus parce que Mwh est tombé à 600 euros et qu'ils ont perdu 400 euros. C'est fou et nous sommes perdus, sans savoir si c'est la conséquence de politique ou de la spéculation», témoigne la cheffe d'entreprise venue aux côtés de David Soulard, directeur général des meubles Gautier (750 personnes) confronté aux mêmes problématiques et qui craint, en final, une remise en cause du « Made in France ».