Que va changer "Profeel", le nouveau programme de rénovation des bâtiments ?

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(Crédits : Pixabay)
Un an jour pour jour après le lancement du plan de rénovation énergétique des bâtiments, le financement du programme de filière pour l'innovation en faveur des économies d'énergie dans le bâtiment et le logement (Profeel) a été signé le 26 avril.

La convention de financement de Profeel (pour "Programme de filière pour l'innovation en faveur des économies d'énergie dans le bâtiment et le logement"), a été signée le 26 avril dernier au ministère de la Transition écologique et solidaire par le ministre François de Rugy, la secrétaire d'État Emmanuelle Wargon, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), seize organisations professionnelles et les financeurs. Profeel est financé à hauteur de 24,55 millions d'euros dans le cadre du dispositif des certificats d'économie d'énergie (CEE) grâce aux contributions d'EDF (40%), Total Marketing (30%), Engie (20%), ENI Gas & Power (5%) et CPCU Paris (5%).

Deux porteurs complètent le dispositif : l'Agence qualité construction (AQC) qui pilote le programme et porte six des neufs projets, et le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) qui s'occupe des trois autres.

« L'AQC apportera son expertise reconnue sur les enjeux de qualité et de performance des travaux mais aussi toute son expérience dans la conduite de projets, collégiale, avec toute la filière, tandis que le CSTB apportera à nos travaux son incontournable expertise scientifique et technique », explique à La Tribune la présidente du programme Nadia Bouyer.

Performances réelles et applications numériques

Un an jour pour jour après le lancement du plan de rénovation énergétique des bâtiments, dont le déploiement fait actuellement l'objet de vives critiques, les neuf actions du programme doivent permettre d'ici le mois de juin 2021 de développer en priorité "des protocoles de la performance réelle des rénovations". Concrètement, il s'agit de « mieux contrôler les travaux réalisés, de détecter plus rapidement des problématiques de mise en œuvre », assure Nadia Bouyer.

« Ces outils favoriseront une nouvelle montée en compétences pour tous les acteurs de la filière, à l'image de l'impact de la généralisation des tests d'étanchéité à l'air. »

Deux des projets ont déjà permis de mesurer la performance énergétique à partir de données collectées sur une période de 4 jours dans le neuf. L'objectif demain est de généraliser l'outil à réception de travaux, y compris de réhabilitation énergétique, avec un temps de mesure limité à 24h tout au plus.

L'accent est également mis sur « des applications numériques d'aide au diagnostic initial et à la décision dans la rénovation ou encore d'aide à la mise en place de procédures d'autocontrôle ». Dans ces cas précis, il est question d'un « catalogue de solutions types de rénovation adaptées aux spécificités des territoires », « d'applications numériques d'aide à la décision de stratégies de rénovation » ou encore « des outils facilitant l'appropriation de pratiques de mise en œuvre permettant des rénovations énergétiques efficientes et économes sur des groupes de construction homogène », explique la présidente de Profeel.

« Atteindre les objectifs quantitatifs » du gouvernement

« Nous souhaitons développer des outils qui seront des déclencheurs de l'acte de rénover et permettre aux professionnels sur le terrain de développer, en pleine confiance avec les particuliers de la rénovation énergétique, et ainsi atteindre les objectifs quantitatifs du gouvernement », conclut Nadia Bouyer.

Pour rappel, à Angers le 26 avril 2018, l'ex-ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot avait insisté sur l'objectif de de 500.000 logements rénovés par an, un but martelé de quinquennat en quinquennat, quelle que soit la majorité au pouvoir. Un an après, l'observatoire d'évaluation et de suivi annoncé n'a toujours pas vu le jour, et beaucoup doutent de l'atteinte d'un tel résultat.

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a écrit le 30/04/2019 à 11:25 :
Si vous mettez 1000€ par logement et que vous vouliez rénover 500 000 logements, la simple multiplication vous donne 500 millions d'€. Avec 1000€ que pouvez-vous faire ?
Ne faut-il pas plutôt parler de 10000€ par logement là on parle alors de 5 milliards d'€ par an.
Il y a un problème d'échelle entre le prix du rêve et la réalité.
Réponse de le 30/04/2019 à 12:20 :
On pourrait commencer par remplacer une partie de notre gaz naturel par du gaz économisé dans le sud de l'Europe avec des chauffe eau solaires.

La consommation de gaz naturel en Espagne, en Italie et au Portugal pour la production de chaleur est largement supérieure à la consommation totale de gaz naturel en France.

Avec 500 millions d'euros, on pourrait installer 1000 hectares de chauffe eau solaires en Espagne, en Italie et au Portugal, où cette technologie a de super rendement.

De quoi économiser de 400 000 à 500 000 TEP (tonne équivalent pétrole) de gaz par an pendant au moins 20 ans (Le plus ancien chauffe eau connu solaire a 57 ans et marche toujours).

Autre avantage, il est plus simple d'instaler des chauffe eau solaires que de renover un par un des logements.

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