Malgré la méthode du gouvernement, les chauffagistes prêts à convertir les chaudières

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Dans la population rurale, il y a un attachement au fioul, assure le patron de l'UNA chauffage Bruno Gal. C'est à la fois des radiateurs chauds au toucher et un moyen d'obtenir de l'eau chaude à volonté.
"Dans la population rurale, il y a un attachement au fioul", assure le patron de l'UNA chauffage Bruno Gal. "C'est à la fois des radiateurs chauds au toucher et un moyen d'obtenir de l'eau chaude à volonté." (Crédits : Pixabay.com - TBIT)
Le gouvernement a annoncé le 24 janvier dernier le remplacement de 600.000 chaudières au fioul par des équipements plus écologiques et moins chers. Les artisans chauffagistes se félicitent de cette décision mais alertent sur les freins à lever.

Aux dires des acteurs de terrain, les annonces du gouvernement du 24 janvier dernier en matière de remplacement des chaudières au fioul n'ont pas été bien reçues. « On a l'impression d'être l'ennemi écologique numéro un et de porter le fardeau », ont déclaré des clients aux équipes de FioulReduc, comparateur de prix et apporteur de ce combustible aux particuliers.

« Les artisans les ont accueillies avec colère et inquiétude, n'ayant pas été consultés dans l'élaboration du processus », confirme à La Tribune Bruno Gal, président de l'Union nationale artisanale (UNA) couverture-plomberie-chauffage.


Lire aussi : Le plan du gouvernement pour se débarrasser des chaudières au fioul

Une avancée pour la transition écologique

Avec le recul, la plateforme FioulReduc et l'UNA se félicitent de ce coup de pouce qui « améliore les conditions de la transition écologique ». Ces deux représentants veulent en outre que leurs équipes soient davantage perçues comme des pourvoyeuses de conseils, et non comme de simples installatrices.

« Nous conseillons notamment de commander le fioul à plusieurs, entre voisins par exemple, afin que le distributeur fasse des économies de logistique et les répercute ensuite », explique Hervé Degreve, PDG de FioulReduc.

L'Union nationale artisanale du chauffage, branche de la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (CAPEB), proposera, pour sa part, des solutions "packagées" en Auvergne-Rhône-Alpes et en Île-de-France dès le mois de février pour "maîtriser les budgets". Le temps d'analyser les premiers retours dans ces deux régions, l'UNA déploiera cette offre dans l'ensemble des régions au cours du mois d'avril.

Des obstacles psychologiques et techniques à lever

Il reste par ailleurs un obstacle psychologique de taille à lever. « Dans la population rurale, il y a un attachement au fioul », assure le patron de l'UNA chauffage Bruno Gal. « C'est à la fois des radiateurs chauds au toucher et un moyen d'obtenir de l'eau chaude à volonté. » Il demeure également un défi technique. Le gaz naturel, par exemple, n'est pas présent sur l'ensemble du territoire. « Nous accompagnerons nos clients vers la solution la plus adaptée à leur géographie, à leurs revenus et à leur bâtiment », avance ainsi le patron de FioulReduc Hervé Degreve. « Une pompe à chaleur, c'est de l'électricité. Au bout du réseau, je ne peux pas en proposer », abonde Bruno Gal.

« Il faudra qu'on soit vigilants sur le matériel installé et la qualité des travaux », avait d'ailleurs pointé en privé une des parties prenantes à l'opération du gouvernement, soulignant la promesse d'un reste-à-charge d'un euro pour le client final. « Il ne faudrait pas que cela créé un appel d'air pour les produits bas de gamme », avait encore insisté cet acteur. En réponse à cette crainte, Bruno Gal (CAPEB) promet qu'il exercera son "rôle de sentinelle" :

« Nous ne sacrifierons pas la qualité et nous serons vigilants sur la création d'entreprises opportunistes. Nous sommes souvent victimes des délinquants qui savent manier les offres commerciales. » Idem du côté de chez FioulReduc : « Nous aiguillerons pour éviter qu'ils se fassent alpaguer par des margoulins », renchérit son patron Hervé Degreve.

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