Changement historique dans le calcul du prix du minerai de fer

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Les sidérurgistes japonais ont accepté une hausse de prix de 90 % du minerai utilisé pour l'acier. Le déficit de la matière première devrait se prolonger jusqu'à 2013.

Les contrats annuels de livraison de minerai de fer, qui assuraient aux aciéristes des prix relativement faibles, sont sans doute terminés. En signant hier un accord avec le brésilien Vale, les japonais Nippon Steel et Sumitomo ont a priori mis un terme à un système vieux de 40 ans. Les aciéristes ont en effet accepté une hausse de 90 % des prix par rapport à l'année dernière, à 110 dollars la tonne. Mais ils auraient également accepté une part de contrat à prix variable, comme les clients du groupe BHP Billiton avant eux. La nouvelle a fait grimper le real brésilien. Le premier contrat signé par l'industrie japonaise a en effet tendance à donner le « la » dans la sidérurgie.

Le changement dans le mode de fixation des prix s'explique par les fortes variations de l'offre et de la demande de minerai de fer et d'acier, et de ses cours. Les fortes baisses de prix constatées l'année dernière ont en effet coûté cher aux groupes miniers. Selon les calculs de Goldman Sachs, ils auraient ainsi perdu près de 20 milliards de dollars de chiffre d'affaires 2009, alors qu'ils vendaient leurs minerais au plus bas, et que les cours au comptant ne cessaient de grimper.

Vale, BHP Billiton et Rio Tinto se retrouvent donc en position de force, en raison de la forte demande asiatique de minerai. Si la production est attendue à 1,89 milliard de tonnes cette année, les besoins devraient être légèrement plus importants. Deutsche Bank anticipe un marché en déficit jusqu'à 2013, date à laquelle de nouveaux équipements devraient permettre de produire jusqu'à 2,4 milliards de tonnes de fer.

nouvelle équation

En attendant, le premier groupe à extraire du minerai, Vale, peut imposer ses prix. Selon le journal brésilien « Valor Economico », le groupe a envoyé à ses clients la nouvelle équation : le minerai brésilien se vendra, cette année, au prix de l'indice calculé par Platts pour le minerai concentré à 62 % de fer, auquel il faudra ajouter près de 20 dollars de frais de transport.

Pour Deutsche Bank, cette formule pourrait toutefois rencontrer rapidement ses limites. L'indice calculé par Platts s'appuie sur quelques échanges, et il suffirait donc de peu d'opérations pour l'influencer à la hausse ou à la baisse. Le groupe brésilien proposerait également un prix de fret fixe, alors qu'ils ont beaucoup varié ces dernières années.

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