Florange, récit d'un feuilleton à rebondissements

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En octobre 2011, ArcelorMittal mettait temporairement à l'arrêt ces deux hauts-fourneaux situés en Moselle. Depuis, ils n'ont pas repris leur activité et début octobre 2012, le sidérurgiste donnait deux mois au gouvernement pour trouver un repreneur pour ces installations. Sur les 2.500 employés du site de Florange, 629 risquent d'être licenciés si l'activité ne reprend pas rapidement.

Vendre la totalité du site de Florange "mettrait en péril la viabilité du reste des activités d'ArcelorMittal en France" a fait valoir le groupe ce vendredi 23 novembre via un communiqué. Le bras de fer continue donc entre le sidérurgiste et le gouvernement. Un feuilleton à rebondissement qui dure depuis l'arrêt de deux hauts-fourneaux de Florange à l'automne 2011.

» A Florange, des ouvriers d'ArcelorMittal bloquent l'usine

Fin septembre, Arnaud Montebourg avait promis l'adoption sous trois mois d'un texte de loi visant à forcer la vente des deux hauts fourneaux par ArcelorMittal en cas d'arrêt de ces derniers.

1er octobre 2012 : début du compte à rebours

Le 1er octobre, la direction d'ArcelorMittal annonçait son intention de fermer définitivement les hauts fourneaux de Florange et donnait donc deux mois au gouvernement pour trouver une entreprise susceptible de reprendre l'exploitation de la phase liquide de l'usine. Le sidérurgiste souhaite céder uniquement les deux hauts-fourneaux et non l'ensemble du site mosellan.

» Florange: le gouvernement a deux mois pour trouver un repreneur

Dans le courant du mois d'octobre, des noms d'entreprises intéressées par une éventuelle reprise de ces installations ont circulé. Fin octobre, Les Echos annonçaient que le russe Severstal était entré en négociations avec ArcelorMittal dès la mi-octobre.

» Lueur d'espoir pour les salariés de Florange

Mais déjà, les négociations semblaient compliquées puisque le russe souhaitait proposer une reprise de l'ensemble du site de Florange, ce à quoi s'oppose ArcelorMittal.

» Qui est le russe Severstal, cette "étoile du Nord" qu'on dit intéressée par Florange ?

Des offres de reprise mystérieuses

Cette semaine du 19 novembre a été riche en rebondissements. Lundi, les syndicats étaient conviés à un Comité central d'entreprise extraordinaire afin de faire le point sur les possibles repreneurs des deux hauts fourneaux de Florange.

» ArcelorMittal : les syndicats conviés pour faire le point sur les repreneurs

Sans révéler de nom, le ministre du Redressement production Arnaud Montebourg faisait état mercredi 21 novembre de deux offres de reprises...

» Florange : Montebourg dit avoir deux repreneurs

... une information démentie sur le champs par le sidérurgiste :

» Florange : ArcelorMittal dit ne pas avoir connaissance des offres évoquées par Montebourg

Arnaud Montebourg a même évoqué une possible nationalisation du site en parlant d'un éventuel "contrôle public temporaire". Une éventualité immédiatement écartée par le ministre du Travail Michel Sapin qui a déclaré ce vendredi matin que "on est plus à une époque où on nationalise la sidérurgie". "La bonne solution, c'est d'examiner les propositions faites par d'autres entreprises pour faire en sorte que ArcelorMittal accepte de vendre à pas cher (...) et de manière qui soit cohérente, de manière qui soit tenable", a expliqué le ministre du Travail ce vendredi matin au micro de LCI.

» Michel Sapin : "on est plus à une époque où on nationalise la sidérurgie"

ArcelorMittal réitère son refus de céder l'ensemble du site

Alors que le gouvernement a de nouveau plaidé pour une vente du site dans sa totalité, ArcelorMittal lui a fermement répondu qu'une vente "des activités aval de Florange mettrait en péril la viabilité" du reste des activités du groupe en France", par le biais d'un communiqué daté du 23 novembre.

Il reste désormais quelques jours pour tenter de trouver une solution : la date limite officielle de dépôt des offres de reprise étant fixée à la fin novembre.

POUR ALLER PLUS LOIN
» Pourquoi Mittal ne voudrait pas vendre Florange ?

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Commentaires
a écrit le 25/11/2012 à 10:51 :
Avec le recul : il fallait interdire l'OPA de Mittal sur Arcelor
ils ont acheté les contrats et les clients
Réponse de le 25/11/2012 à 11:39 :
tout a fait d'accord le cycle usinor/ sollac/ arcelor/ arcelor mittal
le passage a arcelor le debut de la fin ,il fallait interdire cette OPA mais les gouvernements n'ont rien a foutre des usines siderurgiques ,montebourg fait semblant s'il continu mittal vat quitter la france ,pourtant on a des ouvriers competants et surtout courageux avec ce metier difficile,les municipalités sucent au maxi les usines pres de leur villes
Réponse de le 25/11/2012 à 11:50 :
IMPOSSIBLE ! L'article 63 du Traité de l'UE interdit d'interdire l'achat des entreprises françaises par ses entrerises de pays tiers à l'UE. Il interdit également d'interdire toute délocalisation. L'état Français ne peut interdire ou légiférer en quoi que ce soit dans ce domaine, l'UE le lui interdit ! Il faut être responsable. Montebourg ne peut que faire des moulinets pour amuser la galerie. Il est totalement impuissant. Les chiens aboient, la caravane passe. Et la caravane lui passe dessus ainsi que sur les pauvres salariés d'Arcelor Florange qui sont, eux, les vrais victimes. Montebourg peut aller leur passer la main dans le dos et faire la nounou, ce n'est juste qu'un accompagnement de fin de vie. Mais son rôle, ce n'est pas cela, c'est de voter des lois qui nous sortent de cette machine à perdre qu'est pour la France et les FRANCAIS, l'UE. Mais pour ça, il faut du courage. C'est plus facile d'en demander aux victimes.
a écrit le 25/11/2012 à 10:49 :
Mittal ne fait que poursuivre sa stratégie d acheter ses concurrents de fermer les unité s de production les moins rentables pour avoir une situation de monopole et pratiquer les prix qu il veut.
a écrit le 25/11/2012 à 9:12 :
On accorde à ce que les syndicats ont érigé en symbole une importance démesurée par rapport aux problèmes semblables ailleurs en France, et ce pour une activité "du passé" . Sachant que la valeur ajoutée dans les aciéries ne se fait pas là mais dans la partie que Mittal ne veut évidemment pas vendre, on ne voit pas qui serait assez fou pour se mettre cela sur le dos et devoir ensuite vendre la production au voisin à meilleur prix..
Comme toujours en France, le réalisme n'est pas une qualité première.
Enfin, on a réussi très certainement à convaincre Mittal que ses prochains investissements européens seront mieux placés en dehors de la France sans réussir à aider les personnels qui vont perdre un emploi très spécialisé donc difficile à exploiter!
Les bravades sur la "nationalisation" avec l'argent du riche contribuable et sans le moindre espoir de retour sur investissement achèvent de nous ridiculiser.
a écrit le 24/11/2012 à 12:02 :
ex cadre mittal = attention ne pas aller trop loin mittal vat la france 20000 emplois
Réponse de le 24/11/2012 à 17:38 :
rien a foutre avec cette boite qui pollue

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