Thyssenkrupp : 11.000 emplois supprimés ou externalisés dans sa branche acier
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« La situation de financement de la division acier est désormais claire », assure aujourd'hui Thyssenkrupp.
Wolfgang Rattay
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« La situation de financement de la division acier est désormais claire », assure aujourd'hui Thyssenkrupp.
Wolfgang Rattay
[Article publié le 25 novembre 2024 à 14h21, mis à jour à 16h01] Thyssenkrupp va supprimer ou externaliser 11.000 postes dans sa branche acier d'ici 2030, a annoncé le groupe ce lundi. Et pour cause : le conglomérat industriel fait face à des difficultés croissantes liées à la concurrence de l'acier chinois et des coûts trop élevés.
Dans cette division qui enchaîne les pertes, environ 5.000 emplois vont être supprimés tandis que 6.000 feront l'objet d'une externalisation, annonce un communiqué de l'entreprise. Soit plus de 11% de ses effectifs totaux. Thyssenkrupp ajoute vouloir réduire les coûts salariaux de 10% en moyenne dans les années à venir, afin de les « adapter à un niveau compétitif ». « Nous voulons réussir la réorganisation de l'acier si possible sans licenciements économiques », avait pourtant répété la semaine dernière le PDG Miguel Lopez, lors de la conférence annuelle de résultats.
Dans son communiqué ce lundi, Thyssenkrupp assure que ces mesures sont « nécessaires pour améliorer la productivité et l'efficacité opérationnelle » de sa filiale acier Thyssenkrupp Steel, « et pour atteindre un niveau de coûts compétitif ».
L'entreprise a par ailleurs présenté ce lundi un plan pour parvenir à redresser la barre. Ainsi, les capacités de production d'acier seront ramenées à une fourchette comprise entre 8,7 et 9 millions de tonnes, contre 11,5 millions aujourd'hui. En outre, le site de Kreuztal-Eichen (ouest de l'Allemagne), qui emploie 1.000 personnes selon la presse locale, sera fermé.
En parallèle, le groupe entend toujours se séparer progressivement de sa filiale Thyssenkrupp Steel. Ce processus a été accéléré en mai avec l'acquisition de 20% des parts par l'homme d'affaires Daniel Kretinsky, via sa holding EPCG. Et des discussions sont actuellement en cours pour qu'il récupère 30% supplémentaires, avec l'objectif de créer une société commune détenue à parts égales.
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Plus tôt lundi, le conglomérat s'était engagé à financer cette filiale pendant les deux prochaines années. Il a pris cette décision après qu'une expertise indépendante a conclu à un « pronostic positif de continuation » pour le premier sidérurgiste allemand, a assuré l'entreprise dans un courriel transmis à l'AFP. L'audit porte sur une période de 24 mois.
Thyssenkrupp veut restructurer sa branche acier, activité historique plombée par la hausse des coûts de l'énergie et de la concurrence chinoise à bas prix, dans le contexte d'une complexe et coûteuse transition énergétique. Le groupe avait donc demandé aux auditeurs d'évaluer le besoin de financement de la branche. « La situation de financement de la division acier est désormais claire », assure aujourd'hui Thyssenkrupp, alors que le contrat qui oblige la maison mère à se porter garant du financement de ses filiales avait expiré en septembre.
Thyssenkrupp recevra début 2025 les résultats d'une autre expertise concernant le financement de long terme de cette filiale. Sur l'exercice 2023/2024, le chiffre d'affaires de la branche acier a fondu de 18%, à 10,7 milliards d'euros, aggravant la perte annuelle du groupe qui s'est établie à 1,5 milliard d'euros.
Le fabricant d'acier doit dans le même temps financer sa coûteuse décarbonation, un projet à 3 milliards d'euros mais la facture finale pourrait être plus élevée. Enfin, une grave crise de gouvernance a aussi secoué la division à la fin de l'été, avec le départ de son patron et de plusieurs membres du directoire en guerre ouverte avec Miguel Lopez.
Face à ces difficultés, Thyssenkrupp mise sur un développement de l'acier propre produit à base d'hydrogène issu d'énergies renouvelables. Mais l'entreprise a besoin d'investissements massifs pour engager cette transition cruciale, qui pourrait coûter plus cher que prévu. De ces chantiers dépendra l'avenir des 98.000 employés du groupe, dont 27.000 dans la sidérurgie.
L'exercice 2024/2025 sera « une année de transition sur le plan financier, et l'année des décisions sur le plan stratégique », a souligné ce dernier. Le groupe d'Essen s'attend à sortir du rouge, avec un bénéfice net attendu entre 100 et 500 millions d'euros l'an prochain. Le conglomérat table sur une croissance de ses ventes jusqu'à 3%, grâce à une « stabilisation de la demande au deuxième semestre » dans les secteurs en souffrance.
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Alors que l'acier représente un tiers des émissions de CO2 de l'industrie allemande, Thyssenkrupp compte toujours inaugurer sa production d'acier vert - à l'aide d'hydrogène produit par des énergies renouvelables - en 2027 dans son site de Duisbourg, grâce à plus de 2 milliards d'euros de subventions publiques. « L'installation risque d'être plus chère que prévu (...) mais nous partons du principe que l'installation peut être réalisée dans les conditions actuelles », a commenté le PDG mi-novembre alors que certains jugent ce méga projet menacé.
(Avec AFP)
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