La course à la modernisation des usines est lancée à travers le monde

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(Crédits : Reuters)
Avec son programme Industrie du futur, la France ne se démarque pas de ses concurrents. La modernisation à marche forcée des industries est à l'oeuvre. Dans une note, la Fabrique de l'industrie revient sur ces exemples étrangers.

Le concept d'Industrie 4.0, développé en Allemagne au milieu des années 2000 avant de prendre véritablement son envol en 2011, puis de se diffuser à travers le monde avec de nombreuses variantes, est observé de très près.

Concrètement, outre-Rhin, cette modernisation, que portent les instituts Fraunhofers - où sont réunis les acteurs de la recherche privée et publique dans le domaine industriel -, consiste surtout à organiser et à financer la recherche dans les domaines de la robotique industrielle, de l'automatisation, de la mise en réseau pour garantir l'avance de l'Allemagne dans ces technologies. Une dizaine de secteurs clés est ciblée.

« On remarque, dans le choix des thématiques, que l'Allemagne joue sur ses atouts, à savoir les machines. La deuxième étape du programme consiste à promouvoir ces technologies auprès de l'ensemble du tissu industriel allemand. Un soutien à la création de démonstrateurs vise ainsi à sensibiliser les entreprises », explique cette note.

En clair, l'Allemagne joue l'offre afin de conserver son avance sur les équipements intermédiaires face au Japon et à la Chine, souligne Louis Gallois.

Au Royaume-Uni, les actions visant à soutenir l'industrie du futur sont regroupées au sein de l'Industrial strategy, c'est-à-dire l'outil politique en faveur de l'innovation et du développement industriels, créé en 2013. Son action se concentre principalement autour du plan « Catapult », qui vise à mettre en réseau des centres de recherche déjà existants afin de faire bénéficier les entreprises industrielles de la recherche de pointe britannique. Les technologies retenues ne se limitent pas à l'automatisation, la « production flexible » ou les systèmes numériques appliqués à l'industrie, mais portent aussi sur les nouveaux matériaux, le traitement de surface, etc.

Et dans le reste du monde...

Aux États-Unis, le tocsin a sonné en 2011 avec la création de l'« Advanced manufacturing partnership », puis du National network for manufacturing innovation (NNMI), en 2013. Doté d'un budget de un milliard de dollars sur huit ans, il ambitionne la création de quinze Institutes for manufacturing innovation. Il vise un objectif de 45 d'ici à 2025. Imitant le modèle des instituts Fraunhofer, ils rassemblent des chercheurs, conseillers du gouvernement et industriels. Chaque institut développe une spécialité technologique tout en se coordonnant de manière à offrir des compétences larges aux entreprises.

En Corée du Sud, l'industrie du futur est devenue réalité en 2014 avec la mise en place de la Manufacturing Industry Innovation 3.0 Strategy. Comme l'Allemagne, la Corée du Sud soutient massivement la recherche centrée sur dix technologies, notamment le numérique et en particulier le big data et l'Internet des objets. Atout du Pays du matin calme : il dispose de l'industrie la plus robotisée au monde (437 robots pour 10.000 employés en 2013), loin devant le Japon (323), l'Allemagne (282) et la France (125).

La Chine n'est pas en reste. En juin 2015 le plan Made in China 2025 a été lancé.

Ses priorités ? Moderniser une industrie de main-d'oeuvre encore peu robotisée, pour améliorer la compétitivité sur des activités plus haut de gamme, contourner le problème de la hausse des salaires des ouvriers chinois, et répondre au futur déficit de main-d'oeuvre lié à une démographie déclinante ainsi qu'aux aspirations nouvelles de la jeune génération.

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a écrit le 28/05/2016 à 22:03 :
VxWork rtos robotic rtlinux automatisme intelligence artificielle algorithme d'apprentissage vision industrielle reconnaissance de forme automate objet connecté machine de production robotisé précisions aux micro
je connais au moins 500 master qui forment â ces métiers où ils sont?
a écrit le 28/05/2016 à 18:14 :
Avec un certain optimisme, on peut considérer que la France a un atout important face aux autres pays industrialisés.
Elle a nettement moins de robots.
Donc la modernisation de son parc sera nettement plus rapide et efficace que celle de ses voisins.
Elle passera directement de l'industrie 1.0 à 5.0.
Comme les chinois sont passés des champs cultivés à la main aux usines les plus modernes.
Enfin, on peut rêver, ça ne coûte rien.
Depuis des années on annonce des plans robotique, numériques, cloud, big data.
Mais les industriels voient les comptes trimestriels, un après l'autre, et préfèrent ne pas investir, mais optimiser les bénéfices, la rentabilité, jusqu'au moment où, lorsqu'ils le veulent, ils ne peuvent plus; ils font faillite et disparaissent "à cause des chinois, ou des allemands, ou des américains, ou du gouvernement,"... il faut bien un coupable. Mais les décideurs, comme ils s'identifient, c'est bien eux.
Les gouvernements , de droite ou de gauche encouragent, financent, mais sans les intéressés, ça fait flop.
a écrit le 28/05/2016 à 13:01 :
Les elites francaises ont toujours vécue ainsi. Ils font de l'import de technologies developpées à l'étranger, font donc l'économie de la recherche de pointe. Renault par exemple ne s'en cache pas, c'est leur stratégie.
Ils disposent d'un territoire qui est en quelques sorte leur espace vital, leur pré carré. Au detriment de ceux qui y habitent.
Il faut un liberalisme total, qu'on se débarrasse definitivement de ces rentiers. Ils ne feraient pas le poids face aux elites anglaise, allemandes et americaines, peut etre meme face aux russes.
Le probleme de la france c'est une protection beaucoup trop forte de ses castes qui ont echoué et maintenant creusent le sable.
Réponse de le 28/05/2016 à 18:26 :
Effectivement vous résumez bien la situation.
Les castes politiques et économiques ont réellement failli. Mais elles restent en grande partie, maîtres du jeux.
Elles accaparent les niveaux de décision et se cooptent dans le conseils d'administration, les conseils économiques, et organismes de décision politique.
Mais les "écoles d'ingénieur" comme X et similaires (je connais bien , j'y suis passé), de gestion comme HEC ou autres, l'ENA, sont toujours les tamis de sélection des futurs dirigeants.
Alors qu'elles ne sont plus que des moules à reproduire.
Pas des viviers de créateurs.
Les "vraies" écoles ou universités, sont considérées avec mépris comme des lieux de formations d’exécutants techniques ou administratif, exclus des organes de décision.
C'est notre choix, comme nation, à nous de faire évoluer cette situation.
a écrit le 28/05/2016 à 12:43 :
"... aussi sur les nouveaux matériaux, le traitement de surface, etc."
C'est le plus ajouté au produit qui fera la différence plus que le prix.
a écrit le 28/05/2016 à 11:12 :
Pour vendre in fine leur production aux robots ..?
Réponse de le 28/05/2016 à 11:56 :
non à des personnes qui sont capable de se convertir et s'adapter

Réponse de le 28/05/2016 à 18:16 :
.." des personnes qui sont capable de se convertir et s'adapter.."
et de vivre reclus dans des quartiers gardés pas des vigiles lourdement armés !
Réponse de le 29/05/2016 à 9:19 :
ceux qui ont réussi à s'adapter à ce point sont ceux qui montent les usines ou créent ces automates
je parlais des gens qui peuvent entretenir ce matériel de production
On n'est plus au 19 ieme siècle
a écrit le 28/05/2016 à 10:50 :
Dans peu de temps, il n'y aura plus d'industrie en France, alors cela ne sert à rien. L'usine du futur sur les décombres de notre industrie. Développons les métiers pour nos anciens et servons les touristes étrangers dans nos restaurants, il parait que c'est l'avenir. Nos dirigeants industriels ne pensent qu'à leurs honoraires avec l'appui de Macron qui défiscalise les actions données et non à investir en France. Regardez la balance commerciale des biens produits en France. Louis Gallois ferait bien d'aller dans les usines au lieu de rester dans son bureau et de voir la réalité et mettre en place une renationalisation de l'industrie pour sortir ces dirigeants du jeu. (Je le contaste chaque semaine en allant dans les usines)
a écrit le 28/05/2016 à 10:14 :
la france et tres en retard en numerique et en robotique, la seul facon de concurence nos concurents economique c est ratrappe ce retard , cela feras des emplois mieux renumerer, et de les gardez en france, alors aux travaiL m messieurs les politiques et m les financier francais???

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