Est-ce le début d'une petite révolution politique ? Souvent taxés d'opposition idéologique systématique vis-à-vis de l'industrie, jugée polluante, Les Écologistes sont manifestement en train de faire leur mue sur cet enjeu. Avec l'élection présidentielle pour horizon, ils veulent se redonner une image d'acteurs politiques responsables. Ainsi, le député d'Indre-et-Loire Charles Fournier vient de déposer au bureau de l'Assemblée nationale une proposition de loi en réponse à la crise industrielle actuelle. Celle-ci préconise la création d'un nouvel outil juridique permettant à l'État d'intervenir temporairement en cas de menace pour des activités industrielles critiques, cruciales pour la souveraineté du pays. En pratique ? Face à une défaillance financière, ou bien une OPA hostile.
Dans les faits, le député veut limiter à vingt-quatre mois cette prise de contrôle temporaire, bien que renouvelable. Surtout, il souhaite que celle-ci soit adossée à la participation financière d'un fonds souverain pour donner à l'État les moyens d'agir. « Mais, si à l'issue des discussions parlementaires, c'est Bpifrance qui tient ce rôle à la fin, cela me va très bien », ajoute-t-il, tout comme il ne ferme pas la porte à un ajustement de la liste des industries considérées comme stratégiques.