En France, au-delà du dernier plan social annoncé, le groupe est critiqué pour sa gestion de l’outil de production. Particulièrement depuis l’offre publique d'achat hostile de Mittal sur Arcelor.C'est l'un des symboles de l'industrie française qui vacille. Le géant mondial de la sidérurgie, ArcelorMittal, a annoncé mercredi la suppression de 400 postes dans l'Hexagone sur ses métiers dédiés à la production d'acier (635 en ajoutant la délocalisation de certaines fonctions supports). « ArcelorMittal France Nord a déjà mis en œuvre toutes les mesures possibles d'adaptation à court terme, mais l'entreprise doit maintenant envisager des mesures de réorganisation pour adapter son activité au nouveau contexte du marché et assurer sa compétitivité future », justifie la direction.
Quelques semaines plus tôt, devant les sénateurs, Alain Le Grix de la Salle, le président d'ArcelorMittal France, avait exposé la situation : « La demande d'acier en France est passée de 8,3 millions de tonnes en 2008 à 4,1 millions de tonnes en 2023, soit une division par deux. Nos effectifs en France [15 400] sont restés stables dans un marché en forte baisse. » Signe que cela n'était plus tenable ? Cette remise à niveau des effectifs va concerner principalement les usines de Dunkerque (Nord), Florange (Moselle) et Basse-Indre (Loire-Atlantique).
Retard de production
« Cette réorganisation est disproportionnée. Dès qu'il y a un souci de compétitivité chez ArcelorMittal, on va la chercher sur le personnel ! Allons chercher de la compétitivité par de la productivité. Aujourd'hui, nos outils industriels ne sont plus fiables. Rien que sur les deux premiers mois de l'année 2025, nous avons accumulé un retard à la livraison de 60 .000 tonnes d'acier en raison de soucis de fiabilité de nos machines », peste Reynald Quaegebeur, délégué syndical central CGT.
« On fait du bricolage. Nous avons certaines machines qui tiennent grâce à des échafaudages... Depuis plusieurs années, nous nous plaignons de l'état de nos installations industrielles. Nous avons une partie de notre production d'acier qui termine en rebut. Il n'y a plus une rigueur dans l'investissement et l'entretien du matériel comme avant », embraye Julien Walterspieler, son homologue à la CFDT. Comme avant ? Pour les syndicalistes, une cassure est intervenue à partir de l'OPA agressive de Mittal sur le français Arcelor en 2006. Depuis, le groupe a fortement réduit la voilure sur ses moyens de production en France.