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Energies renouvelables : quels scénarios pour atteindre l’objectif 2030 ?

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En 2030, les énergies renouvelables pourraient atteindre   38% de la consommation énergétique finale de la France.
En 2030, les énergies renouvelables pourraient atteindre 38% de la consommation énergétique finale de la France. (Crédits : Pixabay_com_Myriams_photos)
Selon le Syndicat des énergies renouvelables, un effort doit encore être consenti pour franchir la barre de 32% d’ENR fixée par la loi de transition énergétique.

« Le Débat Public, qui va s'ouvrir début 2018 pour définir la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE), sera décisif pour poser les bases du nouveau modèle énergétique français. Notre pays a toutes les cartes en main pour faire des énergies renouvelables la clef de voute de sa nouvelle croissance ». Voilà pour le décor, planté en préambule des projections du Syndicat des énergies renouvelables (SER), rendues publiques mi-décembre dernier.

Objectif de la démarche : démontrer que les objectifs fixés par la loi à l'horizon 2030 peuvent être atteints. Mais ce, « à condition d'une volonté politique déterminée », précise le SER.

Les énergies renouvelables pourraient ainsi atteindre, selon ses projections, 38% de la consommation énergétique finale de la France d'ici 2030. Elles devraient être à même de produire la moitié de notre électricité (le gaz renouvelable pouvant couvrir jusqu'à 30% de la consommation de gaz en France, selon le syndicat).

Pour rappel, la loi de Transition énergétique pour la croissance verte, d'août 2015, fixe un objectif de 32% d'énergies renouvelables dans la consommation énergétique finale du pays pour 2030.

Un rythme à accélérer

Le Syndicat des énergies renouvelables rappelle que, toutes énergies confondues, « la France a réalisé en 2016 les deux tiers de l'objectif fixé pour 2020 (67 % pour l'électricité renouvelable, 63 % pour le thermique renouvelable et 85 % pour les biocarburants) ».

Un rythme encore un brin lent pour atteindre les objectifs de la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) pour 2023, selon le SER. Pour lui, « au rythme actuel (15,7% en 2016), les énergies renouvelables représenteront 20 % de notre consommation finale d'énergie en 2023 et seulement 24 % en 2030 ».

Les secteurs de l'électricité, comme celui de la chaleur, sont notamment en ligne de mire. A l'inverse, poursuit le SER, le secteur des transports se montre meilleur élève, où « la part des énergies renouvelables dépasse légèrement la trajectoire prévue initialement ».

La Tribune de l'énergie vous restitue les principales projections entrevues par le Syndicat des énergies renouvelables pour atteindre l'objectif 2030, par filière :

La chaleur (objectif loi de transition énergétique : 38% d'énergies renouvelables)

-          Biogaz : de 177 KTEP* en 2016 à 800 KTEP en 2023 puis 1 420 KTEP en 2030 (3% de la consommation de chaleur finale)

-          Bois-énergie : de 9 525 KTEP en 2016 à 13 000 KTEP en 2023 puis 16 000 KTEP en 2030 (31%)

-          Géothermie : de 420 KTEP en 2016 à 650 KTEP en 2023 puis 1 280 KTEP en 2030 (2%)

-          Solaire thermique industriel : de 0,5 KTEP en 2016 à 5 KTEP en 2023 puis 20 KTEP en 2030 (moins de 0,1%)

-          Solaire thermique résidentiel : de 167 KTEP en 2016 à 430 KTEP en 2023 à 780 KTEP en 2030 (2%)

L'électricité (objectif loi de transition énergétique : 40% d'énergies renouvelables)

-          Biogaz : de 395 mégawatt (MW) en 2016 à 560 MW en 2023 puis 650 MW en 2030 (0,9% de la consommation finale d'électricité)

-          Bois-énergie : de 590 MW en 2016 à 790 MW en 2023 à 1 100 MW en 2030 (1,5%)

-          Eolien en mer : de 3 000 MW en 2023 à 18 000 MW en 2030 (9%)

-          Energies marines : 1 000 MW dès 2028 (0,7%)

-          Eolien terrestre : de 11 700 MW en 2016 à 25 000 MW en 2023 puis 40 000 MW en 2030 (16%)

-          Géothermie : de 1,5 MW en 2016 à 8 MW en 2023 puis 53 MW dès 2028 (moins de 0,001%)

-          Hydroélectricité : de 25 500 MW en 2016 à 26 500 MW en 2023 puis 27 200 dès 2028 (16%)

-          Solaire photovoltaïque : de 7 134 MW en 2016 à 21 000 MW en 2023 puis 52 000 en 2030 (16%)

-          Solaire thermodynamique : de 50 MW en 2023 à 200 MW en 2030 (0,03%)

Le gaz (objectif loi de transition énergétique : 10% d'énergies renouvelables)

-          Gaz renouvelables : de 215 gigawattheures (GWh) en 2016 à 8 000 GWh en 2023 à 90 000 GWh en 2030 (soit 30% de la consommation finale de gaz)

Les carburants (objectif loi de transition énergétique : 15% d'énergies renouvelables)

     -    Biocarburants et autres carburants renouvelables : ils représentaient 3 872 KTEP en 2016, soit 8,5% de la consommation finale de carburants en France. Une proportion qui devra être portée, selon le SER, à 10% dès 2020 pour espérer atteindre l'objectif de 15% fixé par la loi de transition énergétique.

*kilotonne équivalent pétrole

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Commentaires
a écrit le 26/02/2018 à 9:59 :
Transition énergétique plus rapide

Croit-on peut être dans les milieux de la gestion et de l'exploitation des énergies renouvelables, que c'est avec les technologies d'il y a 20ans- d'il y a 10 ans qui sont parfois rentables mais encore chères et qui assurent une rentabilité financière faible (et dans certains cas seulement ) que l'on y parviendra ?

Quand l'argent publique est devenu rare et que l'autorité publique croule sous la dette publique et que l'on ne saura bientôt plus en mesure de savoir comment la rembourser Il n'y a pas qu'avec des subventions et exonérations fiscales publiques plus généreuses que l'on peut accélérer la transition énergétique, mais en utilisant toutes sortes de moyens techniques nouveaux dont les bases existent et qu'ils faut adapter avec pragmatisme et le soucis de leur coût. Et ce ne sont pas certains financiers qui ne veulent rien savoir du technique et qui se disent responsables qui sauront ici investir à bon escient.

Curieux comportement qui existaient déjà il y a 20 ans et qui visiblement perdurent de croire qu'aucune amélioration décisive ne serait plus possible et que seule une planification basée sur les acquis vérifié depuis plus longtemps serait sérieuse et responsable?

C'est contraire à toutes les règles élémentaires d'un management moderne et de bonne gestion pour lesquelles un peu de compétence polyvalente plus avancée
a écrit le 24/02/2018 à 10:11 :
La transition énergétique si on la veut et si on y croie, il ne suffit pas de critiquer le gouvernement mais de participer au lieu de pérorer de partout.
Vous pouvez y participer avec 10€, il y d'innombrables projets à financer directement, vous avez le choix.
10€ c'est le prix d'un paquet de cigarettes qui donne le cancer, un jeu de la Française des Jeux où vous en perdrez beaucoup plus, une au deux bières de moins qui vous alcoolisent.
Ce qu'il faut, c'est y croire, aimer un peu le risque et basta.
a écrit le 22/02/2018 à 15:58 :
Un gigantesque catalogue basé sur quoi?
Il manque juste ce que cela coute et comment on controle les résultats de l'utilisation de l'argent public. Est-ce par miracle des investissements autofinancées ou uniquement la répartition de la manne d'argent public? De combien cela va-t-il grossir le déficit des comptes publics?
a écrit le 21/02/2018 à 16:33 :
l ideal en matiere d economie d ernergies c est d aide les gens a etre indepandant en matiere denergie en faisant eux meme leur energies avec les nouvelles tecnologies je croie que l on y arriveras nous avons tous a y ganiez??
a écrit le 21/02/2018 à 15:05 :
Sur le site d'edf ou de son successeur (j'avoue m'y perdre un peu), ils indiquent : production actuelle : solaire 1%, Vent, 3% et 2% pour le bio (75% nucléaire - le reste barrages)...Actuellement quelque 4000 éoliennes en France produisent 4% de l'électricité consommée, pour atteindre les 25% il faudrait 25000 moulins à vent qui produisent par intermittence entre 50 et 90km/h de vent. Je ne suis pas pour le nucléaire actuel, filière PWR décidée en 1945 pour les besoins de propulsion des sous marins mais il faudrait aussi explorer d'autres filières par exemple les réacteurs à sels de Thorium qui semblent plus surs (fonctionnement à pression atmosphérique) et moins polluants (peu d'actinides mineurs), un jour nous en achèterons aux Chinois. Alors quitte à investir, chers politiques faites les bons choix.
a écrit le 21/02/2018 à 13:13 :
Bonne chance pour y arriver avec le lobby que nous avons. Car comme notre consommation n'augmente pas et va meme baisser sous l'effet de l'auto-consommation, d'autres centrale vont devoir mecaniquement fermer.
Ce qui n'est pas choquant quand elles dépassent les 40 ans.
a écrit le 21/02/2018 à 13:00 :
Il faut se méfier des discours remplis de bonnes intentions et discerner les intérêts des uns et des autres. Pour le moment il y a beaucoup de projections et de promesses sur le long terme, mais en France les investissements dans les ENR sont trop faibles et sont même restreints.
Les blocages restent nombreux et de nouveaux dispositifs réglementaires rendent les projets encore plus complexes. Voir par exemple pour l’autoconsommation.
La question que l'on peut malgré tout se poser est les gros operateurs traditionnels, dont EDF (donc l’État) ont il intérêt à voir se développer des systèmes de production chez leurs clients ? Sans faire de procès d'intention, théoriquement non, mais on jugera aux résultats et pour le moment les objectifs de la feuille de route sont loin d’être atteints (par contre les émissions de CO2 ont déjà augmenté).
Ce n'est pas grave en soi, tant que l’État peut garantir des tarifs de l’énergie relativement bas, notamment pour l’électricité. Mais à trop attendre, par exemple que les centrales de production deviennent vétustes, les opérateurs et surtout les clients risquent de se retrouver au pied du fameux mur d’investissements. Au moment même où le marché des véhicules électriques sera probablement en phase de croissance, on en sera à constater que cette politique fut majoritairement conservatrice, plus que réellement disruptive.
Le SER a raison de vouloir accélérer les choses et à au moins tenir les engagements (relativement modestes par rapport aux voisins européens), mais le paquebot est très difficile à réorienter et va nécessiter des années de manœuvres (sans compter que le temps des déchets nucléaires se chiffre en siècles et non en décennies). Mais il faudra bien un jour ou l'autre assumer les responsabilités, au lieu de nier les évidences.
Ceci dit, personne n'a la solution miracle, à part faire progresser les ENR. Ce qui au premier abord ne parait pas très prestigieux, mais a le mérite de relever du bon sens.
Réponse de le 22/02/2018 à 16:02 :
Juste pour info les prix de l'électricité très bas sont trois fois ceux du fuel et du gaz, donc si vous avez un choix énergétique à faire vous choississez si possible le gaz et vous augmentez les rejets CO2
Réponse de le 03/03/2018 à 15:54 :
J’ai été un peu trop médisant puisque :
General Electric va financer la conception d’éoliennes 12 MW en France, qui seraient «les plus puissantes au monde». De quoi revigorer quelques egos, mêmem si côté technologies il me semble que le système de générateur à transmission directe est déjà utilisé depuisau moins un decenie par le fabricant Enercon (avec des éoliennes de forte puissance (E-82) qui équipent déjà des projets en éolien terrestre réalisés par EDF EN). Le Français Jeumont Electric avait travaillé sur ce concept à aimants permanents il y a 20 ans et ils avaient déposé des brevets, mais il me semble que ce soit sur des puissances < 1MW.
Mieux vaut tard que jamais, il y a du retard à rattraper surtout dans l’offshore (https://www.connaissancedesenergies.org/ge-veut-construire-une-eolienne-geante-de-12-mw-180302)

A terre, le dernier appel d’offre éolien est prometteur. 500 MW attribués à un tarif moyen de 65,4 €/MWh (actu-environnement). Pour rappel, les procédures d’AO sont étalées sur 3 ans, visent 3GW installés et la mise en concurrence fait manifestement baisser les prix, puisque ce sont aussi des groupes étrangers qui apportent leur expertise et leur performance.
D’après WindEurope, les capacités éoliennes européennes ont augmenté de 12 GW en 2017. Cela donne un aperçu du potentiel de croissance et aussi du retard Français, puisque plusieurs pays couvrent déjà plus de 20 % de leur besoins électriques grâce à l’éolien et que la France en est à 5 %.

Bis repetita placent ?
Comme le réclame le SER, "il faudrait assurer une stabilité économique" (à se demander tout de même s'ils n'ont pas loupé la phase de mondialisation, de mise en concurrence et autres dispositifs qui permettent actuellement le développement économique et technologique de nombreux pays ?).
Certes il faut éviter les blocages en tous genres et les excès, comme ce fut le cas pour le photovoltaïque pendant quelques temps. L’objectif était pourtant fort louable : rattraper en peu d’années le retard pris pendant les décennies précédentes. Il ne faut pas non plus confondre stabilité et profusion de réglementations, car à force de palabres et de tirer à hue et à dia, on peut aussi ne rien faire de constructif. Pour preuve le quasi zéro fabricants Français compétitifs dans les ENR.
Après tout, maintenant que les coûts sont largement comparables par rapport au nucléaire, rien ne nous empêche de décréter que les ENR sont stratégiques et d'investir massivement.
a écrit le 21/02/2018 à 10:54 :
intéressant uniquement pour son autoconsommation .

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