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Malaunay, commune championne de la transition écologique

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(Crédits : Pixabay)
Depuis dix ans, cette ville de 6 000 habitants est, pour l'ensemble de l'agglomération de Rouen, un exemple d'innovations et d'initiatives réussies dans le domaine de la transition énergétique et écologique. D'ici 2050, Malaunay ambitionne rien moins que de devenir un territoire post-carbone.

Petite ville de l'agglomération rouennaise, située à 13 km au nord de la métropole normande, Malaunay (Seine-Maritime) a connu une croissance fulgurante de sa population à partir des années 1960. Le modèle du lotissement, avec ses maisons individuelles de plain-pied et leurs petits jardins, s'y est naturellement épanoui, tant est si bien que Malaunay ressemble aujourd'hui à ces centaines de communes de grandes banlieues résidentielles où vit un Français sur quatre. Mais les apparences sont trompeuses. Car depuis 2006, la ville a entamé sa transition énergétique et écologique. Constatant la dépendance de ce mode de vie péri-urbain aux énergies carbonées -et les importants coûts résidentiels qu'il engendre-, elle a entamé une mutation profonde autour de trois axes : sobriété, efficacité, et renouvelable.

Une transformation des sources d'énergie, des modes de consommation, des dynamiques et des flux, à laquelle participe l'ensemble des acteurs du territoire. Cette évolution s'est faite progressivement, ce qui a permis de toucher un plus large public, sans faire de cette transition une contrainte. Dès le départ, l'objectif final de ce programme est l'autonomie énergétique d'ici 2050, avec l'idée de renforcer, par ce biais, la résilience de la ville et de ses habitants. Comme première étape, la municipalité s'est fixée un taux de couverture de la ville en énergies renouvelables de 20% en 2020. Elle fait figure de bonne élève, puisque les besoins en énergie des seuls bâtiments municipaux sont d'ores et déjà couverts à hauteur de 65% par une chaudière à biomasse. Leur électricité sera, quant à elle, très prochainement 100% renouvelable.

Étape par étape

Malaunay fait partie des premières communes labellisées Cit'ergie et Territoire à énergie positive pour la croissance verte (TEPCV). Elle attire l'attention. Son maire, Guillaume Coutey, qui la décrit comme le « Petit Poucet de la transition énergétique », a même été nommé ambassadeur local pour la COP 21, qui s'est tenue à Paris en décembre 2015. La ville devient un modèle à suivre et accueille des visiteurs de marque, comme Emmanuelle Cosse, alors ministre du Logement et de l'Habitat durable, venue en visite en février 2017.

Parmi les réalisations les plus récentes : le bâtiment Alizari. Labellisée E+C- (bâtiment à énergie positive et réduction carbone), cette résidence sociale dite passive - c'est-à-dire à très forte économie d'énergie - comprend 31 appartements, ainsi qu'un ensemble de services. La politique de pose systématique de panneaux photovoltaïques sur les toits des bâtiments communaux a également été lancée. Après l'église, désormais autonome en énergie, Malaunay en a équipé le groupe scolaire Georges-Brassens et l'école de musique. Coût de l'opération : 143 000 euros, dont 50 000 récoltés via une opération de financement participatif dont l'objectif a été atteint en à peine dix jours. Dans les prochains mois, la piscine Tournesol sera entièrement restaurée et rendue totalement autonome. Un programme de plantation de 500 arbres sera également lancé, de même que le passage de la cantine scolaire à la nourriture bio ou locale. Étape par étape, Malaunay fait ainsi d'un vague projet une réalité concrète.

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Commentaires
a écrit le 11/08/2018 à 22:57 :
Preuve que les politiques peuvent agir lorsqu'ils le veulent vraiment. Mais beaucoup préfèrent laisser le boulot aux générations futures, "après moi, le déluge".

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